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Des trois hypothèses que nous formulions, deux disparaissent nécessairement, à la suite de ces observations; une seule demeure : le sérum anlimicrobien renferme une substance capable de modifier le microbe correspondant et de le rendre plus aisément phagocytable. On peut d’ailleurs démontrer directement cette proposition.
Mélangeons du sérum antistreptococcique et des leucocytes lavés, puis. après les avoir laissés en contact 1 h. p. ex., centrifugeons et lavons le dépôt à l’eau salée, pour éliminer totalement le sérum antistreptococcique : les leucocytes ainsi traités montrent vis-à-vis des streptocoques une activité phagocytaire faible. — Mélangeons du sérum antistreptococcique et une culture de streptocoques, puis, après les avoir laissés en contact 1 h. p. ex., centrifugeons et lavons le dépôt microbien à l’eau salée pour éliminer totlement le sérum antistreptococcique : les streptocoques ainsi traités sont très rapidement phagocytés par une suspension de leucocytes (d’origine quelconque, animal neuf, ou animal immunisé) dans l’eau salée. Voilà qui prouve que le sérum antistreptococcique agit sur le microbe pour
Je rendre plus phagocytable et non sur le leucocyte pour le rendre plus phagocytant.
Ces résultats se retrouvent avec la même netteté quand on expérimente avec un microbe quelconque et le sérum antimicrobien correspondant : bacille typhique, bacille pesteux, bactéridie, staphylocoque, vibrions, etc.
Avant de pousser plus loin notre étude, il convient de présenter une remarque. Nous avons toujours employé pour faire l’immunisation et l’essai d’immunité des microbes vivants, capables par conséquent de se multiplier dans l'organisme. Les choses se passent de la même façon si on opère avec des cadavres microbiens (pourvu que les microbes aient été tués de certaine façon, p. ex. par une température relativement peu élevée et non à l’ébullition, ou par telle substance toxique et non par n’importe quelle substance toxique). En exposant la question de l’immunisation active, nous avons vu que parfois on recourt aux microbes morts (choléra, peste, bacille typhique) pour la réaliser : l’immunité ainsi acquise est valable contre le même microbe vivant ; le sérum des animaux ainsi immunisés favorise la phagocytose des microbes vivants et des microbes morts. On a vérifié ces données en particulier pour les staphylocoques tués à 60°, ou pour les bacilles typhiques tués par chauffage à 65°, ou tués par l’éther, tels qu’on les emploie pour la vaccination antityphique.
La propriété des sérums antimicrobiens de favoriser la
re Ta ven LÉ do
phagocytose it dite tou oniqhe. Suivant Lhabitude |
qu'on a prise d'attribuer toutes les propriétés des sérums, et chacune d'elles, à une substance particulière, on a dit que les sérums antimicrobiens contiennent des opsonines.
Nous avons signalé ci-dessus la présence d’opsonines dans le sérum normal, en étudiant l’immunité antimicrobienne naturelle : nous avons vu que des microbes divers, contenus en goutte pendante dans l’eau salée ou dans un liquide de Locke, sont plus rapidement phagocytés par des leucocytes lavés qu’on ajoute au mélange, dans le cas où ce mélange est additionné d’un peu de sérum normal que dans le cas où il n’en contient pas. Nous avons rapporté cette propriété favorisante du sérum à la présence d’une substance que nous avons appe-
lée opsonine. Ces opsonines (qu’on pourrait appeler opsonines nor- males puisqu'elles se trouvent dans le sérum d’animaux normaux}
sont valables pour divers microbes, favorisant aussi bien la phagocytose du bacille typhique que celle du vibrion cholérique, ou de la
bactéridie : elles ne sont donc pas spécifiques (à moins qu’on pré-
tende, ce qui paraît assez peu vraisemblable, que le sérum en renferme un grand nombre, un nombre aussi grand que le nombre des microbes phagocytables). Ces opsonines normales sont détruites par chauffage du sérum 1 h. à 6o°; elles disparaissent assez rapidement d’un sérum aseptiquement conservé au laboratoire.
Dans les sérums d’immunisés, nous retrouvons des opsonines, puisqu'ils favorisent la phagocytose (comme le font les sérums normaux et beaucoup plus que les sérums normaux). Pour rappeler leur origine, nous appelons celles qui existent dans les sérums normaux, opsonines normales et celles qui existent dans les sérums d’immunisés, immunopsonines.
Un sérum d’immunisé est doublement opsonisant : comme tout sérum, il renferme une opsonine normale non spécifique, agissant donc sur un grand nombre de microbes, assez modérément du reste ; mais il renferme en outre une immunopsonine spécifique, agissant sur le seul microbe contre lequel a été réalisée l’immunité du fournisseur de sérum, et agissant très énergiquement (il suffit souvent de très minimes quantités d’immunsérum pour développer l’opsonisation).
Nous avons déjà trouvé dans les immunsérums des précipitines et agglutinines, et des sensibilisatrices (bactésriolye et hématolyse). Doit-on ajouter à la liste de ces
| anticorps un AN alanent, Tobias ou bien cette
opsonine est-elle l’un des anticorps déjà nommés, auquel
serait dévolue une double fonction, p. ex. la fonction agglutinante et la fonction opsonique, ou la fonction sen=
sibilisatrice et la fonction opsonique?
Si on chauffe à 55° un immunsérum, son pouvoir opsonisant spécifique s’affaiblit considérablement (sans pourtant disparaître complètement). Or, à 55° aussi, l’alexine du sérum est détruite. Une idée s'impose : l’alexine du sérum interviendrait-elle dans l'opsonisation? Et cette question
se pose : l’'opsonisalion spécifique, comme la bactériolyse
ou l’hématolyse spécifiques, serait-elle la conséquence de
l'intervention de deux agents, l'un thermostabile, spéci-
fique, n’'existant que dans les immunsérums et non dans les sérums normaux (correspondant à la sensibilisatrice bactériolytique ou hématolytique); l’autre thermolabite (détruit à 55°), existant dans tout sérum, immunsérum et sérum normal, l’alexine ?
Voici un immunsérum possédant un pouvoir opsonisant considérable pour la bactéridie. Nous le chauffons à 55° et vérifions que ce pouvoir est sinon totalement aboli, au moins considérablement atténué. Or il suffit d'ajouter à ce sérum désactivé (au moins presque complètement désactivé) du sérum frais; alexique, pour lui rendre dans sa plénitude son pouvoir opsonisant. Cette réactivation d’un sérum opsonique, désactivé à 55°, par un sérum frais alexique quelconque, c’est l’image exacte de la réactivation d’un sérum bactériolytique ou hématolytique, désactivé à 55°, par un sérum frais quelconque.
L opsonine, comme la bactériolysine ou l’ hématolysine, est donc un agent double, comprenant un élément équivalent à la sensibilisatrice et un élément équivalent à l’alexine.
Poursuivons la comparaison que nous venons d’amorcer entre l’opsonisalion el l’hématolyse ou la bactériolyse :
Nous avons reconnu ci-devant que, dans la bactériolyse et l’hématolysele, microbe ou l’hématie fixent Ia sensibilisatrice, et, par suite, la font disparaître du milieu ambiant. Si, dans un immunsérum chauffé à 99°, nous laissons séjourner pendant quelques heures des microbes
A ddants. : si nous les en os ensuite par centrifugation, la liqueur sérique a perdu sa sensibilisatrice opsonique, car, si nous lui ajoutons du sérum frais alexique, elle n’exerce aucun pouvoir opso-
nique sur des microbes correspondants qu’on y introduirait. Les choses se sont passées comme elles se passent en bactériolyse.
Nous avons reconnu ci-devant que, dans la bactériolyse et l’hématolyse, le microbe ou l’hématie ayant fixé la sensibilisatrice (en sérum désactivé à 55°) présentent la bactériolyse ou l’hématolyse quand on les plonge dans du sérum frais alexique. Si des microbes sont immergés dans un sérum opsonisant correspondant, chauffé à 55°, et si, après un séjour de quelques heures, ils en sont séparés par centrifugation, on constate que, mis en suspension dans un sérum frais alexique quelconque, ils se montrent aussi puissamment phagocytables que s’ils avaient été immergés dans un sérum opsonisant complet. Les choses se sont passées comme elles se passent en bactériolyse.
Nous avons reconnu en bactériolyse et hématolyse que toute cause capable d’enlever à un sérum son alexine (chauffage à 55°, ou toute autre cause) lui enlève son pouvoir bactériolytique ou hématolytique, s’il en possédait quelqu'un, et lui enlève aussi la propriété qu’il possédait de réactiver un sérum bactériolytique ou hématolytique désactivés à 55°, s’il était sérum normal. Nous retrouvons les faits équivalents en opsonisation : il suffira de noter que l’immersion d’hématies
sensibilisées, ou de microbes sensibilisés, ou d’un précipité spécifique
dans un sérum fortement opsonique lui enlève son pouvoir opsonique, et aussi la propriété qu'il avait de réactiver un sérum opsonique désactivé à 55°. Les choses se sont passées comme elles se passent en bactériolyse.
Enfin, en étudiant les diverses humeurs de l'organisme, on a reconnu qu'elles sont de qualité égale pour réactiver un sérum bactériolytique ou hématolytique ou un sérum opsonique désactivés à
59° : les sérums possèdent très nettement cette propriété, les liquides
d’œdème par compression la possèdent très faiblement indiquée ; l'humeur aqueuse ne la possède pas.
L'identité de là bactériolyse et de l’opsonisation est donc absolue, ou plus exactement presque absolue, car il y a une différence : le chauffage à 55° supprime totalement les pouvoirs bactériolytique et hématolytique; il affaiblit considérablement, mais non pas complètement, le pouvoir opsonique. Donc, dans la bactériolyse et dans l’hématolyse, nous n'avions à considérer qu'une action résultant de la fixation de la sensibilisatrice et de la consommation ARTHUS. — MICROB. | 23
d’alexine, tandis que, dans l'opsonisation spécifique, convient de considérer en outre une action complémentaire, dont l'étude n’est ni faite, ni même amorcée. Toute fois, comme dans l’opsonisation spécifique, la part qui revient à la première action est prépondérante (le chauflage à 59° réduisant considérablement le pouvoir opsonique), tandis que la part qui revient à l’action complémentaire est minime; nous ne retiendrons que la première et négligerons la seconde. Dans ces conditions tout au moins, nous allons pouvoir identifier les mécanismes de la bactériolyse, de l’'hématolyse et de l’opsonisation. Dans les trois cas, le microbe ou l’hématie fixe une sen- Sibulisatrice, et, après cette fixation, devient capable de consommer l’alexine. Alors cet élément traduit ses aventures biochimiques (nous entendons par là les actions successives auxquelles il a pris part) soit par un phénomène de = bactériolyse, soit par un phénomène d'hématolyse, soit par cette propriété qu'il présente d’être facilement phagocyté. La sensibilisation spécifique qui conduit à la bactériolyse et la sensibilisation spécifique qui conduit à l’opsonisation sont-elles les mêmes, ou devons-nous en distinguer deux? On ne saurait répondre à cette question de façon > positive et définitive. Mais à quoi bon multiplier le nombre des substances hypothétiques, parmi lesquelles nous évo- luons? N'est-il pas aussi simple d'imaginer qu’il existe __ une seule sensibilisatrice spécifique, car, en vérité, tout __ semble bien se passer comme s'il n'y en avait qu’une. Nous avons reconnu, en étudiant la bactériolyse, que la bactériolyse proprement dite, c'est-à-dire la transformation morphologique du microbe par un immunsérum correspon- dant ne se produit pas toujours : nous l'avons notée pour les vibrions et les spirilles, et vaguement indiquée pour quelques autres microbes; mais elle ne se produit pas pour la bactéridie, le streptocoque, le staphylocoque, le bacille diphtérique et beaucoup d’autres, disons pour la majorité des microbes. Pourtant ces microbes .non bactériolysables ont la propriété de fixer la sensibilisatrice spécifique, quand on les immerge dans l’immunsérum correspondant, et de consommer l'alexine. D'ailleurs, ces microbes ne subissent
dit souvent de fixation) de l’alexine, dont nous nous sommes
occupés jadis, nous apparaîtrait comme une simple
curiosité, une bizarrerie scientifique, si justement il ne se trouvait que le microbe ainsi traité, a acquis la propriété
d'être aisément phagocyté. Voilà qui nous révèle la vraie signification du phénomène de fixation de la sensibilisatrice et de consommation d’alexune : c'est une préparation
à la phagocytose; c'est un acte de défense de l'organisme, c'est un acte d’immunilé. Les autres phénomènes, et
…. notamment la transformation granuleuse des vibrions, ne sont que des accidents, dont nous avons tiré largement profit pour développer nos connaissances et notre technique, mais'ce ne sont que des accidents : ils ne se produisent
que pour quelques microbes particulièrement fragiles et ne jouent pas un rôle nécessaire à l’immunité.
Les immunsérums antimicrobiens présentent ainsi deux qualités essentielles : ils sont agglulinants et opsonisants
(nous ne parlons plus de leur pouvoir bactériolÿytique), Nous venons d'indiquer le rôle capital du pouvoir opsoni-
que dans l’immunité acquise; nous devons nous demander si le pouvoir agglutinant ne remplit pas, lui aussi, un rôle important, ou tout au moins utile.
Il est difficile de répondre à cette question. Les uns ont faitremar- |
quer que tous les sérums d’ animaux immunisés ne sont pas toujours agglutinants : cela prouve que Pagglutination n ’est pas la condition
nécessaire de l’immunité, Les autres ont soutenu l’opinion que l’ag-
glutination est un facteur adjuvant dans l’immunité antimicrobienne et ils citent les faits suivants. À deux animaux de même espèce, inoculons une même quantité d’un même microbe pathogène, soit en suspension homogène dans du bouillon, soit agglutinés par l’immunsérum correspondant ; nous constatons, au moins quand les quantités
de microbes injectés ont été Dnéréisoiiont choisies, que le premier animal meurt, tandis que le second résiste : cela ne prouve pas que …
l’agglutination j joue quelque rôle, car l’immunsérum étant à la fois
agglutinantet opsonique, on ne saurait attribuer à son pouvoir agglutinant une efficacité qui relève peut-être exclusivement de son pou-
| voir opsonique,
anatormadon mnlloique, aucune NA à Fa de leur vitalité ou de leur pouvoir pathogène ; si bien que le phénomène de consommation (ou comme on
LA
En un mot, rien ne permet présentement d'attribuer à l’'agglutination des microbes une importance capitale, où même notable, dans la réalisation de l’immunité. “4
Nous admettrons donc, au moins provisoirement, que
les immunsérums interviennent dans l’immunitlé par leur
pouvoir opsonique. ‘4 Cette conclusion a conduit à rechercher des méthodes pour fixer la grandeur du pouvoir opsonique, élément k exclusif de l’immunité selon les uns, élément fondamental 4 selon les autres, élément important de l’aveu de tous. À
On en a proposé plusieurs, comme il arrive en général quand 3
aucune n’est satisfaisante. À vrai dire, aucun des procédés indiqués ne
- mérite de retenir notre attention : tous sont approximatifs, arbi- FÉ
traires et absolument insuffisants ; tout au plus permettent-ils de distinguer entre des pouvoirs opsoniques très distants les uns des
autres, et en particulier de reconnaître en un sérum un pouvoir opso- 3 noire do : £ P è nique considérable et en un autre un pouvoir opsonique sensiblement " normal. Les résultats sont en tous cas trop incertains et trop peu pré- 1
cis pour rendre d’éminents services au médecin.
Contentons-nous de noter que le pouvoir opsonique (déterminé par l’une ou l’autre des méthodes dont nous disposons actuellement et: désigné par l’un ou l’autre des noms qu’on a imaginés, index phagocylaire, index ou indice opsonique), généralement faible au début des maladies infectieuses aiguës (pneumonie p. ex.), devient plus ou
moins considérable, dépassant très notablement la valeur qu'il pré-
sente chez le sujet normal, au moment de l’établissement de la convalescence (crise de la pneumonie, p. ex.). Son accroissement est assurément le témoin d’une immunité qui s’installe dans l’organisme. É. Get accroissement se produisant dans le cours d’une maladie aiguë annonce une guérison possible, peut-être probable ; se produisant, quand les symptômes cliniques ont déjà permis de parler de conva-
lescence, il confirme, pour l’homme de laboratoire, le pronostic du F clinicien. cr Nous avons parlé (p. 328) de tentatives de vaccinothérapie. Le but F. poursuivi dans cette pratique est d’augmenter le pouvoir phagocytaire + de l’organisme, en augmentant son pouvoir opsonique vis-à-vis du Le microbe qui engendre la maladie du sujet, En injectant des staphy- à locoques tués à 60°, et qui seraient immunisants pour l’animal neuf,
justement parce qu'ils feraient apparaître en ses humeurs une immunopsonine, nous nous proposons d'augmenter le pouvoir opsonique du sérum du malade vis-à-vis des staphylocoques.
En pratique, on constate que l’injection des microbes tués abaisse
nique ne s'élève pas après l’injection ou, tout au moins, ne dépasse pas la valeur qu’il avait avant l’injection : la vaccinothérapie n’a pas
‘une partie des phagocytes qui eussent rendu service en s’attaquant à
un ; puis deux cas peuvent se sure 10 Tantôt 1e pouvoir opso-
eu l’efficacité escomptée, tout au contraire. 2° Tantôt le pouvoir opsonique, temporairement abaïssé, s’élève, dépasse la valeur qu'il ayait avant le traitement : la vaccinothérapie a répondu aux espérances qu’on avait mises en elle.
D'une façon générale, la vaccinothérapie est inefficace ou désayan: tageuse quand les doses de microbes tués qu’on injecte sont grandes ; elle est efficace et salutaire quand les doses sont petites, sans qu’il soit possible à priori de définir exactement les termes grandes et petites.
Dans les cas où la vaccinothérapie est acceptable, il convient d’injecter de très petites doses de microbes tués, d’examiner, au moins approximativement, l’effet de cette première injection sur la puissance opsonique du sang (aussi bien que le permettent les médiocres méthodes actuelles) et, selon qu’on a observé un résultat favorable ou défavorable, d’insister sur le traitement en augmentant lentement et progressivement la dose, ou d’y renoncer. EL En tous cas, la vaccinothérapie est singulièrement délicate à manier : 1° parce qu’elle risque d’abaisser la puissance opsonique du sérum, au moins temporairement (ce qui serait désastreux dans le cas d’une maladie microbienne aiguë, ce qui n’est supportable que dans le cas d’une maladie microbienne traïînante et de faible gravité); 2° parce qu’elle risque de détourner vers le nouveau foyer d’infection
aux microbes vivants de l’infection naturelle.
De tout ce qui précède, il résulte que les immunsérums renferment une sensibilisatrice capable de s'unir au microbe correspondant pour le rendre apte à consommer … l'aléxine sérique et que, par là, le microbe étant devenu aisément phagocytable, l'immunité est assurée. |
Mais cela ne liquide pas le problème de l’immunité acquise : bien des questions restent posées dont nous n’avons pas obtenu la réponse. |
Dans la phagocytose, il y a lieu de distinguer 3 phases, l'affluz leucocytaire, Vl’englobement microbien et la bactériolyse intraleucocylaire. Ÿ
Chez les animaux immunisès activement ou passivement M d’un microbe, l’afflux leucocytaire est plus précoce et plus considé-
| “able à due hu it animaux out : nous avons A que la eau
en résidait dans le microbe impressionné par l’opsonine. Mais l’effe produit, à savoir la venue des leucocytes, résulte-t-il de la neutralisation dans les microbes impressionnés d’une substance douée de propriétés chimiotactiques négatives vis-à-vis des phagocytes, .ou bien de la production par les microbes impressionnés d’une substance douée de propriétés chimiotactiques positives vis-à-vis des leucocytes ? Questions posées, non résolues.
Chez les animaux immunisés activement ou passivement contre un
microbe, les microbes correspondants sont englobés presque instan- tanément et en grand nombre par les leucocytes veuus à leur voisinage, tandis que, chez les animaux non immunisés, l’englobement se
fait plus lentement et à coup sûr moins abondamment. S'agit-il là
d’une propriété physique du microbe impressionné, apte dès lors à
s’accoler aux leucocytes plus intimement, en vertu de quelque viscosité acquise sous l’influence des opsonines ? S'agit-il de quelque suractivité des mouvements amiboïdes des leucocytes, provoqués plus vigoureusement par le microbe impressionné que par le microbe nu- Iturel ? Questions posées, non résolues.
Chez les animaux immunisés activement ou passivement vis-à-vis d’un microbe, les éléments englobés sont détruits dans le protoplasma ‘leucocytaire comme s’ils étaient désagrégés et dissous en quelque digestion interne plus rapidement qu'ils ne le seraient par les leucocytes
chez un animal neuf. Le fait ne saurait être contesté : les observateurs l'ont décrit avec netteté. Mais quelle est la cause de cette suractivité “digestive du leucocyte ? Ce n’est pas le leucocyte lui-même qui est
modifié dans l’immunité acquise, nous l’avons constaté dans les essais de phagocytose in vitro, en dehors de la présence des sérums ou des immunsérums. Mais doit-on rapporter le fait à ce que le microbe impressionné par l’opsonine est plus aisément attaqué par les liquides digestifs du protoplasma leucocytaire, ou doit-on le rapporter à ce que ces liquides digestifs intraleucocytaires seraient sécrétés plus abondants ou plus actifs sous l’influence du microbe impressionné que sous l’influence du microbe brut ? Questions posées, non résolues.
Et puis, nous avons bien constaté que les leucocytes de l’animal immunisé semblent être en tout semblables aux leucocytes de l’animal neuf, mais est-ce à dire que l’immunisation, au moins l’immu- ‘nisation active, n’a modifié que les humeurs (en augmentant consi-
-dérablement leur pouvoir opsonique par l’adjonction, au pouvoir opsonique non spécifique normal, de ce pouvoir opsonique spécifique,
qui est si fort supérieur à l’autre, qu’on est autorisé à ne tenir compte que de lui) et qu’elle n’a pas exalté le pouvoir leucocytogénérateur des organes dont les phagocytes proviennent. Cesu posées, non résolues. és
APTE VERTE & ‘cu Va TOR
“ ta “ re Le CE Ke K:
Et puis, d’où provient la sensibilisatrice, qui est l'élément spéci-
fique de l’opsonine ? Se produit-elle dans le sérum du fait d’une
transformation chimique qu’y subirait quelque élément du proto- - plasma microbien, ou bien se produit-elle comme une sécrétion de
quelque cellule de l’organisme, leucocyte ou autre, à déterminer, auquel cas l’immunisation aurait produit une modification de ce générateur d’opsonine ? Questions posées, non résolues.
Etnous n’avons pas épuisé la liste de ces mystérieuses questions,
que nous pouvons poser, qu’on résoudra sans doute quelque jour en …
usant d’ingénieux artifices, mais qu’on n’a pas résolues actuellement. Ë
Le problème du mécanisme de l’immunité acquise avait été posé, il y a un certain nombre d’années sous cette
forme : l’immunité acquise est-elle propriélé humorale, est-elle propriété cellulaire? On entendait par là : l’im-
munité acquise résulte-t-elle d'une propriété nouvelle
acquise par les humeurs de l'organisme immunisé du fait de l’immunisation, grâce à laquelle les microbes seraient tués par les humeurs, ou ne sauraient se développer dans les humeurs d’immunisés? — ou bien l’immunité acquise résulte-t-elle d'une propriété phagocytaire des leucocytes et autres cellules équivalentes, indépendamment de toute
modification du milieu, propriété phagocytaire que l’immunisation aurait fait apparaître, ou plus probablement
aurait considérablement exaltée ?
Les parlisans de la première hypothèse, d’ailleurs, ne contestaient pas que les leucocytes sont aptes à phagocyter : les microbes dans l'organisme immunisé, mais ils estimaient que la phagocytose n'est pas l’acte essentiel de la
défense organique, car, d’après eux, elle ne se produit
qu'après que les microbes ont été tués par les humeurs:
elle correspondait simplement à l’inhumation de cadavres.
Les partisans de la seconde hypothèse ne contestaient
pas que les humeurs sont parfois bactéricides; mais ils
estimaient que ce pouvoir bactéricide (qui ne se présente 4 a
pas dans toutes les immunisations, ni dans toutes les régions du corps où peut pénétrer le microbe) est lié à la
destruction ou à l’altération préalable des leucocytes, | s comme si ceux-ci exsudaient dans le milieu ambiant(dans
les conditions spéciales que vient de créer l’inoculation
E dtobignue) les tra chimiques Soin lemen à con
les phagocytes.
Les deux conceptions étaient srréductibles.
La première hypothèse était basée sur quelques observations, des-. quelles il résulte que, dans quelques circonstances tout au moins *
(introduction intrapéritonéale du microbe) et pour quelques microbes (vibrion cholérique p. ex.), les microbes inoculés subissent dans l’organisme de l’animal immunisé une destruction très nette, qu’on a appelée bactériolyse. — Nous avons démontré que cette conception n’est pas généralisable, la bactériolyse ne se produisant que pour quelques microbes, et non pour tous les microbes ; la bactériolyse
des microbes bactériolysables ne se produisant d’ailleurs pas dans.
toutes les régions du corps. Et pourtant l’immunité existe même
pour les microbes non bactériolysables, et s’il s’agit, de microbes bac-
-tériolysables, même s’ils sont inoculés en une région où la bactériolyse ne se produit pas.
La seconde hypothèse était basée sur des observations desquelles il . résulte : 1° que la phagocytose des microbes inoculés est plus rapide
et plus complète chez l’animal immunisé que chez l’animal neuf ; — 2° que toute condition favorisant la phagocytose assure l’immunité, tandis que toute condition diminuant, ou supprimant la phagocytose supprime l’immunité ; — 3° que, dans le cas où il s’agit de microbes bactériolysables et de régions où peut s’accomplir la bactériolyse, ül est possible de réaliser telle condition expérimentale dans laquelle la phagocytose se produit avant la bactériolyse, ce qui établit (étant donné qu’en pareil cas l’immunité persiste) que l’immunité n’est pas liée à la bactériolyse préphagocytaire ou extraleucocytaire. — Nous avons démôntré que cette conception n’est que partiellement exacte : nous avons établi que les phagocytes de l’animal immunisé sont équivalents aux phagocytes de l’animal neuf, quand ils sont placés dans le même milieu qu'eux, que ce milieu soit de l’eau salée, ou du liquide de Locke, qu'il soit du sérum normal ou du sérum d’immunisé. Nous avons démontré en outre que l’immunité acquise peut être transportée de l’animal activement immunisé à un Nr: neuf par injection du sérum du premier au second.
Des faits que nous avons exposés, il résulte qu’il y a dans l’immunité acquise une modification humorale. Cette modification n’est d’ailleurs pas celle qu’avaient proclamée jadis les partisans de la première hypothèse ; elle ne consiste pas en l'apparition d'un pouvoir bactéricide, mais dans l’apparition d’un pouvoir opsonique. Et c’est là, en
dans leur protoplasma et qui assurent la désagrégation et la digestion des microbes quand ils ont été englobés dans