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Quelques réflexions s'imposent iei à notre attention.
Première remarque. — Nous avons abordé expérimentalement le
problème des générations spontanées en partant de cette notion que # les animaux et les végétaux ne peuvent supporter sans périr une température de 100, et en imaginant que les microbes subissent vrai= . semblablement la loi commune. Le développement des recherches à — : permis de reconnaître que cette supposition ne se vérifie pas complè- 14 se tement : tous les microbes ne sont pas toujours détruits à 100° ; pour … un certain nombre, et au moins dans certaines circonstances de
s vée, 120 dans les milieux li juides ou saturés de vapeur d’eau, 150° à 1800 en l'absence de toute humidité.
Cette constalation nous invite à la prudence dans la généralisation : il ne faut étendre aux microbes les lois présidant à la vie et à la mort des animaux et végétaux que sous bénéfice de vérification. Deuxième remarque. — En milieu saturé de vapeur d’eau tous les - microbes sont tués à 120 ; ils ne le sont qu’à 150°-180° en milieu rigoureusement sec. Dans les deux circonstances, on est autorisé, à coup sùr, à considérer la chaleur comme la cause de la mort des microbes ; quant à l’état d'humidité ou de sécheresse de l’air, 1l constitue une simple condilion d’action de la chaleur, favorable dans le premier état, défavorable dans le second.
Cette constatation nous invite à ne pas oublier qu’il faut toujours, dans les sciences expérimentales, rechercher non seulement les causes, mais encore les conditions, et toujours fixer jusque dans les plus
petits détails le détermine des expériences.
Troisième remarque. — L’eau de levure, chauffée à 100° en vase
clos, rempli d’air stérile, demeure indéfiniment inaltérée. Il semble
crobes vivants, la température de 100° assurant ainsi sa stérilité parfaite. Mais cette eau de levure se peuple de microbes si, toutes dispositions étant prises pour éviter la pénétration de germes extérieurs, on l’alcalinise légèrement. Or nous avons reconnu qu’il ne s’agit pas Jà de génération spontanée (p. Q); il faut donc admettre que l’eau de levure chauffée à 100° renferme encore des microbes vivants, que le chauffage à 100° a rendus inaptes à se multiplier dans les conditions du milieu où ils se trouvent, tout en les laissant aptes à se mul- Liplier dans des conditions autres, notamment quand le milieu est alcalinisé. L’eau de levure chauffée à 1002 n’était stérile qu’en apparence ; l’eau de levure chauffée à 120° est absolument stérile, car on n’a pas réussi à y faire se développer des microbes, quelle que soit la - modification physique ou chimique apportée à la liqueur.
lité apparente et une stérilité réelle; elles nous mettent
en garde contre la tendance que GOùS pourrions ‘avoir à eonclure précipitamment de l'absence de développerent microbien en un milieu donné à üne stérilisation réellé.
chauffage de 3 h. consécutives à cette témpérature ne la stérilise pas.
milieu, fie destraehion : n'est assurée qu à une E hpémiiqté ais &le- Sue
bien qu'on soit autorisé à admettre qu’elle ne renferme plus de mi-
Ces constatations nous amènent à distin uer une sléri-.
Quatrième et dernière remarque. — Nous avons stérilisé une liqueur (: organique en la portant 1 h., 3 jours de suite, à 58-6o°, alors qu’un,
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. . . CC :A à: | 4 # 3j Re À + A +. À Comment interpréter ces faits ? Le troisième jour avant le chauffage, le liquide renferme encore des microbes vivants, car si on le conserve
sans le chauffer, il ne demeure pas inaltéré ; le chauffage du 3° jour
a suffi à tuer tous ces éléments vivants. Si le chauffage équivalent du
1® jour n’y a pas réussi, c’est assurément que les germes n’étaientpas
identiques dans les deux cas, c’est assurément que la liqueur au début renfermait des éléments qui ont disparu durant ces 3 jours et qui étaient les plus résistants. N’est-on pas autorisé à supposer que les. microbes existent, ou tout au moins que certains microbes existent
sous deux formes biologiques, l’une détruite à 58-6o°, l’autre résistant à
cette température, et que la forme résistante se transforme spontané-
ment en la forme fragile?
Cette conception trouve un solide appui dans les observations morphologiques : les bactériologistes ont montré que certains microbes subissent, dans des conditions qu'ils ont précisées pour chaque espèce, une modification qui conduit à la formation d'une spore, c'est-à-dire d'une
forme nouvelle, capable, dans des milieux et conditions | convenables, de se transformer en un microbe identique à
celui dont elle provient.
On a comparé la spore microbienne à la graine végétale : cette assi= milation ne nous paraît pas heureuse, et voici pourquoi. Les graines dérivées d’un végétal sont d'ordinaire nombreuses et servent à la
multiplication de l’espèce ; la spore dérivée d’un microbe est géné-
ralement unique (la double spore est exceptionnelle) et ne joue pas de rôle dans sa multiplication. #t puis la production des graines ne s’accomplit bien que si le végétal est dans des conditions biologiques favorables, tandis que la production de la spore par les microbes semble n’avoir lieu que si les conditions ambiantes leur sont défavorables. Il n’est donc pas exact de dire que la spore est une graine de
microbe ; tout au plus pourrait-on dire que la spore microbienne, comme la graine végétale, résiste mieux que son générateur aux.
agents de destruction ou d’altération, et qu’elle conserve en elle la vie dans des éonditions où son générateur l’eût perdue. Il nous semble préférable de considérer le microbe et sa spore comme deux formes d’un même être, la première correspondant à la vie active, avec les . modifications qu’elle engendre dans l’être et dans le milieu, la seconde correspondant à la vie latente (ou à la mort apparente). Gette considération du microbe et de sa spore nous permet de compléter la première remarque présentée. Le microbe, sous sa forme végétative, est aussi fragile ou presque aussi fragile que le végétal ou
ex | LE PROBLÈME DES GÉNÉRA TIONS SPONTANERS. 4
y nb vis-à-vis de la does il est tué à une température infé- rieure à 6o° ; il rentre dens la loi commune aux êtres vivants. Ce qui échappe à cette loi, c’est la spore : c’est elle qui résiste à 100°
en milieu aqueux ; c’est elle qui résiste à 120° en milieu sec.
Ces constatations nous amènent à accorder dans les. études de microbiologie une importance considérable à la spore, et à distinguer de la façon la plus rigoureuse ce qui, dans le monde microbien, est capable de produire la spore, ou mieux de prendre la forme de spore, ce qui, par conséquent, est remarquablement résistant, de ce qui ne produit pas la spore, et qui dès lors est beaucoup plus.
fragile.
D'où viennent donc les microbes des infusions, puisqu'ils ne s’y pro-
duisent pas spontanément ?
Nous avons déjà constaté à plusieurs reprises que l’air renferme des microbes : les liquides stérilisés en flacons clos et remplis d’air filtré: sur coton, ou fortement chauffé, se conservaient indéfiniment stériles ; mais ils se peuplaient de tnicrobés quand on ouvrait les flacons à l'air, en sectionnant transversalement leur col.