III. Polémique et dogmatique
Les premiers écrits polémiques et dogmatiques d'Apollinaire eurent pour objet la doctrine trinitaire. Il avait composé un ouvrage Contre Eunomius (S. Jérôme, Vir. m., 120), un autre contre Marcel d'Ancyre [ibid., 86), un ou deux écrits Contre Origène et un Contre Denys d'Alexandrie, ces derniers visant probablement le subordinatianisme qui était reproché à ces deux auteurs. Tous ces écrits sont perdus.
Puis, dans la seconde phase de son activité, Apollinaire s'attaqua à la question christologique, et dirigea contre les docteurs d'Antioche trois traités : un Discours syllogistique contre Diodore (Aoyo; (juXXoykttixo; xatà AioSiôpou) ; un ouvrage divisé en chapitres encore contre Diodore (IIpoç AiôSoipov y\ xaTa xetpaXatov pioXt'ov) ; un
autre Contre Flanen, probablement le futur évêque d'Antioche. Il reste des citations de ces trois ouvrages, surtout du second.
Enfin il était une troisième série d'écrits dans lesquels Apollinaire exposait sa propre doctrine. C'est à ces derniers surtout que l'on a donné de faux noms d'auteurs : une profession de foi détaillée ('H xaTa [xÉpoç •jti'ffTiç) qui date de 380, conservée sous le nom de Grégoire le Thaumaturge ; un traité Sur l'union dans le Christ du corps avec la divinité^ conservé sous le nom du pape Jules ; un petit écrit Sur la foi et l'incarnation ou Contre les adversaires, conservé en syriaque sous le nom du même pape Jules; un ouvrage Sur l'unité, en deux livres au moins, dont il ne reste qu'un fragment ; un traité Sur l'incarnation (IIîpl crapxwcr?.wç) dont Théodoret a sauvé six fragments ; un autre encore Sur l'incarnation (Hepi orapxwdEwç) ou, comme l'intitule Léonce de Byzance, EU àKÔooffiv xr^ àuoToc^eu)!; xai TÎjç TridTEwç, dont on a deux citations ; une homélie sur la maternité divine de la Vierge (Mapi'a; £Y/.w.w.tov xal 7r£p\ aapxwo-etoç) : deux citations; une Démonstration de l'incarnation divine en la ressemblance de l'homme ('AtcoSeiçk; Trapl tî^ç ÔEi'a; aapxwffïojç Triç xczô' ô(j.o(ojCTtv àv9pw7rou), un des ouvrages les plus importants d'Apollinaire et qui doit être de 376-380 : à défaut du texte, on en a de nombreuses citations et une analyse suivie dans V Antirrheticus contrq, Apollinarium de saint Grégoire de Nysse; un traité Sur la manifestation de Dieu dans la chair (deux fragments); un petit écrit Contre ceux qui disent que le Verbe a assumé un homme (un fragment); des Sylloi^ismes qui ont été cités par les auteurs plus récents ; une Récapitulation ('AvaxecpaXa'Wiç), série de syllogismes qui établissent que Jésus-Christ est vraiment Dieu; un livre cité sous le titre de Discours; un autre
qui comprenait des Dialogues; de plus, des lettres à Pierre, à Julien, dont il reste peu de chose; une lettre de 363 à l'empereur Jovien, qui porte le nom de saint Athanase; une autre à Sérapion de Tlimuis, de 371 environ (trois fragments) ; une autre à Terentius, de 375 environ (deux fragments) ; une lettre aux évÊques égyptiens exiles à Diocésarée, de 374 environ, entièrement conservée; deux autres à Denys, un disciple d'Apollinaire probablement : la première s'est conservée sous le nom du pape Jules; et enfin une lettre synodale (toiy-oî duvoSixoç) que l'on attribue avec vraisemblance à Apollinaire.