‹ Précis de physiologie microbienneChapitre 49 sur 145 · IN EE · texte numérisé non relu

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LES PROTÉINES TOXIQUES ET LES VENINS

Pers expérimentateurs se sont appliqués à extraire des mélanges. |

complexes que sont les peptones commerciales, et notamment la pep-

tone de Witte, la ou les substances auxquelles elle doit sa remarquable toxicité ; mais Fe produits qu’ils ont présentés diffèrent très notablement d’une expérience à l’autre, et l’on est autorisé à se demander si la toxicité de ces produits n’est pas due tout simplement aux impuretés peptoniques qu’ils contiennent encore, la peptone étant le véritable agent toxique de la peptone de Witte.

C’est à cette dernière conception que nous nous rattacherons, parce que les peptones obtenues par action du suc gastrique sur les protéines les plus diverses, extraites des matières les plus dissemblables, possèdent toutes et toujours, pour le chien, une toxicité se manifestant par des accidents en tout semblables à ceux que nous avons décrits (pourvu que la protéolyse gastrique n’ait pas été poussée à fond) ; les peptones d'origines diverses (provenant de fibrine, d’ovalbumine, de caséine, de gélatine) ne différant que par la grandeur de leur pouvoir que.

Nous pouvons donc légitimement employer l’expression d’intoæication peptonique du chien.

— On connaît nombre de substances autres que les. peptones, qui, injectées dans les veines du chien, déterminent, des accidents très analogues à ceux de l’intoxication peptonique, p. ex, les extraits d'organes, c’est-à-dire les liquides de macération de tissus divers, foie, rein, cerveau, muscle, muqueuse gastrique ou intestinale, ete. dans l’eau salée à 1 °/,. Comme les peptones, ils produisent une chute de pression artérielle, une incoagulabilité du sang, et en général tous les autres accidents, graves ou légers, notés à la suite de l'injection intraveineuse de peptone.

En injectant p.ex. une macération d’intestin dans les veines du chien, on a observé les faits suivants. Environ 30 sec. après l’injection, le chien s’agite, émet des urines, tombe sur le flanc, incapable

de se tenir sur les pattes, puis il demeure immobile en état de torpeur profonde. Déjà 2 min. plus tard, il se soulève en chancelant,

vomit, émet des matières fécales ; puis le mieux apparait, s’accentuëè éhidément. et, 10 min. après l'injection, la crise a totalement disparu. N'est-ce pas la description déjà donnée d’une crise légère d'intoxication peptonique ?

La chute de pression se produit 30 sec. après l'injection, en même. temps qu’éclate la crise d’agitation, chute brusque, considérable mais peu durable, au moins parfois et notamment dans le cas où l'extrait

est une macération d Latest nuits du reste la press

gulable présente toutes les propriétés du sang de peptone, et, en par-

ticulier, il peut, comme lui, être amené à coaguler par dilution à:

l’aide d’eau distillée, par addition de 1 °/, de sel de chaux, etc. Comme dans l’intoxication peptoniqne, on retrouve les immunités

remonte et les accidents s’atténuent. Le sang non spontanément COa=

-antidépressives et anticoagulantes vis-à-vis d’une seconde injection

d’extrait d’organe, et avec les mêmes caractères qualificatifs et quan- {itatifs.

Les macérations d'organes ne renferment pas de pep=

tone ou de substance chimiquement voisine des peptones ; on ne saurait donc considérer les accidents qu'elles déterminent comme des crises d'intoxication peptonique. Mais elles renferment des protéines, et on peut démontrer, en isolant et purifiant ces protéines, que la ou les substances toxiques des macérations d'organes sont inséparables des

protéines qui y sont contenues, tant et si bien qu'on peut

admettre que ces substances loxiques sont les protéines mêmes des extraits d'organes. Et pour le bien marquer, on parle volontiers d'intoxication protéique ou de protéoloxie comme on parlait tout à l'heure d'intoxicalion peptonique ou de peplotoxie. Comme les peptones sont des protéines (elles présentent la constitution chimique générale et les colorabilités des protéines), on peut considérer J'intoxication peptonique comme un cas particulier de l'intoxication protéique, ou, si l’on veut, la peptotoxie comme un cas particulier de protéotoxie.

Ne nous hâtons pourtant pas trop d’assimiler exactement et rigoureusement ces deux intoxications : l'identité n'est pas absolue. Avec les peptones, l'injection d'une quantité quelconque produit toujours l’incoagulabilité du sang, et si, par hasard, la mort survient durant la crise (ce qui est exceptionnel), on trouve toujours le sang liquide dans les vaisseaux. Avec les macérations d'organes, si l'injection de faibles doses détermine l'incoagulabilité du sang et ne provoque jamais la mort, l'injection de doses plus considérables détermine souvent une mort foudroyante, et à l’autopsie, on constate que les gros vaisseaux, et plus particulièrement les grosses veines (porte, sus-hépatique, £aves) et le cœur droit, sont remplis de volumineux caillots.

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