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CHAPITRE VII

LES PROTÉINES TOXIQUES ET LES VENINS

SOMMAIRE. — L'intoxication peptonique ou protéosique du chien ; la crise d'intoxication peptonique : la chute de pression et ses caractères essentiels, l’anurie, l’incoagulabilité du sang de peptone. — L’intoxication peptonique n’est pas due aux impuretés de la peptone, — Les extraits d'organes et les conséquences de leur injection intraveimeuse chez le chien ; la crise toxique et ses caractères ; sa ressemblance avec la crise d'intoxication peptonique. — Une différence : action coagulante in vivo et in vitro des extraits d’orgames. — La nucléoprotéide des extraits d'organes. — Variabilité des symptomatologies protéotoxiques. — Les sérums toxiques en général et le sérum d’anguille en particulier : accidents consécutifs à son injection intraveineuse. — L’ichtyotoxine est la sérumalbumine. — Des symptômes complémentaires de l’intoxication par le sérum d’anguille : actions caustique, hématolytique, cachectisante. — Le sérum d’anguille, terme de passage des protéines toxiques aux toxines microbiennes. — Etudes sur le lapin. — La peptone inoffensive pour le lapin : immunité peptonique du lapin; poisons chimiques et poisons protéiques. — Injections d'extraits d'organes dans les veines du lapin : confrontation des résultats de ces injections chez le chien et chez le lapin; la question d’espèce animale. — Protéotoxies ou intoxications protéiques.

Vue d’ensémble sur les venins. — Injections intraveineuses ou plus généralement parentérales. — Venins protéotoxiques et venins mixtes. — Injections de venin de Crotalus adamanteus, et conséquences de ces injections selon la dose; venin protéotoxique type sérum d’anguille. — Venin de Vipera Russelii protéotoxique el coagulant, venin coagulant type extrait d'organes. — Venin de vipère, venin d'abeille, — Venin de cobra et ses caraclères protéoloxiques ; cobraisation et ses manifestations successives, — Venin de cobr4 et curare ; cobraïsation et curarisation. — Action anticoagulante du venin de cobra. — Les venins australiens curarisants et coagulants type extrait d'organes. — Les venins coagi8ants type thrombine : venins de bothrops et de cascavel ; cas du venin de Crotalus adamanteus : toxicologie et zoologie.

| L' iNeGrioN intraveineuse de DEAR ou de pro | (peptone de Witte, p. -ex.) détermine, chez le chien des accidents multiples, dont les principaux sont la chute 2 de pression artérielle et l’anurie, l'incoagulabilité du sang, un élat de stupeur profonde et la résolution musculaire,

une production surabondante de lymphe, etc.

Si on injecte 5 cgr. de peptone de Witte par kgr. de chien (en solution à 10 °/, dans l’eau salée à 1 °/,), la crise éclate 1/2 à 3/4 de min. après l’injection : le chien émet des matières fécales, s’agite, pousse des cris sourds pendant quelques instants, puis, après une courte période de calme, il tombe sur le flanc, et durant 8 à 10 min. reste couché, faisant, surtout au début, quelques profondes inspirations. De 12 à 15 min. après l'injection, le chien se remet sur pattes, et, presque aussitôt, commence à courir: la crise est passée.

Si on injecte 30 cgr. de peptone par kgr. de chien, la période d’excitation est plus précoce ; elle débute 20 sec. après l'injection : on note des évacuations fécales, des efforts de vomissement et des vomissements ; puis, très rapidement, l’animal tombe inerte sur le flanc, la tête pendante, les yeux ouverts, le réflexe oculo-palpébral, et plus généralement tous les réflexes conservés, la respiration régulière, mais coupée de temps en temps par des inspirations profondes. Puis lentement le chien revient progressivement à l’état normal ; après quelques heures, tout a disparu.

L'injection intraveineuse de peptone provoque une chute de la pression artérielle dont la grandeur et la durée dépendent essentiellement de la roues de peptone injectée.

Si, p. ex., on injecte dans les veines 30 cgr. de peptone par kgr., la dépression est précoce (10 à 15 sec. après l’injection) et très brusque (le minimum est atteint 10 à 15 sec. après le commencement de la ses chute) ; elle est considérable (elle tombe de 120-150 mm. de mer- __ cure à 20-10 mm.). Elle se maintient plus ou moins longtemps . (t/2h., x h. au plus) à ce minimum, puis remonte lentement, mais sans arrêt, pour recouvrer tardivement (quelques heures après l’injection) sa primitive valeur. Les oscillations cardiaques de la pression artérielle, généralement très étendues chez le chien normal, s’atténuent parfois jusqu’à disparaître en cours d’intoxication peptonique, puis réapparaissent et s’accentuent à mesure que la pression remonte vers sa valeur normale. Le rythme cardiaque n’a pas été modifié.

LES PROTÉINES TOXIQUES ET LES VENINS

Si Ja dose injecté n’est que de 5 cgr. de peptone par kgr. la dé- pression est plus tardive (25-30 sec. après l'injection), moins brusque je (le minimum n’est atteint que 1 1/2 à 2 min. après le début) moins profonde (le minimum sera p. ex. de 40 mm. de mercure) et moins

durable (la pression remontera p. ex. à partir de la 4° min., et déjà 15 à 20 min. après l'injection, elle aura recouvré sa valeur normale). On note encore l’atténuation temporaire des oscillations cardiaques de la pression; on constate la conservation parfaite du rythme du cœur.

Pour obtenir ces résultats, il faut : 1° faire l'injection de la peptone dans les veines (introduite dans l'estomac, l'intestin grêle, le gros intestin, injectée dans la cavité péritonéale, dans les muscles où sous la peau, la peptone ne produit pas d'accidents); 2° pousser :assez brusquement l'injection (si l'injection intraveineuse est faite avec une lenteur extrême, il se peut qu'aucune chute de pression ne soit reconnaissable ; si l'injection est faite avec une certaine lenteur, les accidents sont moins graves et moins durables, que si, la dose restant la même, l'injection avait été faite très brusquement).

Si on renouvelle l'injection de peptone, à la même dose et avec la même brusquerie, quand les ac‘idents dus à la première injection (et notamment la dépression) ont disparu, on les voit réapparaître, mais avec une intensité et

une durée moindres que la première fois. On a dit — nous

estimons du reste qu'on a eu tort d'employer cette expression — qu'une première crise d'intoxication peptonique immunise, au moins partiellement, le chien contre une nouvelle injection semblable à la première, au moins pendant les premièfes heures suivant la première crise.

L’anurie ou la diminution de la production d'urine de la crise d’intoæication peptonique est la conséquence nécessaire de la chute de pression : on sait que, toutes autres conditions égales, la quantité d’urine produite est d’autant moindre que plus basse est la pression artérielle, et que l’urine ne se produit plus à partir du moment où, et aussi

longtemps que la pression est égale ou inférieure à 4o mm. de mercure. L’anurie n’est pas vraiment un fait d'intoxication peptonique ;

elle est la conséquence de la dépression, qui, elle, est véritablement an fait d'intoxication peptonique.

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