‹ Précis de physiologie microbienneChapitre 61 sur 145 · REA · texte numérisé non relu

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cluons que le sérum abri n'est ni curatif ni plinement de Fe

ventif, notre conclusion sera inexacte.

Raisonnons un peu. Si l’antivenin neutralise instantanément le venin in vitro (nous l'avons établi ci-dessus), rien ne prouve qu'il agisse de même quand le venin injecté dans l’organisme a déjà agi

sur les éléments anatomiques sensibles à son action ; peut-être

l’antivenin ne saurait-il neutraliser le venin fixé sur les plaques motrices que lentement, et l'inefficacité du traitement sérothérapique de la cobraïsation que nous venons de reconnaître est-elle plus apparente que réelle, tenant exclusivement à ce que la mort par asphyxie est là

avant que le sérum ait eu le temps de développer ses effets neutrali-

sants. Or on peut suspendre ces accidents asphyxiques et leur conséquence, la mort, en pratiquant la respiration artificielle chez Panimal cobraïsé: peut-être le sérum anticobraïque manifesteraït-il une action

curative chez l’animal cobraïsé soumis à la respiration artificielle,

Expérimentons maintenant.

Injectons dans les veines d’un lapin 2 mgr. de venin de cobra, et,

avant que les accidents graves soient réalisés, pratiquons la respira-

tion artificielle (abandonné à lui-même le lapin fût mort en 22 à 24 min.) ; l'animal survit tant qu’on maintient cette respiration. La paralysie type curare est totale, absolue, p. ex. 4o à 50 min, après l’injection du venin. À ce moment, injectons dans les veines 3 c. c. de sérum anticobraïque, et maintenons la respiration artificielle. Environ

3h. 1/2 à 4 h. après l'injection du sérum, des mouvements spontanés

apparaissent dans une partie limitée du corps (une patte p. ex.),

d’abord peu étendus, puis de plus en plus puissants et de plus en plus

généralisés. Un peu plus tard, 5 h. p. ex. après l’injection du sérum,

la respiration spontanée s’accomplit suffisante : le lapin survit. P P

Or si on avait injecté à un lapin 2 mgr. de venin sans sérum, pratiquant chez lui la respiration artificielle comme ci-dessus, on aurait entretenu la vie des heures durant, mais on aurait constaté 5, 9 et 12 h. après l’injection du venin, que la paralysie curarique persistait dans sa plénitude. Le sérum anticobraïque a ainsi manifesté une action curative, au sens médical du mot, de la façon la plus typique.

L'action curative du sérum anticobraïque se peut manifester dans les conditions indiquées quelle que soit l’époque de l'injection du sérum pendant la survie assurée par la respiration artificielle. Qu’on l’injecte 10 ou 4o min., 1 ou 4 h. après le venin, il fait toujours disparaître la paralysie précocement, c’est-à-dire à un moment où elle subsisterait entière si le sérum n’avait pas été injecté.

L'action curative du sérum anticobraïque est du reste d’autant plus rapidement efficace que la quantité de sérum injectée est plus grande.

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