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MÉGANIQUE DE LA CIRCULATION

Le sang veineux qui arrive dans le cœur droit par les veines caves est lancé dans l'artère pulmonaire, traverse les capillaires du poumon et revient artérialisé au cœur gauche par les veines pulmonaires. Ce premier cycle représente ce qu'on appelle la petite circulation; c'est le moine Michel Skrvet (1553) qui en eut le premier la conception nette. Du cœur gauche le sang est lancé dans l'aorte et les artères et revient au cœur droit par les veines. Ce mouvement du sang, toujours de même sens grâce à un système de valvules, constitue la grande circulation ; il fut démontré par les expériences de l'immortel Harvey (1628). Le passage du sang des artères aux veines à travers les vaisseaux capillaires ne fut toutefois découvert que lorsqu'on employa le microscope ; l'honneur en revient à Malpighi (i66i). Le sang accomplit donc une révolution complète dans le système circulatoire et si l'on sépare théoriquement les deux cœurs l'un de l'autre, on voit facilement qu'il n'y a en somme qu'un grand cycle circulatoire, sur le trajet duquel se trouvent deux systèmes capillaires : celui du poumon, et celui de toUs les autres tissus et organes. De nos jours, l'étude de la circulation du sang a fait de grands progrès grâce à la méthode graphique inaugurée par Ludwig, Marey, etc. Un mot sur cette méthode : elle consiste essentiellement à exprimer par une courbe les diverses circonstances qui sont liées à là production d'un phénomène ; on peut obtenir cette courbe dans certains cas en îorrant le phénomène à s'inscrire lui-même sur une bande de papier qui se meut d'un mouvement uniforme.

Je renvoie pour les détails aux applications de cette méthode que nous jurons bientôt à faire. Pour la transmission du mouvement à distance, on se sert des tambours enregistreurs dont voici le principe : si deux ampoules de caoutchouc pleines d'air sont reliées l'une à l'autre par un tube, toute

variation du volume de l'air d'une des ampoules par compres-

Fig. 16.

Schéma général de la circulation.

1, ventricule gaache. — 2, oreillette gauche. — 3, ventricule droit. — 4, oreillette droite. — 5, aorte. — 6, capillaires généraux. — 7, veine cave inférieure. — 8 artère pulmonaire. — 9, capillaires pulmonaires. — 10, veine pulmonaire. — 11, artère mésentérique. — 12, intestin et ses capillaires généraux. — 13, tronc de la veine porte. — 14, capillaires du foie 15. — 16, veine sus-hépatique. — 17, circuit de la fietite circulation ou circulation pulmonaire. — 18, circuit de la grande circulation.

S ion ou dilatation, se traduira par des variations inverses du

volume de l'autre ampoule ; et si l'on fuit reposer sur cette dernière un levier léger dont une exlrûmité soit mobile autour d'un point lixe et l'aulre extrémité terminée par une plume

Schéma de la

écrivante, le levier oscillera et on pourra lui faire inscrire ta courbe du mouvemenf.

On comprend par là qu'il est possible de transmettre un mouvement loin de son lieu de production aûn de Tenregis- Irer plus facilement. Pour apprécier la durée d'un mouvement qui s'inscrit, on enregistre aussi le temps, soit avec un mélrouome, soit, pour les fractions de seconde, avec un diapason.

Nous divisons l'élude du mécanisme de la circulation en trois paragraphes : dans le premier, seront exposées quelques

Tambour à

données d'ordre général indispensables à connaître avant d'aborder aucun détail; le second traitera de la circulation dans le cœur, et le troisième de la circulation dans les vaisseaux.

§ 1. — Considérations générales

l.e sang circule dans un système de vaisseaux absolument clos et le cœur n'est en somme qu'un segment de l'arbre vas-

oulaire renflé et spécialisé pour imprimer le mouvement à la

masse sanguine. Comment est répartie cette masse sanguine !

dans l'arbre vasculaire et à quelles lois d'hydraulique se trouve |

soumis son mouvement ? i

1 «Répartition du sang dans les vaisseaux. — La capacité totale du système circulatoire est, comme il a été dit, d'environ 5 à 6 litres chez l'homme adulte du poids moyen de 65 kilogrammes. Cette quantité de sang est inégalement répartie dans les artères et dans les veines ; le système artériel a une capacité moins grande que celle du système veineux ; le rapport est de 1 à 2 environ. Les notions anatomiques suffisent pour expliquer cette différence : ne sait-on pas que les veines sur- ^

passent les artères et par leur nombre et par leur calibre? Si l'on compare maintenant la quantité de sang de la petite cir- 1

culation à celle de la grande, on voit d'après les expériences j

de JoLYET et Tauzïac que le rapport est de 2 à 1 1 ; c'est-à-dire \

que si l'on compte cinq litres et demi de sang en circulation, J

il y en aura un litre dans la petite circulation et quatre litres et demi dans la grande. Pour la petite comme pour la grande circulation, la quantité de sang qui se trouve contenue dans chaque portion successive de l'arbre artériel ou veineux augmente avec la distance qui la sépare du cœur, et à ce point de vue, on peut exprimer schématiquement la répartition du sang dans les vaisseaux par un cône dont le sommet serait au cœur et la base au niveau des capillaires. En effet, la somme des calibres des branches de division d'un vaisseau étant supérieure au calibre de ce vaisseau, il en résulte que l'arbre vasculaire présente une capacité de plus en plus grande, au fur et à mesure qu'il se ramifie. Ainsi, d'après Donders, le calibre de tous les capillaires est à celui de l'aorte comme 500 est à 1. L'arbre artériel peut donc être comparé à un cône correspondant par son sommet au ventricule gauche et par sa base considérablement élargie aux capillaires. De même l'arbre vôineux^ forme un cône dont la base s'adosse à la base du cône précé^ dent et dont le sommet répond à l'oreillette droite. On peut figurer de la même façon l'arbre vasculaire de la cipculatiion'

pulmonaire et on obtient ainsi un schéme des cônes à basa capillaires qui exprime l'augmentation de calibre et de surface des vaisseaux résultant de leur division.

2° Lois du mouvement du sang. — Le mouvement du sang dans les vaisseaux est soumis aux lois de l'hydrodynamique. Supposons le cœur arrêté ; le sang se répartira daiis tout l'appareil vasculaire, comme dans un système de tubes communiquants, sous une pression uniforme. Cette pression, qui est de 1 centimètre de mercure environ, provient de la réaction des parois élastiques des vaisseaux sur leur contenu ; c'est-à-dire que la masse du sang ne trouve à se loger dans le système circulatoire qu'en distendant les vaisseaux. Faisons maintenant intervenir l'action du cœur que l'on peut comparer à celle d'une pompe foulante ; l'équilibre hydrostatique sera rompu et un courant s'établira en raison de ce principe d'hydrodynamique que toute molécule liquide qui éprouve sur une de ses faces une pression plus forte que sur l'autre se déplace dans le sens de la pression moindre. Le sang lancé dans les gros vaisseaux artériels va les distendre et s'y accumuler jusqu'à ce que sa tension soit devenue suffisante pour vaincre la résistance que les capillaires opposent à son passage et pour assurer un écoulement à débit régulier à travers ces capillaires. La résistance que les capillaires opposent à cet écoulement est très grande en raison de la petitesse de leur calibre et de leur nombre considérable, ce qui augmente d'autant les frottements du sang contre leurs parois. Aussi, de même qu'un barrage situé sur le trajet d'un cours d'eau produit une augmentation de tension du liquide en amont et une diminution au contraire en aval, de même pour l'appareil circulatoire, l'obstacle des capillaires produit une forte pression en amont, c'est-à-dire dans les artères et une pression faible en aval, c'est-à-dire dans les veines. Gomme c'est au cœur que revient la charge de vaincre la résistance des capillaires, on comprend que sa musculature se développe en raison de la force à déployer ; voilà pourquoi le cœur gauche est bien plus musclé que le cœur droit; car la résistance des capillaires

généraux est évidemment bien phis grande que celle des capillaires pulmonaires.

Telles sont les considérations générales qui sont relatives à la pression du sang dans, les vaisseaux. Voyons encore celles qui ont trait au débit et à la vitesse. Lorsqu'un régime régulier d'écoulement s'est établi, il faut de toute nécessité que la même quantité de sang passe au même instant par chaque section théorique du système circulatoire. Si par exemple, le ventricule gauche lance dans l'aorte 180 grammes de sang, le ventricule droit devra en envoyer la même quantité dans l'artère pulnaonaire ; en même temps et avant qu'une autre systole se soit effectuée, 180 grammes de sang traverseront les capillaires généraux, et 180 grammes les capillaires du poumon. Il doit forcément en être ainsi, sans quoi tout l'équilibre circulatoire serait rompu et des stases sanguines se produiraient en différents points du système vasculaire. Or, puisque chaque section de l'arbre vasculaire laisse passer au même moment la même quantité de sang, il est clair que la vitesse imprimée aux molécules liquides dans les différents segments du système circulatoire sera très différente : rapide dans les parties étroites du cône vasculaire, lente au contraire, dans ses parties larges, de même que le courant d'un fleuve est rapide quand son lit se rétrécit et plus lent lorsqu'il s'élargit. Le sang aura donc son maximum de vitesse dans l'aorte et cette vitesse ira ensuite en diminuant jusqu'aux capillaires où elle sera minima, pour augmenter ensuite progressivement dans les veines, jusqu'à un maximum qu'elle atteindra dans les veines caves ; ce maximum sera néanmoins toujours inférieur à celui de l'aorte en raison de la capacité plus grande du système veineux. De plus, comme les capillaires du poumon ont une capacité bien inférieure à celle des capillaires généraux et que néanmoins ils laissent passer la même quantité de sang dans le même temps, la circulation pulmonaire doit être bien plus rapide que la circulation générale. La quantité de sang de la petite circulation étant à celle de la grande dans le rapport de 2 à H, on peut en déduire que le renouvellement du sang dans le poumon se fait cinq fois plus vite que dans les autres organes.

§ 2. — Circulation dans le cœur

Le cœur, muscle creux, est composé chez les mammifères et les oiseaux de quatre cavités, les deux oreillettes et les deux ventricules Les oreillettes ne communiquent pas entre elles excepté chez le fœtus dont la cloison interauriculaire présente un orifice (trou de Botal). Les deux ventricules sont séparés par une cloison étanche (cloison interventriculaire qui n'existe pas chez les batraciens et les reptiles dont le cœur ne possède qu'un ventricule). L'oreillette droite communique avec le ventricule droit, l'oreillette gauche avec le ventricule gauche respectivement par les orifices auriculo-ventriculaires droit et gauche, et le mouvement du sang dans ces cavités se fait ainsi : déversé par les veines caves dans l'oreillette droite, le sang est chassé par les contractions de cette poche cardiaque dans le ventricule droit qui à son tour se contracte et le pousse dans l'artère pulmonaire ; après avoir traversé les capillaires du poumon, le sang revient par les veines pulmonaires dans Toreillette gauche qui par sa contraction l'envoie dans le ventricule gauche; et ce dernier le chasse dans l'aorte. Si pour se rendre compte de la manière dont s'effectuent ces diverses contractions et de l'ordre dans lequel elles apparaissent, on met le cœur à nu par l'ouverture de la cage thoracique chez un chien curarisé soumis à la respiration artificielle, on constate facilement que le cœur se contracte ou bat d'une façon rythmique, c'est-à-dire que chaque contraction est séparée de la suivante par un intervalle de repos. On voit en outre par une observation plus attentive que les deux oreillettes se contractent ensemble synergiquement et que les deux ventricules se contractent de même aussitôt que la contraction des oreillettes est terminée ; de telle sorte que la succession des phénomènes apparents est celle-ci : 1'^ contraction ou systole auriculaire; 2<* contractioii ou systole ventriculare ; 3<> repos général du cœur pendant lequel s'opère la dilatation ou diastole, La succession de ces trois temps constitue ce qu'on appelle une révolution cardiaque. L'analyse de cette révolution cardiaque, les signes

extérieurs par lesquels elle se manifeste, la façon dont elle est interprétée en clinique, feront Tobjet des détails qui vont suivre ; nous terminerons par quelques mots sur le travail du cœur et sur les troubles pathologiques de la circulation intracardiaque.

1<> Analyse de la révolution cardiaque. — Cette analyse peut être poussée déjà fort loin par la seule observation du cœur mis à nu et par le raisonnement; mais pour la compléter il faut employer la méthode graphique.

a. Systole auriculaire. — L'oreillette est distendue peu^à peu par le sang qui lui arrive des veines caves; lorsqu'elle est pleine, elle se resserre brusquement; sa contraction est brève, rapide et débute dans la portion voisine de l'embouchure des grosses veines pour se propager comme une onde péristaltique vers l'auricule et l'orifice ventriculaire. L'eflet de la systole est de chasser le sang dans le ventricule pour en achever la réplétion. Le ventricule reçoit en effet le sang pendant toute la durée de la distension de l'oreillette et la systole auriculaire peut manquer sans que le débit du ventricule soit beaucoup diminué. L'oreillette peut donc être considérée comme une dilatation des grosses veines tenant en réserve une certaine quantité de sang pour le ventricule. En raison de la minceur de sa paroi musculaire, elle ne développe que peu de force dans sa contraction et ne se vide du reste pas complètement de son contenu. Au moment de la systole auriculaire le sang n'a pas de tendance à refluer dans les veines caves malgré l'absence de valvules à l'embouchure de ces veines, pour la seule raison que la pression veineuse si faible qu'elle soit dans les veines caves est encore supérieure à celle qui existe dans la cavité du ventricule au moment de sa diastole ; le ventricule n'oppose en effet qu'une résistance insignifiante à la distension et le sens du mouvement du sang, ici comme dans le reste du système circulatoire, est déterminé par les différences de pression.

b. Systole ventriculaire. — Elle succède immédiatemeut à la systole auriculaire et se manifeste par une dureté et une rigi-

dite soudaines du ventricule se propageant rapidement de la pointe à la base du cœur. Le sang pressé par la contraction du ventricule n'a d'autre issue que les oriflcee artériels (aortique el pulmonaire), car les orifices auriculo-ventriculaires se trouvent fermés hermétiquement par le jeu des valvules mitrale et tricuspide . Ces valvules forment des voiles qui pendent daos l'intérieur du ventricule nu moment de la diastole ; sous l'aclion de la pression sanguine développée par la systole, leurs

Fig. 19.

Schéma indiquant le jeu des valvules auriculo-ventriculaires et sigmoides : A, pendant la diastole ventriculaire ; B, pendant la systole ventriculoire.

bords flottants sont projetés les uns contre les autres et les parties de leurs faces auriculaires voisines des bords s'affrontent sur une certaine étendue ; la tension des cordages tendineux qui s'y insèrent et la contraction des muscles papillaires d'où émanent ces tendons, règlent le jeu de ces soupapes en les maintenant en place et en empêchant leur renversement dans la cavité de l'oreillette. Le la sorte, l'augmentation de la pression sanguine intra-ventricuiaire n'a d'autre effet que d'accoler plus intimement les bords des valvules et de faire bomber leurs faces du côté des oreillettes de façon à produire un d6me multiconvexe que l'on peut sentir facilement avec le doigt introduit dans l'oreillette du cœur des gros animaux, comme l'ont

CIRCULATION iO^

remarqué Chauveao et Faivrb. Dès que la tension sanguine intraventriculaire a atteint une valeur suffisante (15 à 20 centimètres de Hg pour le ventricule gauche, 3 à K pour le ventricule droit), ce qui arrive quelques centièmes de seconde après le début de la systole {retard essentiel de Chauveau et Marey), 1« sang pénètre dans les artères ; lorsque le ventricule se relâche, le reflux du sang est empêché par le jeu purement mécanique des valvules sigmoïdes en forme de nid de pigeon, qui s'accolent par leurs bords sous Faction de la tension sanguine et opposent leurs faces concaves à la poussée artérielle. La systole ventriculaire ayant à vaincre une forte résistance a aussi une durée plus longue que la systole auriculaire. Le ventricule lance à chaque systole environ 180 grammes de sang (d'après Frédéricq seulement 60 à 100 grammes) et se vide complètement ; il resterait cependant, d'après Chauveau, une petite quantité de sang sous les dômes valvulaires.

c. Diastole. — L'oreillette entre déjà en diastole pendant la systole ventriculaire ; une fois celle-ci terminée, le ventricule se relâche à son tour et toutes les cavités sont alors en diastole et se remplissent de sang ; c'est le repos du cœur. Le sang est poussé dans les cavités cardiaques sous l'action de la pression veineuse développée par la réaction élastique des veines sur leur contenu. La diastole est donc passive. Cependant on peut admettre encore que le cœur est capable d'exercer une aspiration sur le sang par la dilatation de ses cavités. En effet, par suite de l'élasticité de leurs parois, les ventricules tendent à reprendre après la systole une certaine capacité ; de même qu'une poire en caoutchouc à parois épaisses pressée entre les doigts revient à sa forme primitive quand on cesse la compression. Il en résulte qu'il se produit dans les ventricules après chaque systole une pression négative [vide postsystolique de Marey) et une aspiration du sang. Le cœur, d'après certains physiologistes, agirait donc comme une pompe à la fois aspirante et foulante. Il faut remarquer de plus que le cœur est, comme tous les autres organes contenus dans le thorax, soumis à l'influence de l'aspiration thoracique. Lorsqu'il s'est contracté, cette aspiration doit donc contribuer à lui faire re-

prendre une /"orme if équilibre correspondant à un certaio degré de dilatalion.

La simple inspection et la palpation du cœur mis à nu permettent encore de se rendre compte des changements de forme, de volume, de position et de consistance qui accompagnent chaque conlraclion. Pendant la diastole la poche Tentriculaire est conique et sa section transversale ligure une ellipse; pendant la systole elle devient plus petite et globuleuse

Pig. 20.

Pioce cardiaque de Mareï.

Le cffiur est soi?! Putr? deui cuillers dODt L'une est mobile et actianne le Hl^le

ÏDScripIcur auquel elle est wikIl^î. Au monkeut de la systole le mjeearde repousse

repos du cœur te alyle luscripteur est rameuA m^caniqueiDent à une positiua d'équicuiller pcrmetlcDl de ]>i>rl«r deg «icilalions ileclriques aur le myocarde.

par suite du raccourcissement de sou diamètre vertical et de l'augmentation de son diamètre antéro-postêrieur, et sa section prcud une forme circulaire. On obsei-ve aussi pendant la systole la production d'un mouvement spiroïde ou de torsion du cœur; cette torsion se fait autour de l'axe longitudinal de l'organe, de gauche à droite, et a pour effet de mettre en saillie le ventricule gauche ; en même temps la pointe du cœur se

redresse légèrement eu se portant à droite et en avant. Le mouvement de retrait de la pointe qui résulte néçessaire- .meut du raccourcissement de l'axe longitudinal est du reste peu accentué parce qu'il est compensé par la projection de la base du cœur prcnenant de la chasse

brusque du sang dans les artères {mou- S;

vemént de reeul analogue au recul du ^

fusil au moment où le coup part). Le ^

muscle cardiaque est mou et dépressikle i^

.pendant la diastole; pendant la systole il ^

devient dur et ferme et repousse le doigt t

qui le palpe. -g

d. Cardiographie. — Pour enregistrer -^

les battements du cœur ou peut faire re- g

poser direcLemeut sur les poches cardia- ^

ques des leviers iuscripteurs {cardiogra- . ^

pkes pour le cœur de grenouille, de toi'- S s

tue). Le tracé ci-coutre (flg. 21) des puisa- .SF =

lions du cœur de grenouille a été pris g

avec la pince cardiaque de Mahev {fig. 20). ^-

Mais pour obtenir des tracés permettant S

d'analyser en détail la révolution car- g

diaque, il faut avoir recours à la belle ^

méthode imaginée par Chauvbau et Ma- a

HEY. Ces physiologistes introduisirent des t.

sondes dans les cavités du cœur du cheval, 8

eu les poussant par la jugulaire pour 3

l'oreillette et le ventricule droit et par la .^j .

carotide pour le ventricule gauche. Ces g

sondes cardiaques étaient munies à leur ^ extrémité d'une ampoule de caoutchouc remplie d'air et reliées par un tube à un tambour inscripteur à levier. A l'aide du schéma suivant qui représente la^^soiide cardiaque droite munie de deux ampoules, dont l'une se trouve dans la cavité auriculaire et l'autre dans la cavité ventriculaire, il est facile

de comprendre que la compression de Tair des ampoules par la pression du sang, au moment de la systole, produit une élévation du levier des tambours inscripteurs et que sa dilatation pendant la diastole amène au contraire un abaissement du levier. Les plumes écrivent sur un cylindre enregistreur, tournant d'un mouvement uniforme, et tracent la courbe de la contraction auriculaire et ventriculaire. On peut aussi recueillir le tracé de la pulsation cardiaque, c'est-à-dire de ce choc que perçoit la main appliquée sur la poitrine; il n'y a pour cela qu'à maintenir sur le thorax dans la région précordiale une autre ampoule reliée aussi à un tambour inscripteur. Les tracés que l'on obtient ou cardiogrammes sont représentés cidessous. Comment les interpréter ?

La ligne supérieure o représente le tracé de l'oreillette, celle

Fig. 22.

Schéma de rexpérience de cardiographie de Ghauveau et Marey.

Sonde cardiaque droite munie de deux ampoules, Tune située dans le ventricule V et reliée au tambour enregistreur l.v. par le tube t.v.y Tautre située dans Toreillelte 0 et reliée au tambour l.o. par le tube t.o. (d'après L. FaiDÉRicg).

qui est au dessous V le tracé du ventricule, la troisième P le tracé de la pulsation cardiaque. Gomme les pointes des leviers sont exactement de même longueur et superposées, il est clair que les accidents qui se trouvent sur ces trois tracés selon la

même ligne verticale sont synchrones. Le quadrillage imprimé dans la figure permet de s'en rendre compte ; les lignes verticales de ce quadrillage étant espacées par intervalles de un dixic'me de seconde, on peut en outre apprécier la durée de chacun des actes de la révolution cardiaque ; les lignes hozizontales permettent de comparer plus facilement les différences d'amplitude des oscillations du levier.

Le tracé de l'oreillette o présente tout d'abord une élévation A de courte durée qui correspond évidemment à la systole

j 11 ! il

ttr-^ t =.^

AÂÀ-^ ^

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fj- 1 r^

Fig. 23.

Cardiogramme (d'après Mabey).

0, tracé de l'oreilletle. — V, du ventricule. — P, de la pulsation cardiaque.

de l'oreillette ; après cet accident la ligne du tracé s'élève progressivement jusqu'à la production d'un nouveau soulèvement systolique, traduisant ainsi le remplissage graduel de l'oreillette par le sang.

Sur le tracé ventriculaire V on trouve d'abord une petite oscillation synchrone avec la systole auriculaire et qui exprime la légère augmentation de pression du sang dans le ventricule

108 FONCTIONS DE NUtRITION

au moment où il est chassé par la contraction de l'oreillette. Aussitôt après la ligne s'élève brusquement très haut en B, se maintient un certain temps à cette hauteur dans un sens à peu près horizontal en formant ce qu'on appelle un plateau ^ puis s'abaisse, mais moins rapidement qu'elle ne s'est élevée. L'ensemble de cette courbe répond à la systole ventriculaire ; son amplitude traduit l'énergie de la contraction, la distance qui sépare la ligne d'ascension de la ligne de descente mesure la durée de la systole qui, on le voit, est au moins trois fois plus grande que celle de la systole auriculaire. La brusquerie de la ligne d'ascension signifie que la pression sanguine atteint très vite son maximum au moment de la contraction ventriculaire et l'horizontalité du plateau témoigne d'une énergie soutenue pendant toute la durée de la systole. On voit de plus que le plateau présente de petites ondulations 1, 2, 3 ; on ne s'accorde pas sur leur cause; elles sont dues, d'après Marey, au retentissement intraventriculaire des changements de la pression artérielle après l'ouverture des sigmoïdes ; pour d'autres, comme Frédéricq, à des saccades de la contraction du muscle cardiaque. Ces secousses se transmettent au contenu de l'oreillette, car on reconnaît les mêmes ondulations 1, 2, 3 sur le tracé o. La ligne de descente du tracé de la systole ventriculaire présente encore à sa partie inférieure en c un petit soulèvement. Ghauvèau et Marey l'ont attribué à la secousse de fermeture des valvules sigmoïdes ; mais Frédéricq pense que les valvules sigmoïdes s'accolent avant la production, de ce soulèvement et que ce dernier est dû au flot de V oreillette qui arrive dans le ventricule au moment où se produit le vide postsystolique. Aussitôt après ce ressaut, la ligne du tracé s'élève lentement jusqu'à la systole suivante, indiquant ainsi la réplétion graduelle du ventricule pendant la diastole. Notre figure ne donne que le cardiogramme du ventricule droit ; mais si on enregistre à la fois les tracés des deux ventricules, on constate qu'ils sont absolument synchrones et qu'ils présentent entre eux une grande similitude. Sur la troisième ligne P de la figure la pulsation cardiaque s'affirme par une courbe dans laquelle on peut reconnaître facilement les prin-

cipaux détails de la révolution cardiaque. Le point Culminant de cette courbe correspond à la systole ventriculaire.

Les cardiogrammes dont nous venons de donner l'analyse se rapportent au cœur du cheval ; mais peuvent-ils s'appliquer au cœur de l'homme ? Il n'y a pas à en douter d'après leur ressemblance avec les tracés que l'on a pris en appliquant des appareils inscripteurs à la surface de la saillie que le cœur formait à l'épigastre dans certains cas d'ectopie chez l'homme.

e. Durée de la révolution cardiaque. — Chez l'homme, le cœur battant 70 à 75 fois par minute, on voit de suite que chaque révolution a une durée de moins d'une seconde , soit huit dizièmes de seconde. On peut admettre sans grande erreur que sur ces 0",8, le cœur en emploie la moitié 0",4 pour sa systole et la moitié 0",4 pour sa diastole, et exprimer ce fait d'une façon paradoxale en disant, par exemple, que le cœur se repose douze heures sur vingt-quatre. Sur les 0",4 que dure la systole, l'oreillette emploie 0",1 pour sa contraction et le ventricule 0",3 (chez le cheval, le cœur battant moins fréquemment que chez l'homme, chacun des actes de la révolution cardiaque a aussi une durée plus longue, comme il est facile de le voir. dans le tracé cardiographique reproduit plus haut).

Nous pouvons maintenant consigner dans le tableau suivant les différentes phases d'une révolution cardiaque.

RÉVOLUTION CARDIAQUE (0,8 SeCOndc)

1*' TEMPS = 0^l

Systole auriculaire.

Achèvement de la réplétion ventriculaire.

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