‹ Précis de patrologieChapitre 56 sur 174 · Édit. d« Valois, même tome de la Patrologie grecque · texte numérisé non relu

Édit. d« Valois, même tome de la Patrologie grecque

autres, il a pu, souvent aussi, en tirer de nouveaux détails et donner à son récit plus d'ampleur.

Philippe, Socrate et Sozomène ont voulu faire, dans leurs ouvrages, l'histoire de toute l'Église. Les écrivains suivants sont surtout des hagiographes.

Palladius \ né en Galatie vers l'an 363-364 et devenu moine en 386, a visité les monastères de Palestine, d'Egypte et a séjourné au désert de Nitrie et aux Cellules. En 400, il est consacré évêque d'Hélénopolis enBithynie, prend parti pour saint Jean Chrysostome au concile du Chêne et, en 405, se rend à Rome. Exilé de 406 à 412 à Syène, il revoit les solitaires d'Egypte et, à son retour en Galatie, est transféré au siège d'Aspuna. Sa mort doit se mettre probablement en 425.

On a de Palladiùs deux ouvrages, une Vie de saint Jean Chrysostome en forme de dialogue, écrite en 407 ou 408 dans l'exil de Syène, et VNistoire lausiaque. L'Histoire lausiaque, ainsi appelée du nom de Lausus, grand chambellan de Théodose II, pour qui elle a été écrite, est un recueil de mémoires sur les moines et les femmes ascètes que Palladiùs avait connus ou dont on lui avait parlé dans ses voyages. L'ouvrage date de 419-420. Par la fraîcheur du récit et la vivacité simple du sentiment, c'est une des sources les plus importantes de l'histoire du monachisme. Le texte primitif, qui avait été altéré par l'adjonction d'une Histoire des moines, composée proba' blement par Timothée archidiacre d'Alexandrie, en 412, a été récemment dégagé par D. Butler.

Palladiùs a parlé plusieurs fois, dans l'Histoire lausiaque, de sainte Mélanie la Jeune qu'il avait eu l'occa-

1. Le dialogue De vita S. Joannia Chrysoslomi se trouve dans P. G., XL VII. Pour l'Histoire lausiaque, voir l'édition de D. E. C. Butler, Texts and Sludies, vi, ou mieux celle d'A. Lugot, Palladiùs, Histoire lausiaque, texte, introd. et traduct. franc., Paris. 1!)12 (Textes et documents).

sion de rencontrer. La vie de cette pieuse femme fut écrite, probablement vers 440-450, par son chapelain Gerontius, mort en 485. Le texte original en est perdu, mais le fond s'en est conservé dans deux Vies, l'une grecque, l'autre latine, dont la grecque paraît être plus près de la source^.

A signaler enfin une Vie de l'abbé Hypatius, mort en 446 dans le monastère Rufinien près de Chalcédoine, écrite par un de ses moines nommé Callinicus en 447-4502.

S 6. — Auteurs moins importants.

Parmi les auteurs moins importants d'Asie Mineure signalons d'abord, à la première période de l'arianisme, l'évêque d'Ancyre, Marcel. Marcel était un nicéen fervent, plus fervent qu'adroit et perspicace. Dans un livre dirigé contre le sophiste Astérius et achevé en 335, mais dont on ignore le titre exact, il trouva moyen, par opposition à l'arianisme, d'émettre sur la Trinité des vues que les ariens condamnèrent comme sabelliennes, que les orthodoxes n'excusèrent qu'en les présentant comme des essais d'explication nullement définitifs. On a de ce livre, par Eusèbe qui l'a réfuté et par saint Epiphane, cent vingt-neuf citations^. Les autres écrits que saint Jérôme attribue à Marcel { Vir. ill., 86) sont probablement les diverses apologies, lettres et professions de foi qu'il composa pour sa défense. Il n'en reste que sa profession de foi au pape Jules L Marcel mourut en 374.

\. Voir Gard. Rampolla, Santa Melania Giuniore, Roma, 1905. G. GoYAC, Sainte Mêlante (Coll. Les Saints), Pai'is, d908.

2. Voir Callinici de vita sancti Hypatii liber, Leipzii^, 1895.

3. Réunies par Rettrerg, Marcelliana, Goettingen. 1794, et mieux par E. Ki.osTRRMANN datis Eusehius' Werke, tome iv (Collect. de Berlin), Leipzig, 190G, p. 183-215. Voir Th. Zahn, Marcellus von Ancyra, Gotha,

LES ÉCRIVAINS DE L'ASIE MINEURE. 2il

Un peu plus tard, vers l'an 400, florissait Asterius, évêque d'Amasée * , renommé pour son éloquence solide et vivante. On connaît de lui des discours que le second concile de Nicée a cités, dont Photius a donné des extraits {cod. 271) et dont vingt et un nous sont parvenus entiers. Les chaînes scripturaires en contiennent d'assez nombreux fragments.

Du même temps est l'évêque de Magnésie en Carie ou en Lydie, Macarius, qui assista au concile du Chêne en 403. On le croit l'auteur d'une apologie en cinq livres, en forme d'objections et de réponses, intitulée Le Monogène ou Réplique aux Grecs, qui a dû être écrite vers 410. Les objections sont tirées pour la plupart de l'ouvrage de Porphyre contre les chrétiens. On a également sous son nom quelques fragments d'homélies sur la Genèse^

Plus tard, dans la lutte qui commença en 429 entre saint Cyrille etNestoiuus, c'est du côté de Cyrille généralement que se rangèrent les écrivains de l'Asie Mineure. On y trouve notamment Memnon, évêque d'Ephèse, dont il reste une lettre de 431 au clergé de Constantinople^; Théodote d'Ancyre en Galatie, qui avait écrit contre Nestorius six livres à Lausus (perdus) et des homélies signalées par le septième concile général. Nous avons sous son nom six homélies dont trois certainement authentiques, prêchées à Ephèse et une Exposition du symbole de Nicée qui réfute le iHestorianisme''. Il y faut joindre Firmus de Césaréeen {Cappadoce, auteur de quarante-cinq lettres d'agréable

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