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ou au moins très étendue du système veineux.
La substance contenue dans les éxtraits d'organes et qui leur confère des propriétés toxiques, en particulier leur action coagulante, est nucléoprotéidique. Nucléoprotéides ou extraits’ d'organes d’ailleurs ne sont anticoagulants que si on les injecte dans les veines, comme les peptones ; leur action coagulante par contre, se peut manifester in vivo (nous venons de le dire) ef in vitro (au moins sous l'apparence d’une accélération considérable de la coagulation du sang épanché).
Convient-il, en raison de cette action coagulante spéciale des æxtraits d'organes et des solutions de nucléoprotéides, de séparer absolument ces liqueurs des solutions de peptones, qui sont exclusivement anticoagulantes ? Nous ne le croyons pas, parce qu’il importe surtout de rapprocher les unes des autres toutes ces substances qui, injectées dans les veines du chien, déterminent un ensemble de phénomènes très constants et très typiques, à savoir une chute de pres-
sion brusque, considérable, temporaire, une incoagulabilité du sang (au
moins pour les doses faibles d’extraits d’organes) et quelques autres phénomènes, tels qu’une hypoleucocytose primitive suivie d’une hyperleucocytose tardive, une lymphogénèse abondante, une exagération du péristaltisme intestinal, etc.
Nous noterons simplement que, pour certaines protéines toxiques, aux propriétés fondamentales s’en ajoute une nouvelle, qui leur est
propre et non plus universelle, l’action coagulante : la symptomatolo=
gie se complique alors d’un éimènt supplémentaire.
— Un autre groupe de substances toxiques à à rapprocher des précédentes est celui des sérums toxiques : la mieux
étudiée et peut-être La plus intéressante de toutes est le 0 sérum de l’anquille (et plus généralement des murénides).
Le sérum d° anguille est extrèmement toxique pour le chien: il suffit d’en injecter 0 c. c., 02 dans les veines du chien pour provoquer la mort. Les accidents, d’une façon très générale, sont ceux qu'on a reconnus dans les intoxications pepe nique et nucléoprotéidique.
Aussitôt après l'injection, le chien présente une violente agitation, puis il tombe à terre inhabile à se tenir debout ; il émet des urines
et des matières fécales ; puis il présente soit des convulsions, soit un
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état Ra: tantôt il meurt rapidement, tantôt les Thom s’atténuent et l'ahintal revient à la santé. ;
Le sang retiré des vaisseaux peu de temps (moins de 2 h.) après une telle injection est incoagulable et présente toutes les propriétés
du sang de peptone également incoagulable. Comme les peptones, le sérum d’anguille n’est anticoagulant qu’in vivo; tout d’ailleurs, jusqu'aux plus fins détails, est identique à ce qui se passe pour le sang peptoné ou pour le sang nucléoprotéidique non spontanément coagulable,
La chute de pression sanguine ne diffère ni en grandeur, ni en
- brusquerie, ni en quoi que ce soit de la chute de pression des intoxi
cations peptonique et nucléoprotéidique.
La substance toxique du sérum d'anguille est la sé-.
rumalbumine, qu'on appelle ichtyotoxine. Et cela vient
encore justifier l'expression d'intoxication protéique ou de protéotoxie, employée pour désigner les remarquables
intoxications que nous étudions actuellement.
La substance toxique du sérum d’anguille est totalement indialysable ; ce n’est donc ni un sel, ni une peptone ; elle est précipitée par l'alcool fort comme les protéines du sérum ; elle est détruite à 70°, température de coagulation de la sérumalbumine ; elle est détruite in vitro par la pepsine chlorhydrique et in vivo par le suc gastrique, comme les protéines. Elle n’est pas précipitée par le sulfate de magné-
sie à saturation, dans des conditions par conséquent où la totalité des
globulines est précipitée, les albumines ne l’étant pas. L’ichtyotoxine est donc la sérumalbumine d’anguille.
Une remarque pourtant. De même que dans l’intoxication nucléoprotéidique, nous avons reconnu un fait nouveau, qui, ne se présentant pas dans l’intoxication peptonique, complique la symptomatologie (action coagulante), de même reconnaissons-nous ici trois actions supplémentaires exercées par le sérum d'’anguille et que nous ne rencontrons pas dans les protéotoxies antérieurement étudiées.
Le sérum d’anguille exerce sur les muqueuses une action causlique, irritante et nécrosante très intense. Il exerce une action hématolylique intense, facile à constater in vitro, quand on l'ajoute en quantité minime à du sang défibriné, et in vivo grâce à l’hémoglobinurie qui en est la conséquence. Il exerce enfin une action cachectisante,
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* Bref, le sérum d’anguille Atari, chez le chien, les symptômes fondamentaux de l'intoxication peptonique, ou plus généralement protéotoxique, mais le tableau est complété par l’adjonction de divers symptômes nouveaux. Malgré ces dissemblances, il paraît avantageux de maintenir le groupe des intoxications protéiques. Mais nous ajouterons que ces intoxications sont plus ou moins complètes selon la substance considérée ; ce que d’ailleurs nous pourrions exprimer en disant que, parmi les inloxicalions proléiques, il en est de plus ou moins frustes.
Notons que les trois propriétés supplémentaires du sérum d’anguille se retrouvent pour les loxines microbiennes, ou tout au moins pour certaines d’entre elles. Nous avons déjà indiqué action 1rritative locale de certains liquides de cultures microbiennes et les altérations profondes des tissus qui peuvent en résulter. Nous connaissons des liquides de cultures microbiennes qui sont capables de produire l'hématolyse (streptocoques). Nous savons enfin que les toxines, injectées à plusieurs reprises, peuvent parfois engendrer une cachexie progressive, conduisant à la mort. Le sérum d’anguille établit ainsi le passage des protéines toxiques, que nous venons d'étudier, aux toxines microbiennes, plus délicates à manier. Peut-être est-on dès lors autorisé à substituer, au moins provisoirement, l’étude des premières à celle des secondes, pour résoudre les grands problèmes qui se présentent en cet important domaine,
Jusqu'ici nous n’avons utilisé pour les recherches que le chien : il est nécessaire de recourir à quelque autre ani-. mal, afin de légitimer, s’il y a lieu, une généralisation de nos résultats, une généralisation qui nous autoriserait à transporter en toxicologie humaine, avec toute la prudence nécessaire d'ailleurs, les conclusions d’études faites en toxicologie canine.
Prenons p. ex. le lapin. Injectons dans ses veines de Ja peptone à la même concentration et aux mêmes doses relatives que chez le chien (3 décigr. par kgr, en solution à 10 °/,). Il ne se produit aucun accident : l'animal ne mani.
feste rien d’anormal ; la pression artérielle ne subit aucun
de la façon la plus rigoureuse de l'espèce animale sur laquelle nous expérimentons. Dans toute question de toxicologie, et plus encore dans
sive pour le lapin.
de durée très courte, en injectant chez le lapin des doses énormes de - chien, suffirait pour produire des accidents très graves et de longue:
peptone très toxique pour le chien est extrêmement peu toxique pour
vertébrés supérieurs, à des doses qui généralement ne diffèrent pas profondément, voici qu'une protéine toxique est très toxique pour une espèce (chien) et inoffensive, ou à peu près, pour une autre (lapin).
. Le chien est sensible à l’action toxique de la peptone et le lapin est réfractaire à cette aclion, dirons-nous en em-
ployant des termes d'usage courant en bactériologie ; ou
nilé (immunilé naturelle), que le chien ne possède pas.
“ fication relative et l’étude toxicologique sont choses faciles, et les = toxines microbiennes, plus rebelles à nos manipulations et dont l’étude sérait singulièrement facilitée si nous pouvions lui substituer, pour
obtenues dans un domaine voisin. Les toxines microbiennes peuvent,
et peu toxiques pour les animaux d’une autre espèce.
male. La nie très sine pour le chien, est ina
Cette conclusion comporte toutefois une petite réserve : on a em effet provoqué parfois des accidents, extrêmement légers du reste et peptone, des doses au moins 100 fois égales à une dose qui, chez le durée. Pour tenir compte de ces faits, il vaudrait mieux dire que la le lapin.
C'est là un très important résultat. Alors que les poisons chimiques (glycosides. et alcaloïdes p. ex.) sont toxiques pour les diverses espèces d'animaux, ou tout au moins de
Nous pouvons exprimer ces faits sous une autre forme:
encore le lapin présente vis-à-vis de la peptone une :immu-
Voilà qui doit retenir notre attention, parce que nous faisons ainsi un premier rapprochement entre la peptone, dont l’obtention, la puri-
commencer, une étude de peptotoæie, nous bornant ensuite à vérifier tout simplement, dans le cas des toxines microbiennes, les conclusions.
comme les peptones, être très toxiques pour les animaux d’une espèce: Ajoutons encore que la constatation des colossales différences de:
toxicité de la peptone chez le chien et chez le lapin nous impose : l'obligation très stricte, dans nos présentes études, de tenir compte