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vérité, une immunité humorale. Le phagocyte, à coup sûr, accomplit l’acte décisif de l’immunité, qui est la phagocytose, mais ce qui rend, … chez l’immunisé, la phagocytose efficace, alors qu’elle ne l’était pas chez l’animal neuf, ce n’est pas une modification du leucocyte par
limmunisation, c’est une modification du microbe sous l'influence
des humeurs, ayant acquis une propriété nouvelle du fait de l’immu-
nisation. L’immunisation a en conséquence un caractère humoral, Pourtant, n’ajoutons pas que l’immunité est exclusivement propriété humorale et qu’elle n’est nullement propriété cellu'aire. Sans doute, actuellement nous ne possédons pas de documents qui puissent établir sûrement l'existence d’une modification des phagocytes,
ou des organes producteurs de phagocytes dans l’immunisation ;
. mais il convient de réserver l’avenir : les questions posées, non réso-
lues, de tout à l’heure nous y obligent absolument. Nous avons démontré l’existence dans l’immunité acquise d’un élément humoral, et nous avons fait connaître sa nature ; l’avenir nous dira s’il faut lui
adjoindre un élément cellulaire, et, dans l’affirmative, quelle en est
la nature et quelle en est l’importanee.
Nous nous demandions, au début de ce chapitre, si, dans l’immunité antimicrobienne ‘acquise, comme dans l’immunité antitoxique acquise, nous n’avions pas affaire à une propriété humorale nouvelle, si, dans les humeurs des immunisés contre les microbes, nous n’avions. pas une substance antimicrobienne, comme dans les humeurs des immunisés contre les toxines nous avons une substance antitoxique. Nous arrivons à une conclusion qui nous permet de répondre affirmativement, mais avec quelques réserves pourtant. Nous sommes dès lors amenés à établir le parallèle des humeurs de l'animal immunisé contre les toxines et des humeurs de l’animal immunisé contre les microbes, ou, pour préciser le problème en le déterminant, à établir le parallèle des sérums antiloxiques et des sérums antimicrobiens.
Les sérums antitoxiques doivent leur propriété à une antitoxine qui, mise en présence de la toxine correspondante, même en liqueurs très étendues, s’unit à elle pour produire un complexe inoffensif pour l’organisme.
Pour que la neutralisation de la toxine soit assurée par le sérum antitoxique, il suffit que la quantité de ce dernier soit suffisante, mais aucune condition supplémentaire n’est à considérer, au moins dans le cas où la toxine est libre et n’a pas encore atteint les éléments sensibles à son action (pour la toxine fixée sur ces éléments, il convient, nous l’avons noté, de distinguer les cas).
Les sérums antimicrobiens doivent leur propriété à une opsonine qui, mise en présence du microbe, se fixe sur lui pour le rendre phagocytable, mais (nous l’avons expressément noté) sans lui faire perdre sa vitalité et son pouvoir de multiplication, sans lui faire perdre ow
mentale entre les deux dits de sérums : l'action: se | premier à sur la toxine supprime absolument celle-ci ; l’action du second el | microbe ne le supprime pas, elle le rend plus facile à supprimer, ce qui est très différent. En effet, la suppression elle-même, qui est. accomplie par les leucocytes, est fonction des qualités actaello lobes | leucocytes ; or les leucocytes, éléments vivants, sont éminemment variables comme tout ce qui vit : n’avons-nous pas noté ci-dessus, en … faisant l'étude de l’immunité naturelle, que, dans une même phago- > cytose, tous les leucocytes d’une même variété histologique ne se comportent pas de même, ne manifestant pas tous une même activité phagocytaire. Il n’est donc pas absurde de se demander si, dans telle ou telle immunité, cette variabilité possible de l’agent d’exécution qu'est le phagocyte n’influencera pas, au moins parfois, l’acte de la phagocytose, soit pour l’exalter, soit pour l’atténuer.
P. ex., si, chez un malade présentant une infection streptococcique, on injecte du sérum antistreptococcique, les streptocoques infectants sont opsonisés ; mais les leucocytes de l’organisme malade n’ont-ils | pas été modifiés du fait de l’infection, ne sont-ils pas malades, donc - affaiblis ? Et s’il y a insuffisance fonctionnelle des leucocytes, n’en résultera-t-il pas que l’efficacité du traitement sérothérapique sera nulle ou atténuée ? Nous posons la question, sans prétendre du reste la résoudre au point de vue strictement expérimental ; maïs la pratique sérothérapique dans les maladies infectieuses essentiellement microbiennes répond de façon non douteuse : les sérothérapies anti= « microbiennes sont loin d’ avoir l'efficacité des sérothérapies anti= " toxiques. 1
Quelques personnes, prenant en considération les insuccès parfois constatés dans quelques essais de sérothérapie antimicrobienne, ont dénié toute valeur à la sérothérapie en général : c’est là une opinion « inadmissible. Les réflexions présentées ci-dessus permettent de comprendre pourquoi la sérothérapie antimicrobienne n'est pas toujours ; aussi efficace que la sérothérapie antitoxique. de.
Nous savons que maintes infections, pour ne pas dire le plus grand nombre des infections, sont à la fois des infections et des intoxica- K tions, l’élément infectieux dominant ici (fièvre typhoïde p. ex.), l'élément toxique dominant là (choléra p. ex.). Comme pour immu=" niser les animaux, on inocule, sinon toujours au moins souvent, des cultures microbiennes (liquide et microbes), l’immunisation est à» la fois antimicrobienne et antitoxique ; le sérum de l’animal immunisé cst alors à la fois opsonisant et antitoxique. Il importe d’ailleurs | ici, comme dans la préparation des sérums antitoxiques purs, de disposer de liquides renfermant une toxine très active pour que le sérum soitle plus antitoxique possible. On se laisse guider pour la.
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ACER idées Si le sérum doit être surtout antitoxique, 1046 en étant accessoirement antimicrobien, on injecte des microbes sans
doute, mais aussi et surtout des toxines, et on s’applique à préparer
des cultures microbiennes fournissant les toxines les plus puissantes
(soit en utilisant telle race particulièrement toxigène de microbe,
soit en choisissant tel milieu de culture, soit en réalisant telle coudes
tion de développement). Si le sérum doit être essentiellement anti-
microbien, on injecte plus spécialement des corps microbiens, qui
seront, ant les cas, des microbes vivants de races peu pathogènes (vaccins), ou des microbes morts, tués par des moyens qui se seront montrés, à l’essai, les plus convenables. Tout en effet ici est affaire d’empirisme. | Si on injecte dans un organisme malade un sérum antitoxique et antimicrobien, on assurera la neutralisation de la toxine, on opsonisera les microbes : le malade en retirera assurément un bénéfice. Si
- dans l’affection dont il souffre, l'élément toxique prédomine, la séro-
thérapie lui rendra un grand service, d’autant plus grand d’ailleurs que l’élément toxique prédomine davantage. Si l’élément infectieux
prédomine, la sérothérapie rendra encore service en neutralisant la
toxine (et c’est toujours un avantage) et en opsonisant les microbes
- ce qui est en tout cas bénéfice : mais l’essai seul permettra de savoir
si l’opsonisation obtenue est suffisante, non pour améliorer la situa-
tion (ce résultat sera à coup sùr ar uce mais pour sauver le malade,
. ce qui pour le médecin est l’essentiel. | __ L'effet maximum des sérums antimicrobiens est obtenu quand on
BE: les utilise préventivement. Dans ces conditions en effet, ils opsoni-
sent les microbes dès qu ils pénètrent dans Pébgantro: par consé-
quent à un moment où rien n’a encore agi sur les leucocytes pour
les modifier et pour diminuer leur action PRPEUTIERS
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