‹ Précis de physiologie microbienneChapitre 74 sur 145 · EMULE RS · texte numérisé non relu

EMULE RS

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sel p. ex.) les flocons se reproduisent et l’agglutination réapparait.

On aurait pu, sans rien changer au résultat, substituer au chlorure de sodium, des bromures, nike phosphates d’alcalis, du chlorure de lium, etc.

Ainsi apparaissent clairement les deux phases de l’agglutination : la première correspondant à la fixation de l’'agglutinine sur le microbe la seconde correspondant à la réunion en amas sous l'influence des matières salines, des éléments agglutinables chargés d’agglutinine ; — la seconde, pourrait-on dire encore, correspondant à {a réunion en amas des éléments agqlutinables, sensibilisés à l’action agglutinante des sels par l’agglutinine. Peut-être eùt-il été sage de substituer au terme agglutinine le

terme sensibilisine (que nous retrouverons ci-dessous), car l’agglutinine n'est pas à vrai dire un agent d’agglutination:

ce sont les sels des sérums agglutinants qui sont les agents agglutinants pour les éléments sensibilisés.

Une comparaison s'impose ici entre l’agglutination proprement dite des microbes unis à l’agglutinine spécifique et la floculation de substances diverses qu’on peut obtenir en émulsion homogène.

Si on agite dans l’eau distillie de l'argile très finement divisée, on obtient un liquide légèrement trouble, très homogène d’aspect, qui traverse les filtres de papier sans se clarifier, et qui se maintient inaltéré des jours durant ; ce n’est que très tardivement que les particules en suspension se sédimentent. Mais on peut provoquer le dépôt rapide de l’argile en suspension et sous forme de flocons, quand on ajoute à la liqueur ce chlorure de sodium, ce chlorure de calcium, ou ces autres sels, qui tout à l’heure provoquaient l’agglutination des microbes sensibilisés par l’agglutinine, tandis que les microbes antérieurement agglutinés mis en suspension homogène dans l’eau distillée ne se déposent (comme l'argile en l’absence de sels) que très tardivement. C’est là une première analogie.

En voici une seconde. Quand le dépôt d’argile ou de microbes se fait spontanément, lentement, le sédiment est très compact, donc peu volumineux. Quand le dépôt soit de l’argile, soit du complexe microbe-agglutinine se fait sous l’influence des sels, rapidement, le sédiment ne se tasse pas. N’insistons pas : ces données élémentaires suffisent à établir que l’agglutination proprement dite n’est pas le phénomène capital de l’action exercée par le sérum dit agglutinant

sur ge re Rd - ; elle n’est que se tete: le fixation de l’agglutinine sur le microbe, quand cette fixation se produit en milieu salé. Nous dirions volontiers que l’agglutination proprement dite n’est qu’un accident.

Avant de terminer cette digression, nous rappellerons encore les faits suivants. Quand on fait agir sur du lait de vache de la présure, on en provoque la coagulation ou caséification : la caséine se prend en une masse tremblotante enserrant les globules gras. La diastase de la présure, dit-on parfois, est coagulante ; en parlant ainsi, on traduit le fait visible, en réalité les apparences. Quand .on fait agir la même présure sur du lait de vache additionné de 5 pour 1000 de citrate de soude, ou de 1 pour 1000 d’oxalate de soude, la castification ne se fait pas ; la caséine reste dissoute et le lait ne paraît pas modifié. Il l’est pourtant, car il suffit de lui ajouter 1 pour 1000 de chlorure de calcium ou de chlorure de magnésium pour en déterminer la coagulation (qui se fait alors instantanément). La présure n’est donc pas coagulante : elle modifie la caséine sans la précipiter ; mais il se trouve que le corps nouvellement formé ne reste pas en suspension dans les liqueurs calciques. La transformation de la caséine par la présure, voilà le fait essentiel, mais que nous ne savons pas reconnaître directement ; la coagulation proprement dite est un accident, dû à la présence de sels calciques ; mais cet accident est pour nous révélateur de la transformation de la caséine. De même, dans l'agglutination, la formation des flocons dans les. liqueurs salines est révélatrice de l'union qui s’est accomplie entre le microbe et l'agglutinine du sérum agglutinant.

La propriété d'agglutiner les microbes (et les hématies) n’appartient pas aux seuls immunsérums ; on l’a reconnue aussi à certains sérums normaux pour un certain nombre d'éléments figurés. Mais, entre les sérums agglutinants normaux et les immunsérums agglutinants, ily a deux différences, une qualitative, une quantitative. Les sérums agglutinants normaux n’ont pas d'action spécifique, limitée à un microbe donné où à des hématies provenant d’animaux d’une seule espèce : ils agissent indistinctement, non pas sans doute sur tous les microbes et sur toutes les hématies, mais au moins sur des microbes très divers et sur des hématies d'origines très diverses. D'autre part, la puissance agglutinante des sérums normaux est toujours faible (ils agglutinent parfois à 1/10, mais c’est là un maximum) ; celle des immunsérums spécifiques est, ou peut-être considérable (tel sérum agglutine à 1/10000).

Le sérum humain normal à forte dose agglutine le coli-bacille, le bacille typhique, le bacille pyocyanique, etc. ; le sérum de cheval normal agglutine le bacille typhique, le bacille tétanique, le vibrion cholérique, etc. Le sérum humain normal est agglutinant pour

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