P. G., XL, 8C
depuis 330, mort en 390, est resté célèbre parmi les solitaires pour sa sagesse et son éloquence naturelle. Gennadius ( Vir. ilL, 10) a mentionné de lui une lettre aux jeunes moines que nous avons encore probablement (c'est la lettre Ad filios dei), et qui est peut-être la seule authentique de celles qu'on lui attribue. Les sentences ou apophtèi^mata mis parmi ses œuvres paraissent bien aussi représenter son enseignement. Mais surtout on a sous son nom, en grec, cinquantesept /To m e7/es spirituelles oix l'on admire une doctrine profonde, traduite en un langage plein de couleur et de vie. On en a contesté l'authenticité : la dernière critique ne leur est pas favorable'.
Parmi les disciples de Macaire il faut nommer EvAGRius dit le Pontiqiie-, parce qu'il était né dans le Pont, à Ibora, vers 345. Ordonné lecteur par saint Basile, diacre par saint Grégoire de Nazianze, il suivit celui-ci au concile de Constantinople en 381, et resta quelque temps dans la ville impériale. Puis il partit pour Jérusalem, y rencontra Mélanie l'Ancienne et, en 382, passa en Egypte oîi il embrassa la vie monastique au désert de Nitrie et aux Cellules. Théophile d'Alexandrie lui offrit en vain un évêché. Evagrius voulut rester moine et pauvre. Il mourut en 399. Plus tard, sa mémoire souffrit de l'accusation d'origénisme portée contre lui par saint Jérôme. L'anathème qui frappa Origène au vi" siècle l'atteignit aussi.
Evagrius avait écrit d'assez nombreux ouvrages qui
d. p. G., XXXIV, et G. L. Mariott, Harvard theol. Sludies, v, 1918. Voir Amélineau, Vie de S. Macaire de Scété; Vertus de S. Macaire, Apophtegmes de S. Macaire, dans les Annales du musée Guimet, XXV (1894). J. Stoffels, t)ie mystische Théologie Makarius, Bonn, 1908. A. WiLMAKT, L'origine véritable des homélies pneumatiques, dan» Rev. d'ascét. et de myst., i (-1920), p. 361-377.
2. (œuvres dans P. G., xl. Voir 0. Zoeckler, Evagrius Pontieus, Munich, 1893.
offrent tous cette particularité d'avoir été composés pour les moines : 1° Un ouvrage intitulé Antirrheticus en huit livres, contenant les textes scripturaires que le moine peut opposer aux suggestions des huit vices capitaux : la gourmandise, la luxure, l'avarice, la tristesse, la colère, la paresse, l'envie, l'orgueil. Le texte grec original est perdu, aussi bien que la traduction latine de Gennadius. On peut cependant reconstituer à peu près l'ouvrage au moyen de fragments latins et syriaques. 2" Un premier recueil de sentences en cent chapitres intitulé Le moine. On en a le texte grec, quoique altéré. 3° Un second recueil en cinquante chapitres, intitulé Le gnostique, pour les moines plus instruits (perdu). 4° Un troisième recueil de Six cents problèmes scientifiques, sorte de théologie universelle, dogmatique, morale, ascétique. Il en reste une traduction syriaque inédite. 5° Des Maximes pour les cénobites, et 6° des Maximes pour les vierges, que l'on a en latin. 7° Un recueil de quelques sentences très obscures, dit Gennadius {Vir. ill., 11), et seulement intelligibles pour les moines, dont on croit posséder encore une partie en grec [P. G., xl, 1263-1268). 8° Enfin un livre Sur l'insensibilité (Ilepi (X7ra6e(aç), signalé par saint Jérôme, et une lettre à Mélanie qui s'est peut-être conservée (S. Jbrôme, Epist. cxxxiii, 3). Mais ce n'est pas là toute l'œuvre d'Evagrius : il doit en rester une partie encore inédite dans les manuscrits grecs, latins et syriaques.
Saint Isidore de Péluse ^ est certainement un des meilleurs épistoliers de l'Eglise grecque. Alexandrin d'origine, rhéteur et philosophe, puis disciple de saint Chrysostome, il s'établit à Péluse et, de son monastère,
1. (œuvres dans P. G., lxxviii. Voir A. Bocvy, De 5. Isidoro Pelusiota libri très, Nîmes, i883. L. Bayer, Isidors von Pelttsium klassiadte BUdung, Paderborn, 191.'>.
LES ÉCRIVAINS DE L'ÉGYPTB. 2il
exerça sur les hommes les plus considérables de son temps la plus heureuse influence. Sa mort doit se mettre vers 440. On possède de lui un recueil d'environ deux mille lettres, distribuées en cinq livres et admirées de l'antiquité comme des modèles de sobre élégance. La plupart ont un caractère exégétique : l'auteur y suit les principes d'interprétation de l'école d'Antioche. Un certain nombre sont dogmatiques ou s'occupent de questions de morale et d'ascèse. D'autres enfin sont purement personnelles : toutes portent l'empreinte d'un esprit pondéré, ami de la paix.