‹ Précis de patrologieChapitre 40 sur 174 · II. Apologie · texte numérisé non relu

II. Apologie

A l'apologie se rapportent les plus anciens vraisemblablement des écrits d'Athanase : le Discours contre les Grecs {\.6-(o<; xa-:à'EXXiQvcov)et le Discours sur l'incarnation du Verbe (Aôyoç TreptTÎjç IvavôpwTtiiffswç tou Aôyow). Ces deux traités primitivement n'en formaient qu'un en deux livres. Dans le premier, l'auteur explique d'abord l'origine de l'idolâtrie (1-10), réfute les difie-

rentes formes sous lesquelles elle se présente (11-29), et enfin indique comment l'homme peut s'élever à la connaissance du vrai Dieu et du Verbe par la connaissance de son âme spirituelle (30-34) et par la vue du monde extérieur (35-47). Dans le second livre ou Discours siu' l'incarnation^ Athanase traite d'abord du but de l'incarnation, qui est de réparer notre nature en lui rendant l'immortalité perdue, de restaurer aussi la connaissance oblitérée de Dieu; puis à partir du chapitre 33, il esquisse une démonstration directe de la vérité du christianisme par l'accomplissement des prophéties (33-40) et la rénovation morale du monde, fruit de la nouvelle religion (41-55). On met généralement la composition de ces deux livres en 318-320.

lil. Dogmatique et polémique.

En tête des ouvrages dogmatiques et polémiques à la fois d' Athanase, il faut mentionner les Discours contre les ariens. Les éditions actuelles en comptent quatre ; mais les trois premiers seuls sont authentiques. C'est une défense, contre les ariens, de la définition du concile de Nicée. Le premier discours ou Xoyoî réfute les objections, tirées de l'Ecriture ou de la raison, que l'on apportait contre l'éternité, la génération divine et l'immutabilité du Verbe. Le second est consacré presque tout entier à l'éclaircissement du fameux texte des Provei-bes, viii, 22, Dominas créant me, auquel orthodoxes et hérétiques accordaient une importance capitale. Le troisième discours, le plus remarquable des trois, continuant de résoudre les objections, explique i'unité-de nature du Père et du Fils et. abordant le mystère de l'incarnation, montre qu'on ne saurait attribuer au Verbe en soi les infirmités de la nature humaine qu'il a prise. Les mauristes ont fixé la composition de ces discours entre les années 356- 3G2 ; d'autres auteurs (Cavallera) l'avanceraient auy

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années 347-350, ou même (Loofs) aux années 338-

De même que l'on a rejeté l'authenticité du quatrième discours contre les ariens, on a mis en doute celle du traité De l'incarnation et contre les ariens [P. G., XXVI, 983-1028), de l'opuscule qui a pour titre Sur le texte, Toutes choses m'ont été livrées [Matth., XI, 27] [P. G., XXV, 207-220) et d'un Exposé de la foi (P. G., XXV, 199-208) qui résume la croyance sur le Fils considéré avant et après l'incarnation. Les raisons apportées contre l'authenticité de ces écrits ne sont pourtant pas décisives. Il en va autrement pour le De trinitate et Spiritu sancto [P . G., xxvi, 1191-1218) en latin, qui a vu le jour en Occident; pour les deux livres De incarnatione contra Apollinarium [P. G., xxvi, 1093-1166), qui peuvent dater de 380; pour le Sermo major de fide [P. G., xxvi, 1263-1294), qui n'est qu'une compilation postérieure ; pour Vlnterpretatio in symbolum {P. G., xxvi, 1231-1232), et pour les deux traités De incarnatione Dei Verbi [P. G., XXVIII, 25-30) et Quod unus sit Christus [ibid., 121- 132), œuvres d'Apollinaire et de son école. Quant au symbole Quicumque vult, dit Symbole de saint Athanase, il y faut voir une composition latine du v® ou du vie siècle dont l'évêque d'Alexandrie n'est certainement pas l'auteur.

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