‹ Précis de physiologie microbienneChapitre 8 sur 145 · POLE · texte numérisé non relu

POLE

RC chaleur re Hatières ts oser) sans s oo à 120 ni même à 100°.

Prenons du lait ou de l’eau de levure alcalinisée (ou toute autre liqueur que le chauffage à 100° ne stérilise pas totalement); chauf- fons-les en vases clos ou bouchés à l’ouate 1 h. à 100°; répétons ce traitement 3 ou 4 jours consécutifs, en conservant entre les chauffages, les fioles à 20-250, ou simplement à la température du laboratoire. Les liqueurs Re indéfiniment stériles. Il n’est d’ailleurs pas nécessaire de chauffer à 100? ; il suffit de porter les ballons . à 58-60° pendant 1 h. 3 jours consécutifs ; pour en assurer la stérilité - absolue (chaufjage discontinu).

Dira-t-on que la lempéralure de 58-60° a modifié assez profondement les liqueurs pour leur faire perdre leur capacilé de généralion spontanée ? C'est fort invraisemblable. Mais peut-être vaut-il mieux renoncer à lutter pied à pied sur le terrain de la stérilisation par la chaleur et recourir à d’autres procédés de démonstration.

On a pu débarrasser l'air des microbes qu’il renferme

en le faisant filtrer à travers une bourre de coton. Ne

. pourrait-on songer à priver les liquides organiques des

microbes qui s’y trouvent en les filtrant sur une matière bien choisie ? Le coton ne convient pas (car seul Le coton

… sec constitue un filtre efficace); peut-être le coton de verre . ou l'amiante conviendraient-ils mieux. On a utilisé et on trouve dans le commerce des filtres ou bougies filtrantes

de plâtre ou mieux de terre d’infusoires, ou de porcelaine dégourdie, ou de porcelaine d'amiante, qu’on stérilise avant usage en les portant à 120° à l’autoclave. Sans entrer dans les détails de la technique des filtrations, disons que les liquides organiques filtrés sont el demeurent … indéfiniment stériles, au moins en général. Nous disons en

34 général et non pas toujours : il ya en effet quelques

__insuccès quand on stérilise les filtres secs à 120°; mais il ny en a plus quand on porte ces mêmes filtres et les flacons secs à 150-180° pendant 1 h. dans une éfuve à air, ou four à flamber.

Imaginera-t-on que le liquide, en traversant les pores du filtre a perdu cette propriété de s'organiser spontanément en microbes, qu'il

aurait eue avant filtration ? C’est bien ve bebe Reno

pourtant que l'expérience n’est pas parfaite : en comparant la composition du liquide filtré et du liquide à filtrer, on constate d’impor= tantes différences, surtout quantitatives, portant essentiellement sur

les matières organiques, sur les protéines en particulier : le liquide #iltré est appauvri en protéines. Le filtre n’aurait-il pas, avec une partie des protéines, retenu quelque élément nécessaire à la génération spontanée des microbes ?

En vérité, il serait désirable qu’on &@isposât de liquides

stériles non seulement sans devoir les chauffer, mais même sans devoir leur faire subir aucun traitement, de quelque nature qu'il soit, et qu’on pourrait toujours accuser d’avoir détruit la capacité d'organisation ou de génération spontanée. Ce désideratum peut être réalisé au moins pour certaines liqueurs de l'organisme: plusieurs d’entre celles- €<i, dans l'organisme normal, ne renferment pas de microbes, tout en constituant des milieux favorables au développement des germes qu'on y introduit. Tels sont Le -sang, l'urine, le lail, d'autres encore. Il est facile deretirer les deux premiers de ces liquides sans les souiller de

microbes ;-il est possible, sinon très facile, d'y réussir.

pour le troisième. Or, à l’abri de microbes venant du dehors, ces liquides se conservent indéfiniment stériles : ? la génération spontanée ne s'y produit pas.

Dans un ballon à col effilé terminé en pointe faisons pénétrer quel-

ques c.c. d’eau, portons à l’ébullition pour stériliser la cavité et le »

contenu du ballon et pour chasser l’air qui le remplissait. Fermons la pointe à la lampe, laissons refroidir ; la vapeur se condense, le vide se fait dans le ballon. Sur un chien, préparons aseptiquement l'artère fémorale p. ex., et enfonçons à travers sa paroi la pointe eflilée du

ballon, flambée au moment de faire cette manœuvre et poussons-la.

-dans l'artère vers le cœur jusqu’à ce que soit obturée l'artère. Brisons la pointe dans l'artère : le sang jaillit dans le ballon ; retirons la pointe et fermons-la à la lampe. Si aucune faute n’a été commise

durant la manœuvre (qui aurait eu pour conséquence de laisser péné=

‘trer des microbes dans le ballon), le sang ainsi recueilli se conserve indéfiniment sans se putréfier et sans se peupler de microbes. La génération spontanée ne s’y observe pas.

Pour obtenir de l’urine aseptique, on procédera de la même façon ; au lieu d’enfoncer la pointe dans l'artère dénudée, on l’enfoncera,

Page 1