‹ Précis de physiologie microbienneChapitre 11 sur 145 · COS · texte numérisé non relu

COS

ES

On peut démontrer encore autrement la présence de microbes dans

l'air. Dans un tube de verre, plaçons une bourre de colon-poudre (le coton-poudre a les mêmes propriétés filtrantes que l’ouate à l’égard des microbes) ; relions l’une des extrémités du tube à une trompe aspiratrice, de façon à faire filtrer de l’air à travers la bourre coton-

neuse. Quand celle-ci commence à noircir, on arrête l’aspiration ; on

retire la bourre du tube et on la laisse tomber dans un mélange à parties égales d’alcool et d’éther ; le coton-poudre se dissout, les par ticules en suspension restent, et bientôt on peut en prélever pour

l’examen microscopique au fond du vase où elles se déposent peu à

peu. Parmi elles, on reconnaît des poussières minérales, grossières et. irrégulières, des débris divers d’origine animale ou végétale, des. spores de cryptogames et des microbes,

Ces microbes de l’air sont ou peuvent être vivants ; on le démontre. en procédant comme suit. On introduit une liqueur organique dans un ballon à long col, qu’onstérilise à l’autoclave sans le fermér, mais en tenant le col très fortement incliné, presque horizontal. On introduit dans le col à quelques centimètres de l’orifice une bourre de: coton chargée des poussières atmosphériques qu’elle a retenues (même préparation que ci-dessus avec le coton-poudre); et on bouche le ballon à l’ouate. Le liquide contenu dans le ballon demeure stérile aussi longtemps que le ballon demeure en l’état, Si l’on redresse-

le ballon pour faire toit la es” dans # “Jiquide, él ne. tarde pas à être envahi par des microbes innombrables. SRE 0: Mais si l'air contient des microbes et des microbes vivants, il en contient généralement une quantité minime, variable d'allleuré suivant les lieux où l’on prend l'échantillon d’air. Supposons que dans une série de ballons de 300 à 4oo c.c. à col terminé en pointe eflilée, on introduise 100 c.c. p. ex. d’une liqueur organique, eau de leva bouillon, etc., qu’on fasse bouillir pour chasser l’air, qu’on ferme à la

lampe la pointe du col en pleine ébullition et qu’on stérilise à l'auto=

clave à 1202. Imaginons que, saisissant le ballon par la partie renflée, flambant la pointe dans la flamme d’une lampe à alcool, on l'élève au-dessus et en avant de soi, et qu’avec une pince également flambée on brise la pointe du tube : l'air rentre dans le ballon, entraînant avec lui les microbes qu’il tient en suspension. Fermons immédiatement la pointe à la lampe et gardons les ballons à 30-400 : les microbes amenés avec l’air se multiplient et altèrent la limpidité du liquide, grâce à quoi il est facile de juger du développement mierobien.

Or, quand on fait cet essai avec une série de ballons, une vingtaine, p. ex., on constate que tous les ballons ne se peuplent pas; il y en. aura 12 qui se troubleront p. ex et 8 qui demeureront limpides, done stériles. C’est donc qu’on peut trouver dans l’atmosphère des volumes dé 300 c. c. qui ne contiennent pas de microbes vivants. Quant aux ballons qui se sont peuplés, ils ne se présentent pas tous avec la même apparence : on en voit où le liquide demeure clair, mais qui se recouvrent d’une pellicule blanchätre ou grisâtre ; on en voit où se distingue un îlot de moisissures, vertes où blanches, gagnant peu à peu en étendue ; on en voit dont toute la masse se trouble, on en voit

enfin qui prennent une coloration nouvelle, etc. Et si on examine au

microscope le contenu d’un de ces ballons, on n’y reconnaît que des germes d’une même espèce. N'est-ce pas là la preuve qu’un seul microbe ou tout au moins que des microbes d’une seule espèce se trouvaient dans les 300 c. c. d’air qui ont pénétré dans le ballon ? Quelques ballons seulement, peu nombreux le plus souvent, renferment plusieurs formes microbiennes.

On a amorcé jadis, à l’aide de cette méthode l’étude des microbes de l’air et notamment établi les règles les plus générales fixant les rapports de leurs nombres dans diverses conditions du milieu.

En général, le nombre des microbes de l’air est d’autant moindre que l’air est plus calme (local clos), que les poussières s’y sont plus longuement déposées et. n’ont pas été remises en suspension par des mouvements imprudents des expérimentateurs, d’autant moindre que l’air est plus sec et plus ensoleillé, d'autant moindre qu’on s'élève plus dans l'atmosphère.

niamination des milieux organiques ne doit être rapportée que pour une le part à l’air ambiant, et que ce sont les poussières déposées sur À les objets divers, sur ou dans les ballons et tubes p. ex., ou l’eau,

: qu'il faut incriminer pour la part prépondérante. Et, s’il est bon. quand on procède aux stérilisations de veiller à éliminer les microbes … de V’air, il importe surtout de s'occuper des microbes des poussières ; il

importe de stériliser surtout les liquides, les instruments, les vases - employés. La pratique chirurgicale, hygiénique et industrielle justifie | ces recommandations suggérées par l’étude des microbes de l’air.

Les eaux renferment des microbes, en quantités extrêmement variables du reste, suivant leur origine et les conditions dans lesquelles elles se trouvent. L’étude des microbes des eaux est du ressort de l'hygiène pratique et se réduit essentiellement à des questions de numération, de détermination ou de stérilisation, c’est-à-dire à des È 2 questions de technique qui ne rentrent pas dans le cadre de cet ou

: 1 de déterminations et de tons. Il nous suffira d’en avoir noté l'existence.

La dissémination des microbes se fait essentiellement par les eaux

a par l’air dans lequel les vents soufflant à la surface du sol et de eaux 4 en suspension les poussières microbiennes, ou les gout-

Le. CHAPITRE II |

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