‹ Précis de physiologie microbienneChapitre 45 sur 145 · LES TOXINES MI CROBIEN NES · texte numérisé non relu

LES TOXINES MI CROBIEN NES

“. nous ajoutons que nous ne connaissons pas plus la nalure de la loxine létanique, que nous n’avons jamais pu isoler et préparer pure, que la nature des diastases que nous n'avons obtenues que mélangées à des impuretés ; si nous ajoutons que nous ne connaissons la toxine, comme nous ne connaissons les diastases, que par leurs actions, -. actions pathologiques pour la première, actions chimiques pour les secondes, — nous sommes amenés à rapprocher intimement toxine et diastases, et, pour bien marquer ce rapprochement, à énoncer des propositions telles que celles-ci : les toxines sont les diastases de la pathologie microbienne, comme les diastases sont les toxines de la chimie, ou encore et tout simplement : les {oxines sont des diastases.

Et pour appuyer cette conclusion (que des esprits simplistes, comme il y en a tant, trouvent pleinement satisfaisante, pour ne pas dire enthousiasmante), nous pourrions encore faire un rapprochement entre toxine et diastases. Les diastases en quantité infiniment petite sont capables de produire des transformations chimiques, pondéralement infiniment grandes. Or les {toxines peuvent, en quantité infiniment pelile, produire des accidents infiniment … graves, et faire passer de vie à trépas un poids infiniment grand de matière vivante, c’est-à-dire imposer une trans- À formation biologique à une masse de matière vivante infi- - finiment grande par rapport à la leur.

rent, bi à

qu

s: Voici, p. ex. une liqueur tétanotoxique, qui tue à la dose de … 1/800 c.c. un cobaye de 400 gr. en 2 jours 1/2. Or 1 c.c. de cette liqueur laisse un résidu sec de o gr. 040, dans lequel il n’y a pas plus de o gr. 025 de matière organique. Admettons que cette matière organique soit de la toxine (ce qui est manifestement très exagéré);

il suffirait donc de ogr. 5 X D ou Ogr. 000031 pour tuer

à I , …. oo gr. de cobaye ou 0,000031 res soit O gr. 00000008 pour k 00

tuer 1 gr. de cobaye. Le rapport des poids de substance active et de à substance tuée est donc comme le rapport des nombres 0,000 000 08 fe et x soit environ 1/12 000 000. Si l’on opérait sur le cheval, au lieu 1 … d'opérer sur la souris, on trouverait pour ce même rapport la valeur

:/500000000. On est donc autorisé à opposer l’infinie petitesse

substance vivante qu’elle peut tuer.

Et pourtant, nous nous garderons bien de faire de la

toxine tétanique une diastase, et voici pourquoi.

Les diastases sont des agents de transformations chimiques. Je ne sache pas qu'on ait démontré que la toxine soit un agent de transformation chimique. Il est possible

qu'elle le soit; mais énoncer une telle proposition présente- ment c'est énoncer une hypothèse, non une vérité scienti- - fique.

Les diastases ne se détruisent pas en agissant ; on les retrouve identiques à elles-mêmes qualitativement et quantitativement dans les milieux où elles ont agi : on l’a démontré, sinon dans tous les cas, au moins dans un certain nombre de cas, pour lesquels la démonstration ne se heurte pas à des obstacles insurmontables ; sinon de façon rigoureuse mathématiquement parlant, au moins de façon suffisamment approchée pour que notre conviction soit

absolue. Je ne sache pas que quelqu'un ait établi que la.

toxine tétanique ne disparaît pas en agissant. Tout au contraire, on a démontré qu'elle se fixe sur les éléments anatomiques du système nerveux central (dont justement elle modifie le fonctionnement) et qu’une fois fixée par eux, elle est inapte à produire des accidents, si on l'introduit, ainsi retenue, dans l'organisme d’un animal neuf. N'est-on pas autorisé par là à dire que, tout au contraire des diastases, la toxine s'épuise en agissant?

= N'insistons pas, et concluons : les {oxines ont maintes propriétés de diastases, mais elles ne sont pas des diastases. J'ai proposé autrefois de séparer nettement les toxines des diastases et d'en faire des enzymoïdes (on pourrait dire aussi des diaslasoïdes, comme on sépare les globulines de l’albumine, en en faisant des albuminoïdes, afin, tout en les séparant, de rappeler leurs analogies.

Jusqu'ici nous nous sommes exclusivement occupés du tétanos expérimental engendré par l'injection d’une culture pure de bacille tétanique, filtrée ou non filtrée : ce tétanos expérimental est exclusivememt une intoxication.

4 la din de toxine à l'infinie Re Fe la quantité æ. *

+ T> 408 ice UT ES RS

“ik dut:

AE ST © ER T: y L

PMR PE DE IE tee SE VEN SE UE Et

| En es de même du Hétande spontané à l’homme et des animaux ?

Chez le tétanique, nous l'avons noté, le bacille se rencontre exclusivement dans les tissus de la plaie tétanigène. On peut, au contraire, reconnaître la présence de la toxine télanique dans le sang circulant : il suffit d’en retirer une petite quantité qu'on inoculera (ou dont on inoculera le sérum) à la souris; un tétanos mortel se développera. D'où l’on peut conclure que, dans le tétanos spontané de l’homme, il y a enfection locale (microbe exclusivement

dans la plaie) et intoxication générale (toxine dans le

sang, donc dans tous les organes).

Quand on procède à la recherche de la toxine dans les divers organes et tissus de l’animal ayant reçu une injection de culture tétanique en quelque région du corps, on la trouve dans le sang (on la manifeste par l’action tétanigène qu'elle peut exercer sur une souris à laquelle on l'injecte) et dans tous les tissus (débarrassés de leur sang),

sauf dans la moelle et dans l’encéphale. Or c’est justement la moelle et accessoirement l’encéphale qui, chez le téta-

nique, présentent des troubles fonctionnels.

On a été par là conduit à se demander si les éléments.

anatomiques sensibles à l’action de la toxine fixent, retiennent, masquent ou détruisent la toxine qui agit sur eux, ou

encore si quelque substance du protoplasma de l’élément

sensible s’unit à la toxine, pour former avec elle une com-

binaison, ou tout au moins un complexe (car complexe ne. comporte pas nécessairement l’idée d’une combinaison.

chimique et rien ne permet ici de parler de combinaison chimique), qui ne présente plus les propriétés de la toxine qu il renferme ; cette formation d’un complexe ayant d'autre part comme conséquence une modification des propriétés du protoplasma correspondant.

Cette hypothèse peut recevoir un commencement de démonstration dans le cas de la toxine tétanique et des éléments du système nerveux central. Préparons une émulsion de cerveau de cobaye et mélangeons-là à une liqueur tétanotoxique, puis injectons à une série de cobayes des quantités croissantes de ce mélange. On constate que la

toxicité de la one a été très tr nOR datioée par . suite de l'addition d’émulsion cérébrale, qu’elle a été ré-

duite, par exemple, dans la proportion de 10 à 1. Les choses se sont passées comme si la matière cérébrale avait fixé sur soi la toxine et par là l’avait partiellement neutralisée.

Une digression s'impose ici. Nous avons noté ci-dessus que l'inoculation d’une culture tétanique très jeune (moins de 48 h.), faite dans des conditions excluant l'introduction de toxine lors de l'ensemencement, ne produit généralement pas d'accidents chez l'animal inoculé. Et cela, avonsnous dit, parce que cette culture jeune ne renferme pas encore de toxine, et parce que le microbe tétanique disparaîit rapidement au point d'injection. Fort bien, mais alors comment se fait-il que le bacille tétanique introduit en une plaie anfractueuse et irrégulière avec les produits divers qui l'ont souillée, s'y développe, y sécrète ses toxines et provoque le tétanos et la mort ? Entre ces deux groupes de faits, n'y a-t-il pas une choquante opposition ?

Il convient de relever une différence entre l’inoculation expérimentale du bacille tétanique et l'infection traumatique et accidentelle : dans le premier cas, nous n'introduisons dans l'organisme que le bacille tétanique ; dans le second, la plaie est souillée de multiples bactéries. Ne pourrait-on supposer que c'est, grâce à la présence dans la plaie de ces bactéries ad jointes, que le bacille tétanique peut vivre, se multiplier, fabriquer des toxines et provoquer le tétanos ?

Cette hypothèse se justifie expérimentalement. Inoculons sous la peau du cobaye ou de la souris une culture mixte contenant le bacille tétanique sans toxine (culture de 48 h. au maximum, et pour la réalisation de laquelle on a pris des dispositions convenables pour ne pas introduire de toxine lors de l’ensemencement), et un nicRo ES associé convenablement choisi, un staphylocoque p. ex. : le tétanos se développe, alors qu'il ne se fût pas développé en l'absence du staphylocoque ; la mort se produit et à l’au topsie on trouve dans la zone d'’inoculation de très nombreux bacilles tétaniques (avec de nombreux staphylocoques), alors qu’on eut eu peine à en trouver quelques

Mn Al rer

MTS ARE NE te * ps CUT on à

AU PR TC ARRET SR Li Pa Nes De

LR

rares en l'absence du staphylocoque ; parfois même, on retrouve le bacille tétanique dans le sang et dans les tissus, alors qu'on ne l'y trouve jamais quand il n’y à da eu de microbe adjoint.

Nous avons précédemment parlé d'infections mirtes, dans lesquelles deux microbes pathogènes vivent côte à côte, travaillant chacun pour soi, participant chacun pour son compte à la production de troubles, qui s’unissent et se combinent pour représenter la sy mptomatolegit de l’infection mixte. Dans l'infection slaphyloco-tétanique, nous avons aussi une infection mixte, mais qui a un caractère spécial, et c’est

que l’un des microbes agents de cette infection mixte ne peut rem-

plir son rôle pathogène que grâce à la présence de son associé. N’eston pas autorisé, en pareil cas, à parler de symbiose des deux espèces microbiennes ? Ce rôle de l’associé du microbe tétanique est encore pr frappant quand au lieu d’être un staphylocoque (pathogène), c’est tout simplement un ReroRe banal, parfaitement inoffensif luimême.

Nous ne chercherons pas à interpréter ces faits remar-

quables pour le moment ; nous nous bornerons à les enre- AD.

gistrer. Ils écartent la choquante opposition apparente que nous signalions ci-dessus, et cela nous suffit actuellement.

— L'histoire de la {oxine diphlérique est assez exactement calquée sur celle de la toxine tétanique.

Faisons une culture pure de bacille diphtérique sur bouillon de bœuf peptoné à 2 °/,, légèrement alcalinisé, largement exposé à l’air stérilisé et renouvelé, maintenu à 34° pendant une semaine. Filtrons sur porcelaine dégourdie pour éliminer les microbes; nous obtenons une liqueur diphtérotoæique, et nous rapportons ses propriétés toxiques à la tomine diphtérique qu’elle contient.

L'inoculation de la liqueur diphtérotoxique produit les mêmes accidents que l’inoculation de la culture totale. Injectons sous la peau de cobayes soit 1 c. c. de culture totale, soit 1 c. c. de liquide de culture filtré : dans les deux cas, après une période d’incubation de 12 à 2h h., les accidents éclatent, prostration du sujet, respiration haletante, etc., et la mort survient au bout de 2 à 3 jours; — dans les deux cas, à l’autopsie, on trouve au point d’inoculation un œdème gélatineux et une sorte d’enduit semi-membraneux grisâtre, les ganglions lymphatiques correspondant à la zone d’inoculation sont gon-

ASE

à DS tan Fer. à

un exsudat séreux ou séro-sanguinolent, elc.

La culture totale ou la culture filtrée se comportent aussi semblable façon chez le lapin : si on en injecte 1 c. c. p. ex., la mort

survient en une soixantaine d'heures, et à l’autopsie, on relève Ja

congestion viscérale, le gonflement ganglionnaire, des altérations

rénales, etc. Si la culture inoculée est très vieille, les accidents généraux graves ne se produisent généralement pas pour cette dose de 1 C. c.; le lapin survit ; mais tardivement on voit s'établir, sinon toujours, au moins parfois, des paralysies débutant par le train postérieur de l’animal et envahissant peu à peu l’entière musculature du corps, et cela aussi bien avec la culture filtrée qu'avec la culture totale,

Peut-être convient-il de faire une petite réserve sur l’identité pathologique absolue des deux cultures, non filtrée et filtrée. Quand on badigeonne la muqueuse trachéale avec la culture totale, on provoque la formation de fausses membranes très nettes ; quand on fait le même badigeonnage avec la culture filtrée, il ne semble pas (à

© lire attentivement les travaux des expéiitabntsiaut qu’on y réussisse

aussi bien. Mais qu'importe : si l’un des symptômes de la diphtérie bacillaire est moins net dans la diphtérie toxique, cela ne prouve pas que la diphtérie ne soit pas une intoxication, mais simplement qu’à l’intoxication diphtérique, qui est presque tout, s'ajoute un élément supplémentaire, qui relève de l'infection, c’est-à-dire de la présence du microbe. Si cette conception est juste, nous devons considérer la diphtérie comme représentant le premier anneau de la chaîne qui

réunit la maladie du type intoxication pure (tétanos p. ex.) à la’

maladie du type infection pure, les anneaux successifs de la chaîne étant représentés par une série de maladies, dans lesquelles l'élément toxique perd de plus en plus de sa valeur, tandis que l'élément infectieux prend une importance de plus en plus grande. Mais ce sont là des questions de détail, en ce qui concerne la diphtérie. D’une façon générale les deux cultures non filtrée et filtrée sont pathologiquement équivalentes : aïnsi encore si on inocule sous: la peau, dans le péritoine ou dans les muscles du rat ou de la souris soit la culture diphtérique totale, soit la culture filtrée, on ne provoque aucune espèce d’accidents, même si la dose injectée est considérable : l’analogie est négative, sans doute, dans ce cas, mais ily & analogie. Cet intéressant essai, notons-le en passant, nous offre un premier exemple d’immunité naturelle contre le microbe et contre sa toxine, ou plus exactement et pour ne pas s’écarter des faits observés, contre la culture totale et contre la culture filtrée. La toxicité des liqueurs diphtérotoxiques, ou cultures filtrées est

‘sé foriement congestionnés, les rase et le re re contiennent s

We

RES Rite Mac "

- éminemment se 5 Ale ons dl + race du bacille diphté-

rique, de la composition du milieu, de la température et de la durée de la culture ; elle varie selon l'espèce animale employée pour les essais.

Ajoutons que si l'injection de la liqueur diphtérotoxique sous la peau, dans les muscles, dans le péritoine ou dans les veines produit une maladie grave, mortelté si la dose est suffisante, l’ingestion de cette liqueur est totalement inoffensive. Et cette observation est vraie pour toutes les toxines microbiennes ou plus exactement pour presque toutes : elles n’agissent que par voie parentérale (c’est-à-dire par voie autre que la voie digestive).

La toxine diphtérique est profondément altérée à ro0°, et l’on

peut injecter dans les veines du lapin 30 à 4o c. c. de liquide diph-

térotoxique porté à 100° pendant 1/2 h., sans provoquer d’accidents graves, alors qu'il suffisait de 1 c. c. du même liquide non chauffé pour tuer le lapin en 3 jours. Il suffit même de chauffer la liqueur toxique à 70° pour la rendre inoffensive ; déjà elle est fortement atténuée si on la maintient 2 h. à 60°.

En cela la toxine diphtérique ne diffère pas de la toxine tétanique. Il y a pourtant entre elles une différence. La toxine tétanique sou-

mise à l’action de la température de 100° ou même de 650 est tota-

lement détruite et devient absolument inoffensive pour les animaux. La toxine diphtérique chauffée à 100° ne produit plus sans doute les accidents graves qu’engendre Ja toxine non chauffée et la mort; mais elle n’est pas rigoureusement inoffensive : on constate en effet, si on en injecte de fortes doses chez le lapin, que l’animal présente dans la

suite sinon toujours, au moins parfois, des paralysies surtout locali-

sées dans les membres postérieurs, et le plus souvent une cachexie progressive qui conduit l’animal à la mort en quelques mois. Ces faits conduisent à dissocier, légitimement semble-t-il, dans l’action toxique

du liquide diphtérique plusieurs actions distinctes, ou comme on dit

quelquefois à distinguer plusieurs toxines dans la toxine diphtérique. Nous pourrions établir que la toxine diphtérique, comme la toxine tétanique, soluble dans l’eau est insoluble dans l’alcool fort, et pré-

cipitée de sa solution aqueuse par l’alcool fort, ajouté’ en quantité

suffisante pour que le mélange en contienne 80 °/,. Les deux toxines sont d’ailleurs beaucoup moins résistantes vis-à-vis de l'alcool fort que ne le sont les diastases ; ces dernières ne s’altèrent pas à son contact même prolongé, les toxines s’y atténuent assez rapidement et finissent par s’y détruire.

Aussi vaut-il mieux séparer la toxine diphtérique du liquide de’

culture filtrée en l’entraïînant dans le précipité floconneux de phosphate tricalcique, qu’on y peut produire en ajoutant du phosphate trisodique à 1 °/, et de chlorure de calcium à 1 °/0.

2 cgr. de ce précipité. Hé le mt meurt en A de Or ces 2 cgr. de précipité ne contiennent pas plus de o mgr. 2 de ma-

tière organique. Si nous admettons que cette matière organique n’èst que de la toxine, ce qui est exagéré, nous constaterons que o mgr. 2 de toxine tuent 400 gr. de cobaye, c’est-à-dire une quantité 20000000 de fois plus grande. Ainsi ressort, pour cette toxine, la disproportion déjà notée pour la toxine tétanique.

” Dans cette expérience, un détail frappe l’observateur : les granulations phosphatiques chargées de toxine se recouvrent quand on les introduit dans le tissu sous-cutané d’un dépôt fibrineux riche en leucocytes ayant de manifestes analogies avec les fausses membranes diphtériques. Voilà qui achève le parallèle que nous tracions ci-dessus des deux cultures, la culture non filtrée et la culture filtrée : la condition requise pour que se forment les fausses membranes est la présence d’un élément solide, le microbe dans la diphtérie spontanée ou engendrée par la culture totale, le grain de phosphate dans le cas présent.

Quand nous aurons constaté que la toxine diphtérique peut dialyser, modérément du reste ; quand nous aurons reconnu qu'elle peut

être ingérée en quantité considérable sans provoquer d’accidents 8 q q ;

nous connaîtrons les principaux faits de son histoire. Il est relativement facile de démontrer que cette loxine se produit

dans les diphtéries spontanées de l’homme, et diffuse dans l’organisme

du malade. En effet, l'extrait aqueux de fausses membranes diphté-

- riques débarrassé de microbes par filtration est toxique pour le cobaye

et pour le lapin et détermine, chez ce dernier, ces paralysies tardives si caractéristiques de la diphtérie de cet animal. La toxine existe dans les tissus des diphtériques : en prélevant, à l’autopsie, des tissus divers, du tissu splénique p. ex., et en préparant leur extrait aqueux, on constate que celui-ci détermine les accidents diphtériques et

notamment les paralysies tardives quand on l’injecte aux lapins.

La diphtérie, comme le tétanos, est donc une intoxication ; le bacille n'intervient (réserve faite pour les fausses membranes) que comme producteur de toxine.

— Voici un troisième exemple de toxine microbienne, que nous traiterons sommairement pour ne pas trop nous répéter, et parce que son étude n’a pas été poussée à fond. Parmi les dysenteries cliniquement définies, on distingue les dysenteries des pays tropicaux ou amibiennes (qu’on considère comme des infections par l’Amæba histolytica) et les dysenteries des pays tempérés ou bacillaires qui sont des infections produites par un bacille, appelé bacille dysentérique où bacille de Shiga-Kruse. C’est un bacille présentant des analogies avec le bacille typhique, mais qu’on en peut nettement distinguer.

Page 1