L'IMMUNITÉ
NTIMICROBIENNE NATURELLE 997
On a suivi au microscope les phases successives de la
phagocytose d'un spirille voisin, mais pourtant distinct du … précédent, le spirille qui détermine chez l’oie une septicémie mortelle, Injectons dans le péritoine du cobaye du - sang d’oie contenant de tels spirilles : pendant plusieurs heures, ces microbes demeurent libres au milieu des microphages qui s'accumulent dans la liqueur ; mais tardivement, plusieurs heures après l'injection, les macrophages arrivent à leur tour. Examinons en goutte pendante un peu du liquide péritonéal prélevé à ce moment. On y voit des macrophages pousser des pseudopodes vers les spirilles et les fixer : le microbe ainsi retenu présente de vifs mouvements ondulatoires, mais il s'enfonce peu à peu dans le protoplasma macrophagique, sans cesser d’agiter sa portion encore libre. Une fois englobé d’ailleurs, il subit rapidement une modification de structure, qui fait qu'on ne peut plus le distinguer du protoplasma ambiant.
| Notons, en passant, que les microphages ne résorbent pas les spi-
£ rilles, et rapprochons ce fait de cet autre, antérieurement signalé, We | que dans la résorption des hématies d’oie, dans le péritoine du cobaye, seuls les macrophages jouent un rôle. Nous venons de reconnaître qu’au contraire microphages et macrophages participent, ou
Le tout au moins peuvent participer à la résorption des vibrions cholériques et des streptocoques. Cette remarque nous rappelle qu’il ne convient pas de généraliser prématurément en microbiologie : avant
de s’y décider et de conclure, on ne saurait réunir trop de faits.
L. Injectons dans le tissu cellulaire sous-cutané du rat une es
w culture de bactéridies : une exsudation séreuse se produit, a dans laquelle arrivent bientôt des leucocytes, des microphages d’abord et en surabondance, qui transforment la sérosité, primitivement claire et transparente, en un hquide trouble et assez nettement visqueux. L'examen microscopique montre que les bactéridies sont englobées par les leucocytes, surtout par les microphages, qui en sont littéralement bondés.
La phagocytose s’applique non seulement aux microbes sous leur - forme végétative, mais aussi à leurs spores: nous en avons un à exemple avec les spores tétaniques. Si, dans le péritoine du cobaye,
+ te des plus ioties: et il est facile de Roue au milieu des granulations des leucocytes polynucléaires, ces spores … (grâce à leurs dimensions et à leurs colorabilités) et de les y voir se modifier et disparaître.
La phagocytose s’observe encore pour les parasites prolozoaires, pour les {rypanosomes p. ex. On trouve fréquemment dans le sang du rat un trypanosome : injectons dans le péritoine du cobaye un peu de sang du rat trypanosomé. Quelques heures après l'injection, il est encore parfaitement mobile, et ne présentant pas de modifications structurales appréciables, dans un liquide où les leucocytes sont rares. Assez tardivement, se produit un afflux de leucocytes et une phagocytose macrophagique se s’accomplit : on voit les trypanosomes, accolés aux macrophages, exé- | cuter des mouvements très vifs de leur flagellum tant qu'ils n’ont pas été totalement englobés ; ils disparaissent « d’ailleurs dans le protoplasma macrophagique avec une remarquable rapidité.