II. Traités dogmatiques et polémiques
1° Au premier rang il faut mettre le traité Contre Eunomius (Ilpo; Eùvofxtov àvTippyjTtxol Xdyoi), un des ouvrages les plus forts dirigés contre l'anoméisme. Eunomius avait défendu son Apologétique contre les attaques de saint Basile en écrivant une Apologie de l'apologie qui ne parut qu'après la mort de l'évêque de Césarée. C'est cette défense que Grégoire entreprit à son tour de réfuter. Cette réfutation comprend, suivant les éditions, douze ou treize livres, le douzième étant parfois divisé en deux. D'autre part, le livre second a été indûment introduit dans l'ouvrage : c'est un écrit
à part, un examen critique de la profession de foi qu'Eunomius présenta à Théodose en 383. Le traité contre Eunomius a été commencé en 380 ou 381 et terminé peu après.
2° Contre Apollinaire Grégoire dirigea deux écrits : l'un, plus court, postérieur à 385, Adçersus Apollinarem ad Theophilum episcopum alexandrinum ; le bq- Gond, iÀvisétendxi,Antirrheticusadi>ersusApollinarem, qui est la plus importante réfutation d'Apollinaire que nous ayons. Elle date des dernières années de la vie de l'auteur.
3° Contre les pneumatomaques il faut signaler un Sermo de Spiritu sancto adversus pneumatomachos macedonianos, dont l'authenticité est reconnue; puis
4° Sur la Trinité en général quatre brèves compositions dont la seconde surtout est souvent citée : A dEustathium de Trinitate ^; Ad Ablabium, quodnon sinttres dii; Adversus Graecos ex communibus notionibus ; el enfin Ad Simplicium de fide.
5° Un Contra fatum, dirigé contre le fatalisme astrologique, complète l'œuvre polémique de saint Grégoire.
Dans les ouvrages suivants l'exposé est plus calme : l'auteur n'y fait pas, directement du moins, œuvre de controverse.
6° C'est d'abord la Grande catéchèse [Oratio catechetica magna) -, synthèse doctrinale à la fois par l'Écriture et par la raison des enseignements fondamentaux de la foi, trinité, incarnation, rédemption, baptême, eucharistie, fins dernières. Cet écrit est un des plus importants de l'auteur pour l'étude do sa théologie. 11 est antérieur à 385.
1. Ce traité ne se trouve pas dans la Patrologie grecque : on le trouve dans ûEHLpn, Bibliothek der K irchenvaeter, i, 2, Leipzig, 1858.
2. Voir l'édition deL. Méridier, Gr/^g. de Nysse, Discours catéchétique (Textes et documents), Paris, 1908.
7° Puis le Dialogue sur l'âme et la résurrection [Dialogus de anima et resurrectione qui inscribitur Macrinia), imitation du Phédon de Platon. Grégoire y fait exposer, par la bouche de sa sœur Macrine, ses propres idées sur la mort, l'âme et son immortalité, sur la résurrection et la restitution finale. L'ouvrage est de peu postérieur à la mort de Macrine survenue en 380.
8° Notons enfin un petit opuscule sur les vues de Dieu dans la mort prématurée des petits enfants, Ad Hierium... de infantibus qui praemature abripiuntur,
III, Œuvres ascétiques.
Les écrits ascétiques de saint Grégoire n'ont point l'importance de ses traités dogmatiques. Deux d'entre eux cependant ont joui d'une certaine popularité : le traité De la virginité^ composé vers 370-371, et surtout la Vie de sainte Macrine, composée en 380. Macrine est cette sœur de Grégoire, religieuse au couvent de l'Iris, qui est censée parler dans le Dialogue sur l'âme et la résurrection. Outre ces deuxécrits, on en peut signaler quatre autres sur la vie chrétienne ou religieuse : Ad Harmonium, quid nomen professiove christianorum sibi velit; Ad Olympium monachum, de perfectione ; De proposito secundum Deuni et exercitatione juxta virtatem / et enfin Adversus eos qui castigationes aegre ferunt.