‹ Précis de patrologieChapitre 55 sur 174 · V. Lettres · texte numérisé non relu

V. Lettres

La collection des lettres de saint Grégoire de Nysse en compte vingt-six, auxquelles il faut ajouter un fragment d'une lettre au moine Philippe et Tépître canonique à Letoius, écrite vers 390. Entre ces lettres, qui se rapportent généralement à diverses circonstances de la vie de l'auteur, on remarquera la lettre ii, De lis qui adeunt lerosolyma, sur les inconvénients que les pèlerinages entraînaient trop souvent. On voit cependant, par la lettre m, que Grégoire lui-même avait visité les saints lieux.

S 4. — Amphiloque '.

Aux trois grands cappadociens dont il vient d'être question il en faut joindre un autre dont le nom est resté moins célèbre que le leur, mais qui était leur ami et qui a partagé leurs combats : c'est l'évêque d'Iconium, saint Amphiloque.

Il dut naître en Cappadoce ve»s l'an 340-345 et était, semble-t-il, cousin germain de saint Grégoire de Nazianze. Élève de Libanius à Antioche, il exerça d'abord la profession d'avocat à Constantinople, puis, en 371, à la suite d'un désagrément sur le caractère du-

1. œuvres dans P. G., xxxix (incomplet). Voir K. Holl, Amphilochiuê von Ikonium in seinem Verhaeltnis zum dengrosten Kappadoziem, Tubingue, 19ê4. G. Ficker, Amphilochiana, i, Leipzig, 4906. L. Saltet, La théologie d' Amphiloque, dans Bulletin de littér. ecclés., i905, p. 121-127. F. Cavallera, Les fragments de S. Amphiloque..., dans la Revue d'hist. ecclés., viii (1907), p. 473 497.

quel nous ne sommes pas fixés, se retira près de Nazianze et se tourna vers la vie ascétique. En 373, aaint Basile, qui avait en lui beaucoup de confiance, le fit évêque d'iconium. Il assista au concile de Constantinople de 381, présida, en 390, à Side en Pamphylie, un concile tenu contre des hérétiques encratites et, en 394, se trouva encore à un concile de Constantinople ; mais à partir de ce moment l'histoire est muette sur lui. Il paraît certain qu'il mourut avant l'an 403.

Les correspondances de saint Basile et de saint Grégoire de Nazianze, qui sont nos sources principales pour connaître la vie d'Amphiloque, le représentent comme un homme du plus agréable commerce, zélé pour la foi et tout appliqué à son ministère. C'était un esprit bien équilibré, ne parlant et n'écrivant que pour un but précis et pratique, en somme plus un pasteur et un évêque qu'un spéculatif et un orateur.

Son œuvre littéraire était assez considérable; mais on en a conservé peu de pièces entières. Dans ce nombre il faut mettre une lettre synodale, écrite au nom du concile d'iconium de 376, sur la divinité du Saint-Esprit; les ïambes à Seleucus [P. G., xxxvii, 1577-1600), petit-fils du général Trajan, que l'évêque exhorte au travail et à la vertu ; et huit sermons sûrement authentiques en y comprenant le sermon Jn mesopentecosten et les homélies découvertes par Holl et Ficker. On a encore la majeure partie d'un traité contre les hérétiques encratites (apotactites et gémellités) fourni par un manuscrit de l'Escurial, et qui date de 373-381.

Parmi les écrits perdus ou dont il ne subsiste que des fragments, on doit mentionner un traité Sui- le Sainl'Esprit signalé par saint Jérôme ( Vir. ill., 133),

plusieurs homélies contre les ariens citées par les auteurs postérieurs, et quelques lettres.

S 5. — Historiens et hagiographes-

C'est à Césarée de Palestine, nous le verrons, qu'a commencé, avec Eusèbe, la vraie histoire ecclésiastique. Mais Eusèbe devait avoir des imitateurs et des continuateurs. Ce paragraphe en fera connaître quelques-uns appartenant aux régions que nous étudions.

Il ne subsiste qiie très peu de chose d'une Histoire chrétienne (Xptcrnavixr, latopia) en trente-six livres, publiée vers 430 par le prêtre Philippe de Side en Pamphylie, œuvre assez mal ordonnée et peu critique. En revanche, nous avons en entier les deux Histoires de Socrate et de Sozomène, les deux vrais continuateurs d'Eusèbe.

Socrate était né à Constantinople vers 408 ; il y fit son éducation et y devint avocat. Son Histoire ecclésiastique ', en sept livres, qui prolonge celle d'Eusèbe depuis l'an 323 jusqu'à l'an 439, a dû être achevée entre 439-443. Malgré quelques inexactitudes et de visibles préférences, l'auteur s'y montre bien informé, sincère et en somme assez impartial.

Sozômène, originaire de Gaza en Palestine, embrassa, comme Socrate, la profession d'avocat à Constantinople. Son Histoire'^ en neuf livres, achevée en 443 ou 444, et qui va de l'an 323 à l'an 423 où elle s'arrête brusquement, n'est bien souvent qu'un plagiat de celle de Socrate. Cependant, comme il a consulté à nouveau les sources que celui-ci avait utilisées et quelques

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