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lescence tout d'abord, une précipilation fine et légère ensuite, dont les particules finissent par se déposer au fond du liquide, sans s'y tasser du reste, en général.
De tels faits s’observent pour de très nombreux liquides de cullures (cholériques, typhiques, pesteuses, etc.), nous dirions volontiers pour tous les liquides de cultures microbiennes, s'il n'était imprudent en biologie de trop universellement généraliser.
Les divers sérums ici considérés sont d’après nos définitions antérieures (p. 170) des immunsérums ; on les désigne sous le nom de sérums précipilants. Leur propriété
précipitante est rapportée à l'action de substances qu'ils
renferment et qu'on appelle Précipilines, lesquelles, par définition, sont des ëmmunisines, puisqu'elles se trouvent dans des immunsérums et leur confèrent une de leurs propriétés caractéristiques.
Ces précipitalions sont spécifiques, c’est-à-dire se produisent si, et ne se produisent que si on ajoute au sérum précipitant la culture filtrée qui a servi à la préparation des animaux fournisseurs du sérum. Ainsi le sérum précipitant la liqueur typhique provient d'un animal ayant recu
des injections de culture typhique ; il ne précipite pas les
cultures cholérique, pesteuse, etc.
On pourrait, en raison de cette spécificité, appliquer la méthode
de précipitation à certains diagnostics baclériologiques, et caractériser
dans le sang, les humeurs ou les tissus du sujet infecté soit la précipitine spécifique, soit la substance microbienne précipitable. On peut, p. ex., caractériser la précipitine spécifique dans le
sang du cheval morveux, en mélangeant in vitro un peu de son sérum
avec un liquide de culture morveuse filtrée : un précipité se produit. On peut caractériser la substance précipitable dans le sang du bœu/ charbonneux, quelques heures avant la mort, en mélangeant in vitro un peu de son sérum avec le sérum d’un animal vacciné (donc ayant reçu des injections de cultures charbonneuses) contre le charbon : un précipité se produit ; on peut en constater la présence dans les tissus et notamment dans la rate, après la mort, en mélangeantin, vitro, un peu d’une macération aqueuse de tissus, et notamment de rate, avec le sérum d’un animal vacciné contre le charbon : un précipité se
un tel ee lentement et à une opa- 4
PE an 5 HE SÉ MES
se
se
peut enfin, chez l’homme atteint de méningite cérébro-
produit . On
‘spinale, caractériser la substance précipitable dans le liquide céphalo> rachidien, en mélangeant in vitro un peu de ce liquide, obtenu par
ponction de l’espace sous-arachnoïdien, avec 1/5 de son volume de ‘sérum d'animaux immunisés contre le méningocoque : un précipité se produit.
Cette précipitation spécifique des liquides de cultures microbiennes est assurément due à la présence dans ces liquides de quelque substance issue des microbes. Mais une question se pose : le phénomène ne se produil-il que pour ces produits microbiens ? Ou bien peut-il se
manifester pour d’autres liqueurs ? Interrogeons l'expé-
rience.
Considérons d’abord un liquide toxique, comme sont généralement les liquides de cultures microbiennes, le sérum d’anguille, dont nou avons déjà parlé. Si on mélange in vitro un peu de ce sérums d’anguille avec le sérum d’un lapin ayant reçu à plusieurs reprises des injections sous-cutanées de sérum d’anguille, on constate la formation d’un trouble, puis d’un précipité. Le sérum de lapin neuf ne précipite d’ailleurs pas le sérum d’anguille.
On obtient des résultats semblables quand la liqueur considérée n’est pas toxique. Injectons p. ex. sous la peau de lapins à plusieurs reprises (3 ou 4 fois p. ex. à 5 ou 6 jours d'intervalle, comme on fait dans la préparation de séro-anaphylaxie) du sérum
de cheval (5 à 10 c.c. p. ex.), le sérum de ces lapins détermine
in vitro, dans le sérum de cheval, auquel on le mélange en proportions convenables, un abondant précipité, qui apparaît, augmente et se condense, comme apparaissent, augmentent et se condensent les précipités spécifiques des liqueurs microbiennes et du sérum d’anguille. Le sérum de lapin neuf ne précipite d’ailleurs pas le sérum de cheval.
Et des exemples semblables pourraient être fournis à l’infini : on obtient des résultats équivalents en usant de lait de vache, de blanc d'œuf de poule, d’exsudats et de transsudats, de liquide céphalo-rachidien, de macérations de viande, ou plus généralement de macérations d'organes, de liquides de kystes hydatiques, etc., de toute liqueur proléique (ou à peu près), pourrait-on dire, même quand il s’agit de solutions de protéines purifiées, telles que fibrinogène, caséine, même quand il s’agit de solutions de protéines cristallisées (édestine du chanvre, gliadine du seigle, zéine du maïs, hordéine de l’orge).
Il y a toutefois des exceptions : les injections répétées de protéoses
PMU
et peptones, ou de gélatine ne conduisent pas à la production e p | pitines correspondantes dans le sérum de l'animal injecté.
D'une façon générale (sous réserve des exceptions si= gnalées), on peut dire que l'injection répétée d’une liqueur albumineuse dans l'organisme d'un animal communique à son sérum la propriété précipitante, ou, comme on dit encore, fait apparaître une précipitine dans son sérum. Donc,
à côté des précipilines microbiennes que nous avions
d’abord reconnues, il convient de placer des précipitines
chimiques, ou albumino-précipitines, ou proléo-précipi- - lines.
La propriété précipitante du sérum n’apparaît pas aussitôt après l'injection de la liqueur protéique, mais seulement après quelques jours. Ainsi, chez le lapin ayant reçu une seule injection sous-cutanée de sérum de cheval (il n’est pas nécessaire en effet de répéter l’injection pour obtenir un sérum précipitant), on reconnaît le premier indice d’un pouvoir précipitant le 8 jour après l'injection ; ce pouvoir précipitant augmente progressivement, pour atteindre sa valeur maxima vers le 15° jour après l’injection. Si à cette date on pratique une nouvelle injection de sérum de cheval, le pouvoir précipitant du sérum du lapin subit une chute brusque et considérable (traduisant assurément la formation d’un précipité in vivo). Mais, durant les jours suivants, le pouvoir précipitant augmente et ne tarde pas à dépasser la valeur maxima qu’il pouvait atteindre après l’unique injection. Et il en est de même après les injections suivantes : aussi a-t-on coutume de faire de 3 à 5 injections préparatoires, espacées de 6 à 8 jours l’une de l’autre, pour obtenir des sérums fortement précipitants.
Tous les animaux ne conviennent pas également bien à la production de sérums précipitants : le lapin semble être l'animal de choix ; les divers sérums précipitants qu'il a fournis ont toujours été parmi les plus actifs.
Il importe, pour obtenir des sérums précipitants, d’injecter la liqueur protéique fournie par un animal d'espèce donnée dans l'organisme d’un animal d’une autre espèce ; et il y a avantage, si l'on veut obtenir un sérum fortement précipitant, à choisir comme fournisseur de sérum précipitant un animal appartenant à une espèce nettement différente de l'espèce dont provient la matière précipitable.
Si, p. ex., on veut obtenir un sérum précipitant le sérum de cheval, on peut avantageusement s’adresser au lapin ; mais on com- mettrait une faute en s’adressant à l’âne ; j non pas que le sérum d'âne traité par le sérum de cheval ne puisse précipiter ce dernier in vitro, mais son activité précipitante est faible.
La précipitation n’est pas également nette, rapide et abondante pour toutes proportions de substance précipitable et de sérum précipitant : il y a des proportions op- … tima, qu'on fixera dans chaque cas particulier par quelques tätonnements préalables : en général, on mélange 1 vol. - de la liqueur précipitable (5 gouttes p. ex.) et 5 vol. du sérum précipitant (25 gouttes).
La réaction de précipitation est très sensible, c’est-à-dire qu’elle permet de manifester la présence d’une quantité remarquablement petite de substance précipitable. Ainsi on a obtenu, en mélangeant volumes égaux de sérum précipitant et de sérum de cheval fortement dilué par l’eau salée, un précipité, ou tout au moins un trouble facilement reconnaissable, même quand le sérum de cheval était dilué à 1 pour 10000 et parfois même à 1 pour 20000.
En général, pour fixer le titre précipitant d’un sérum, on en mélange un certain volume avec un égal volume de la liqueur précipitable plus ou moins diluée, et on détermine la dilution maxima pour laquelle on peut encore reconnaitre au moins un trouble très net : dans l’exemple de tout à l'heure, le titre précipitant du sérum était 1/10000 et parfois même 1/20 O0.
__ Les précipitines sont détruites par la chaleur; elles résis- … tent à 60°, mais elles sont détruites par chauffage de …. 1/2 heure à 65-70°. Elles disparaissent d’ailleurs progres- …—. sivement à la température ordinaire dans les sérums pré- - cipitants aseptiquement conservés : après quelques semai- —.O nes, ces sérums ne sont plus du tout précipitants. Les … expériences de précipitation doivent en conséquence être - toujours faites avec des sérums fraîchement préparés.
Le précipité engendré estun complexe dans lequel entrent à la fois un élément de la liqueur précipilable, et un élément du sérum précipitant (il n’est pas nécessaire de donner ici la démonstration formelle de cette proposition). Il en ? résulte que les expressions que nous avons employées,
. substance précipitable et sérum précipitant, ne sont pas
ARTHUS, — Micros. 16
très judicieusement choisies, car le sérum précipitant est
à la fois précipitant et précipitable, tout comme la sub.
stance précipitable. Pour remédier en quelque mesure à cet
abus verbal, on a proposé de désigner la subsiance préci-
pitable sous le nom de précipitinogène, c'est-à-dire substance capable de provoquer la formation de précipitine chez l'animal dans l'organisme duquel elle est injectée.
Notons que les précipités engendrés se dissolvent dans les acides dilués ou dans l’ammoniaque. Il convient donc de ne pas faire la réaction de précip#tation avec des liqueurs à réaction nettement acide, ou nettement alcaline; il serait nécessaire en pareil cas de
neutraliser les liqueurs avant de les mélanger.
Les sérums précipitant les liqueurs microbiennes sont spécifiques ; les sérums précipitant les protéines le sont aussi, et leur spécificité est double, étant à la fois zoologique et chimique. Elle est zoologique,car le sérum précipitant ne précipite la liqueur correspondante que si elle est fournie par l'espèce animale ou végétale ayant déjà fourni la liqueur employée pour la préparation du sérum précipitant. Elle est chimique, car le sérum précipitant ne précipite pas toutes les protéines fournies par un animal de l’espèce correspondante, mais la seule protéine, ou les seules protéines contenues dans la liqueur employée pour la préparation du fournisseur de sérum précipitant.
Sans doute, on a signalé quelques exceptions à cette règle de la double spécificité; mais il ne faut pas s’en émouvoir, car, d’une part, ces exceptions ne sont pas nombreuses, et, d'autre part, la précipitation est toujours beaucoup plus nette, plus rapide, plus volumineuse dans les cas où la condition de spécificité est satisfaite, que dans les cas où elle ne l’est pas.
Pratiquement, on admet que celte loi de spécificité est universellement valable, ce qui permet d'appliquer la réaction à la reconnaissance très délicate des protéines. Par cette expression très délicate, nous entendons dire d'abord que la réaction se produit pour une quantité infime de la substance protéique (quantité si petite que nos autres moyens d'investigation seraient en défaut), et
É animale ou ie dont dérive la protéine considérée (ce que ne permettent généralement pas de faire les autres
moyens dont nous disposons).
Voici quelques exemples d’applications pratiques. On peut être
- amené dans le cours d’une recherche expérimentale à injecter dans
l’organisme d’un animal une liqueur protéique provenant d’un animal d’une autre espèce (du sérum de cheval chez le lapin, p.-ex.) ;
- et on peut avoir intérêt à connaître la durée de la présence des pro-
téines de cheval dans l’organisme du lapin, leurs localisations, etc. La réaction de précipitation, appliquée au sérum sanguin, aux
humeurs, aux macérations d’organes, permet de résoudre élégamment
- et avec précision les questions posées.
On peut avoir à déterminer l’origine zoologique d’un produit albumineux : une tache de sang p. ex. est-elle de sang humain ou de
«+ sang de telle ou telle espèce donnée; un lait est-il pur de tout mé- …. lange avec un autre lait (un lait d’änesse a-t-il été additionné de lait
; de vache p. ex.), etc.? Une tache de sang est d’origine humaine
quand, macérée dans l’eau salée, elle donne une liqueur qui précipite
par addition de sérum précipitant le sérum humain. Un lait d’ânesse
ne renferme pas trace de quelque autre lait quand il ne précipite pas
2 par addition de quelque sérum précipitant un lait quelconque, de
ceux qu’on aurait pu lui ajouter.
Les protéines dont on provoque la précipitation, comme il vient
E: d’être dit, ne semblent pas être, dans les liqueurs qui les contiennent,
à l’état de vraie solution : on admet généralement qu’elles s’y trou-
à vént à l’état de suspension très fine (suspension colloïdale, dit-on … encore). Dès lors, les précipitations spécifiques ne seraient pas, à vrai dire, des précipitations, maïs des agglutinations, c’est-à-dire des forma-
tions de groupements d’éléments minuscules tenus en suspension dans une liqueur.
Que cette conception soit exacte ou non, peu importe ; l’essentiel
… est qu’elle nous invite à rechercher si, à côté des sérums précipitants,
il ne serait pas possible d'obtenir des sérums agglutinants propre= ment dits, c’est-à-dire capable d’agglomérer en amas plus ou moins volumineux des particules se trouvant en suspension homogène dans un liquide, p. ex. des microbes ou des cellules.
Supposons que nous disposions : {1° du sérum d'un ani-
É mal qui à reçu plusieurs injections d’une culture micro-
Hénus donnée (bacille Dnhtqus, ou “AbAon ‘hole
culture bien homogène du microbe correspondant en milieu
liquide (bouillon p. ex.). Mélangeons le sérum et la cul- |
ture. Plus ou moins rapidement (selon la proportion du sérum et selon sa puissance, selon la nature du microbe, selon la température des liqueurs), l'aspect de la culture se
modifie profondément: la culture était uniformément
trouble avant l'addition du sérum ; on voit s'y former peu à peu un précipité floconneux fin d’abord, plus épais ensuite, qui tombe lentement au fond du tube, où il constitue un dépôt très nettement visible ; le liquide de culture est redevenu parfaitement clair et limpide.
Dans une culture homogène en bouillon, non additionnée de
sérum, les microbes peuvent aussi se déposer au fond du tube ; mais
le dépôt se fait toujours plus lentement qu’après l’addition du sérum, Il est d’ailleurs facile de distinguer les deux dépôts : si on agite le tube, les microbes de la culture sans sérum se répartissent dans le
liquide en une émulsion homogène longuement persistante ; tandis
que les microbes de la culture avec sérum se soulèvent en petits flocons généralement visibles à l’œil nu et qui ne tardent pas à se dépo ser de nouveau.
Reprenons l'essai de façon à suivre l’agglutination au
microscope, en examinant le mélange culture homogène-
sérum agglutinant en goutte pendante (bacille typhique p. ex.). Très rapidement, parfois presque instantanément, les microbes s'immobilisent, puis, peu à peu (assez vite si
on incline à, droite puis à gauche la préparation, pour favo-.
riser les contacts microbiens) ils s’accolent entre eux, pour former de petits amas.
Quand on use de vibrions cholériques, on remarque tout d’abord que les vibrions encore mobiles, sont comme gênés dans leurs mouvements, ainsi qu’ils le seraient s’ils étaient englobés en une masse pâteuse, qui peu à peu les immobiliserait. Chaque espèce microbienne présente, lors de son agglutination, des particularités que révèle l’observation et que le technicien peut avoir intérêt à connaître; mais
ici nous ne faisons pas de technique.
Tous les microbes ne sont pas aggqlutinables égale-
ment bien: parfois l'agglutination est réalisée en quelques
p. ex.), pratiquées comme pour l'immunisation ; 2° d'une
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Lune à la température dibnire ; parfoté elle demande des heures (24 heures même) pour s’accomplir, même à la température optima de 45-50°. |
Le bacille typhique et le vibrion cholérique sont très facilement ag; glutinés : les bacilles pestéux et tétanique le sont facilement, mais pourtant moins aisément que les deux premiers ; la bactéridie charbonneuse, le bacille diphtérique, le streptocoque, le pneumocoque ne s’agglutinent que péniblement; on pourrait même citer des microbes qui sont extrèmement peu agglutinables, pour ne pas dire point du tout.
Les microbes de choix pour les études d’ agglutination sont le bacille lyphique et le vibrion cholérique.
Tous les animaux ne se prêtent pas également bien à la production d'un sérum agglutinant. Ici encore, comme pour les sérums précipitants, le lapin et le cheval con- * viennent admirablement bien; le chien est médiocre, le cobaye détestable.
Le sang et son sérum ne sont pas les seuls liquides agglutinants : le liquide d'œdème consécutif à une compression veineuse, la Jymphe, les exsudats séreux sont agglutinants aussi ; le liquide céphalo-rachidien, l'humeur aqueuse, par contre, ne le sont pas.
Les hématies peuvent être agglutinées comme les microbes. Injectons à 3 reprises à 6 jours d'intervalle du sang défibriné de cobaye dans le péritoine du lapin ; le sérum de celui-ci agglutine alors fort - bien les hématies du sang défibriné de cobaye. Diluons à 1/10, ou mème à 1/50 le sang défibriné de cobaye ; ajoutons-y au moins un égal volume de sérum de lapin préparé : on voit se former dans le mélange de petits grains qui s’accolent pour former de sombres flocons, se déposant rapidement au fond du vase, le liquide surnageant étant devenu parfaitement clair et incolore. Au microscope, la réaction peut être aisément suivie dans ses détails : on reconnaît que les hématies s’accolent entre elles, comme elles le font quand se forment les fameuses piles de monndie depuis si longtemps signalées.
On pourrait ajouter que tous les animaux ne se prêtent pas égale." ment bien à la production d’un sérum agglutinant pour les hématies, le lapin étant encore ici l’animal de choix ; — et que toutes les béta ties ne se laissent pas également bien agglutiner par le sérum qui leur correspond, les globules rouges du cobaye étant les éléments de choix.
Bref, on peut établir un parallèle rigoureux entre l’agglutination des hématies et celle des microbes, et si on peut distinguer deux catégories de sérums agglutinants pour la commodité de l’exposition, il n’y a en vérité qu’une seule agglutination.
L’agglutination est considérée comme la conséquence de l’action d’une substance contenue dans les sérums agglutinants et qu'on appelle agglutinine. Les sérums agglutinants sont, par définition, des immunsérums et les agglutinines sont des immunisines.
Les sérums agglutinants conservent intégralement leurs propriétés quand on les chauffe à 55-60° ; ils les perdent quand on les chauffe 1 heure à 65-70°. Ils les perdent lentement quand on les conserve aseptiquement à la température du laboratoire; ils les conservent quand on les dessèche à température basse et qu'on conserve le résidu à l'abri de l'humidité. s |
Les sérums agglutinants agissent plus énergiquement
sur les bactéries agglutinables à 37° qu'à 15°, et mieux
encore à 45-50° qu'à 37°. Ils n'agglutinent pas seulement les microbes vivants, mais encore ceux qui ont été tués par chauffage modéré (à 60° p. ex.), ou par un antiseptique convenablement choisi (formol à 1 °/, p. ex.); les microbes chauffés à une température comprise entre 70 et 100° ont une agglutinabilité diminuée, et d'autant plus diminuée qu'ils ont été plus fortement et plus longuement chauffés (les microbes chauffés et tués par chauffage conservent en totalité ou en partie, selon la température et la durée du chauffage, la propriété de provoquer la formation d'agglutinine, chez les animaux auxquels ils sont injectés).
Dans l’agglutination d’ailleurs, les microbes agqlutinés ne sont pas lués. Sans doute, quand on fait agir sur des microbes mobiles (bacille typhique, vibrion cholérique p. ex.) le sérum agglutinant correspondant, les microbes sont rapidement immobilisés, et cette immobilité peut faire croire à la mort du microbe ; mais si on ensemence en un milieu convenable un peu du microbe agglutiné, la culture se produit et ne diffère d'une culture normale ni par ses apparences morphologiques, ni par ses propriétés biologiques, ni par son action pathogène. Il y a plus:
| SÉR ü MS AGGLU TINANT TS
Pt Dr ta CN TE
Un) qu’ils aient élé ummobilisés, les crabes agqlu-
linés peuvent se multiplier à l'infini dans le sérum
agqlutinant lui-même. Dans ces conditions toutefois,
l'apparence de la culture diffère de celle que revêt une
culture normale, en ce que les microbes ne sont pas régulièrement répartis dans le milieu, mais s’y présentent en amas d'éléments agglutinés.
Si, dans du sérum-de lapin neuf, on ensemence des bacilles pyocyaniques, ils se développent en troublant régulièrement le liquide ; le microscope y révèle la présence de microbes isolés, également répartis dans le milieu. Si l’ensemencement se fait dans du sérum de lapin préparé par quelques injections de culture pyocyanique, les bacilles se multiplient sous forme de longs filaments segmentés, enchevètrés les uns dans les autres et formant des grumeaux qui se déposent au fond du liquide, ce dernier demeurant clair.
Si on procède de même avec le vibrion cholérique, on constate la formation de masses (visibles à l’œil nu) de vibrions immobilisés, accolés les uns aux autres, ayant tendance à se déposer. Bref, l’agglutination ne modifie pas les propriétés générales des microbes, même quand ils sont plongés et se développent dans un sérum très (one ment agglutinant.
Quand il s’agit de microbes difficilement agglutinables, on note simplement une tendance à se développer en séries : le bacille pyocyanique formait de longs filaments cloisonnés; le pneumocoque (qui normalement est un diplocoque), cultivé sur sérum de lapins : immunisés contre lui, forme de longs chapelets d'éléments, comme font les streptocoques normalement.
Tous les sérums capables d’agglutiner un microbe donné n’ont pas le même pouvoir agglutinant, ou, comme on dit encore, le même fitre agglutinant. On définit de coutume le titre agglutinant d’un sérum la plus petite quantité de ce sérum qui, diluée dans 1 c. c. d’eau salée à 1 °/,, peut agglutiner nettement 2 mgr. d'une culture microbienne homologue jeune (faite depuis 24 heures, p. ex.). Il est tel sérum dont le titre agglutinant est égal à 1/5000 et même 1/10 000.
Après une seule injection préparatoire, Je sérum ne devient pas immédiatement agglutinant ; il ne le devient qu’après plusieurs Jours, son titre agglutinant augmentant jusqu’au 12° ou 15° jour.
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p- ex., augmente de plus en plus ce titre, jusqu’à lui faire atteindre la
La répétition des injections RS à 8; jours di tre sa 3
doux considérable signalée ci-dessus. Toute nouvelle injection pré- a
paratoire ne détermine son plein effet qu’en 7 à 8 jours : immédiatement nprès chacune de ces injections, le titre agglutinant fléchit, et ce n’est qu'après 2 ou 3 jours qu’il recouvre et dépasse son titre d’avant l'injection.
Les injections destinées à provoquer la formation d’agglutinines peuvent se faire par une voie quelconque (souscutanée, intrapéritonéale, intramusculaire, intraveineuse) pourvu qu'elle soit parentérale : il semble que l'effet de l'injection intraveineuse soit un peu plus rapide et un peu plus grand que celui des autres injections.
L’agglutination est spécifique, c'est-à-dire que le sérum n'agglutine que le microbe ayant servi à la préparation du fournisseur de sérum : le sérum de lapin préparé par injections de bacilles typhiques agglutine ces bacilles, mais non les vibrions cholériques, et inversement.
Il faut toutefois, pour éviter méprises et malentendus, préciser. Quand on considère deux microbes nettement dissemblables, bacille typhique et vibrion cholérique, ou bacille pesteux et bacille tétanique, la loi de spécificité est absolue. Il en est autrement s’il s’agit d’espèces voisines : on sait qu’à côté des bacilles typhiques se placent les bacilles paratyphiques ; qu’à côté d’un vibrion cholérique on en place plusieurs autres, représentant des variétés d’une même espèce, ou peut-être des espèces voisines. La loi de spécificité, en pareil cas, n’est plus absolue ; le sérum n’agglutine pas exclusivement le microbe ayant servi à la préparation du fournisseur de sérum, mais encore les espèces ou variétés voisines.
On peut pourtant conserver, même dans ces cas, la loi de spécificité, à condition d'introduire une notion quantitative : le titre agglu- - tinant d’un sérum est, en effet, toujours beaucoup plus grand pour le microbe ayant servi à la préparation que pour tout autre microbe, même très voisin du premier. Ainsi le sérum agglutinant fortement le bacille typhique agglutine aussi, mais faiblement les bacilles paratyphiques et très faiblement le coli-bacille.
Il convient ici de parler de spécificité relative.
Grâce à cette spécificité, on a pu utiliser les sérums agglutinants à la caractérisation des espèces microbiennes. — Voici p. ex. des microbes qu’on a isolés d’une eau d’alimentation : s'agit-il de bacilles typhiques, de paratyphiques, de coli-bacilles ? On cultivera le mi-
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à Le ty MY # N j X CNE AS MEET SCT ON UT POS PASS EN EP OR ESS POS ET
| “be sur lose (auquel cas, on le mettra ensuite en suspension Las
gène dans l’eau salée), ou sur bouillon, puis on ajoutera un sérum précipitant soit l’un, soit l’autre de ces microbres, et on s’assurera : 1° que l’agglutination se produit ; 2° qu’elle se produit encore avec une dilution du sérum agglutinant employé suffisante pour agglutiner une culture authentique du microbe considéré.
Grâce à cette spécificité, on a pu parfaire des diagnosties délicats, par la méthode de séro-diagnostic, laquelle consiste à étudier les propriétés du sérum du malade et notamment ses propriétés agglutinantes. Cette méthode a été avantageusement appliquée à la fièvre typhoïde, pour la différenciation des cas dans lesquels il s’agit réellement d’une fièvre typhoïde, manifestation de l’activité du bacille typhique et des cas dans lesquels l’agent pathogène est quelque autre microbe, bacille paratyphique ou coli-bacille.
On a reconnu que, chez les malades présentant le tableau clinique de la fièvre typhoïde, et chez lesquels on avait pu manifester la présence du bacille typhique typique, le sérum sanguin est agglutinant pour une culture homogène de bacilles typhiques. Le titre agglutinant du sérum des typhiques varie suivant l’époque à laquelle a été faite la prise de sang : le sérum n’est qu’exceptionnellement agglutinant durant le premier septenaire ; il l’est généralement durant le second ; le titre agglutinant augmente à mesure que le temps passe, et atteint une valeur maxima (qui peut être au moins 1/1000) vers la fin de la maladie, ou le début de la convalescence ; il diminue ensuite progressivement pendant les 4 à 5 mois qui suivent le début de la convalescence ; après cette date, le sérum n’est généralement plus agglutinant.
Ceci posé, on détermine, dans les cliniques, le titre agglutinant du sérum du malade supposé atteint de fièvre typhoïde, vis-à-vis d’une culture de bacilles typhiques et comparativement vis-à-vis des microbes du même groupe pathogène, bacilles paratyphiques et coli bacilles, afin de constater, d’une part, que le sérum agglutine les bacilles typhiques, d’autre part, qu’il est plus agglutinant pour ces bacilles que pour les bacilles voisins. Nous nous bornons à indiquer ici le principe de la méthode, le reste est question de technique, que nous ne traitons pas.
Cette méthode donne d’excellents résultats pour les infections typhiques ; peut-être en pourrait-elle donner de bons pour quelques autres infections ; mais elle n’est pas d’application générale à toutes les infections ; tous les microbes pathogènes ne sont sans doute pas. également aptes à engendrer des agglutinines ; tous les microbes. pathogènes ne sont pas également aptes à s’agglutiner. En bactériologie, encore une fois, il ne faut pas généraliser de confiance : il importe d'examiner chaque cas particulier.
mais n’est pas détruile: elle se fixe sur les éléments agglutinables et maintenant aggqlutinés.
À un sérum agglutinant les bacilles typhiques, nous ajoutons une émulsion homogène de ces bacilles ; l’agglutination se produit ; nous filtrons sur papier, ou nous centrifugeons, pour séparer de la liqueur les amas microbiens. Le liquide n’a plus la propriété d’agglutiner de nouveaux bacilles typhiques (au moins si la quantité des bacilles antérieurement agglutinés est grande, et si le titre du sérum agglutinant n’est pas très considérable).
L’agglutinine disparaît donc durant l’agglutination. Elle est fixée Sur l’élément agglutiné, d’où l’on peut, dans quelques cas et conditions tout au moins, la retirer en quantité suffisante pour qu'on puisse la manifester. Supposons que, par centrifugation, nous séparions les bacilles typhiques agglutinés et que nous les traitions parun peu de soude très diluée, ou même par un peu d’eau salée ; nous constaterons que ces liqueurs sont devenues légèrement agglutinantes (au moins quand l’agglutination première avait été faite par un sérum fortement agglutinant).
L'agglutination des microbes par les sérums agglutinants est un phénomène double ; elle comprend d’abord la
‘fixation de l’agglutinine sur le microbe, et ensuite l’ag-
glutination proprement dile : ce second ‘phénomène ne se
produit d'ailleurs pas toujours et nécessairement après le premier, il dépend de la constitution du milieu.
- Nous avons traité une émulsion homogène de vibrions cholériques par le sérum agglutinant correspondant, les flocons se sont produits et déposés, nous centrifugeons pour tasser le dépôt et nous éliminons le liquide par décantation. Au dépôt microbien, nous ajoutons de l’eau salée et nous agitons, pour mettre en suspension les microbes agglutinés : l’émulsion ainsi obtenue est éminemment instable et quelques minutes suffisent pour que les microbes se déposent de nouveau, formant des amas semblables à ceux qu’ils avaient déjà antérieurement formés. Au lieu d’eau salée, employons de l’eau distillée pour émulsionner les microbes agglutinés : l’émulsion ainsi obtenue est remarquablement stable, aussi stable que l’émulsion de microbes n'ayant pas subi l’action d’un sérum agglutinant. Mais si nous ajoutons à cette émulsion des microbes (antérieurement agglutinés) dans l’eau distillée, un peu de sel (1 °/, de
Dans le none d agglutination } par sérum M re En nant, l'agglutinine disparait du sérum ; elle disparait,
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