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Eusèbe de Césaréei

Eusèbe naquit probablement à Césarée même vers l'an 265, y fut élevé et y suivit les leçons scripturaii-es du prêtre Dorothée. Puis, ordonné prêtre par l'évêque Agapius, il se lia avec Pamphile et, avec lui, s'occupa d'enrichir de nouveaux manuscrits la bibliothèque de sa ville natale. On peut croire qu'il commença aussi dès cette époque à extraire des ouvrages qu'elle contenait les passages qui lui paraissaient les plus intéressants, et qui sont plus tard entrés dans ses propres oeuvres.

La persécution de Dioclétien le surprit dans ces travaux. Elle emporta Pamphile en 309. Eusèbe la traversa indemne et il ne semble pas, malgré certaines

1. œuvres dans P. G., xix-xxiv. Dans la collection de Berlin ont paru jusqu'ici : La vie de Constantin, le Discours de Conêtantin à l'assem. blée des Saints; le Discours à Constantin pour ses tricennalia (I. A. HuiiEL, 1901); l'Histoire ecclésiastique (E. Schwartz et Th. Mommsen, 1903-19iB9); Onomaslir.on (E. Klostermann, 1904); la Théophanie (H. Gress- MAKN, 1904); Contre Marcel tK De la Théologie ecclésiastique (E. Kloster- MANX, 1906); la Chronique (J. K.vrst, 1911); la Démonstration évangéliqua (I. A. Heikel, 1913); la Chronique de S. Jérôrfie (R. Helm, 1913). Dans la collection Textes et documents on trouve l'Histoire ecclésiastique, texte, trad. franc, et commentaire par E. Grapin, Paris, 1905-1913. Voir K. J. Stein, Eusebius, Bischof o/" Caesarea, Wiirzbovirg, 18d9; et l'article <ie J. B. LiGHTFOOT dans Dictionary of Christian biography, n, 308-

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accusations, que c'ait été aux dépens de sa conscience.

En 313, peu après l'édit de Milan, il fut élu évêque de Césarée. Dix ou douze ans se passèrent pendant lesquels il put écrire en paix les livres qui lui valurent la réputation d'être l'homme le plus savant de son temps. Malheureusement, la théologie d'Eusèbe n'était pas à la hauteur de son érudition. Partisan zélé d'Origène, il en avait plutôt retenu, sur le Verbe, quelques formules fâcheuses et, sans accepter les thèses violentes d'Arius, il partageait, au fond, sa façon de voir. Il souscrivit cependant au concile de Nicée : Constantin l'exigeait ; mais il s'efforça d'atténuer le sens de cette démarche et, dans la suite, s'unit aux ennemis du concile pour en combattre les décisions. Il assista au concile d'Antioche de 330 qui déposa Eustathe, à celui de Tyr de 335 qui condamna Athanase, à celui de Constantinople de 336 qui condamna Marcel d'Ancyre. Resté vigoureux jusqu'à la fin de sa vie, il continuait d'écrire ; mais il ne devait pas survivre longtemps à Constantin. Celui-ci mourut le 22 mai 337 ; la mort d'Eusèbe doit se placer en 339 ou, au plus tard, en 340.

Eusèbe paraît avoir été d'un caractère doux, agréable, ami surtout de la tranquillité et de la paix. Il en avait besoin pour ses études ; et l'on peut croire qu'un de ses griefs contre Athanase et les orthodoxes était qu'ils troublaient, par un zèle intempestif, le repos de l'Église. C'était un homme à concessions, qui oubliait qu'en matière de doctrine les concessions sont interdites. On l'a accusé, vis-à-vis de Constantin, d'adulation et de servilisme. Et il est certain, en effet, qu'il a beaucoup aimé et admiré Constantin : c'était un sentiment assez général parmi les chrétiens qui avaient traversé la persécution de Dioclétien, sentiment accru, chez Eusèbe, par l'estime dont il savait que l'empereur l'honorait lui-même. Au moins Eusèbe n'a-t-il

point profité, pour ses intérêts, de la faveur dont il jouissait à la cour. Il a préféré, aux honneurs du siège d'Antioche qu'il aurait pu obtenir, les joies plus calmes de ses études à Césarée.

Eusèbo en effet a été un des plus grands liseurs et travailleurs que l'Eglise ait connus. Sacré ou profane, traités grands et petits, simples lettres, il a tout lu et fait des extraits de tout ce qu'il a pu se procurer. En théologie, il n'a été fort que dans sa réfutation du sabellianisme. Mais il a été bon apologiste. On peut même dire qu'il a été surtout apologiste, car même ses œuvres d'histoire devaient, dans sa pensée, fournir la preuve de la vérité du christianisme. Quant à son style, il est généralement terne, monotone, et sans beaucoup de vie. Ses discours d'apparat montrent qu'il connaissait les règles de la rhétorique : cependant son éloquence est toute de convention : il y manque le vrai souffle oratoire.

L'héritage littéraire d'Eusèbe comprend des ouvrages historiques — apologétiques — exégétiques et scripturaires — dogmatiques, — des discours et des lettres.

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