‹ Précis de physiologie microbienneChapitre 88 sur 145 · MIE · texte numérisé non relu

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dé À

Biage

ue

du microbe du choléra des poules, nous avons pu engen-

drer une maladie, dont la gravité a été en s’atténuant pro-

gressivement et régulièrement jusqu'à ne plus se produire.

Nous avons pu notamment provoquer à coup sûr (il suffirait de laisser vieillir la culture tant de jours dans des conditions de température et d'aération bien définies) des

maladies bénignes, dont la poule quérissait sans exception

Si, quelque temps après la guérison, on injecte à la poule ayant eu un choléra très net une culture fraîche du microbe (de celles qui tuent en 24 h.), on constate qu'elle demeure en pleine et entière santé. La première crise de choléra surmontée par la poule lui a conféré une solide

immunuté contre le microbe le plus actif dont nous disposons. N'est-ce pas là la répétition de la variolisation ou de

la vaccination jennerienne ?

Pour rappeler cette analogie, on a désigné sous le nom de vaccin le microbe des cullures vieillies, celui qui provoque la maladie quérissable et immunisante. Le vaccin, ou plus généralement un vaccin, est donc un microbe pathogène peu actif, disons atlénué, apte à provoquer une maladie bénigne conférant l’immunité.

On a souvent et malheureusement appliqué cette dénomination de vaccins à divers produits, dont quelques-uns ne renferment plus d'éléments vivants, bacilles morts, ou liquides filtrés de cultures, aptes à modifier la sensibilité d’un sujet pour une infection. IL y a là

une regrettable faute, car c’est introduire la confusion en des ques-

tions où elle est très dangereuse. Nous conserverons strictement le mot vaccins pour désigner les microbes atlénués et vivants, et le mot vacci-

nations pour désigner les préparations d'immunisation par inoculation de

vaccins.

Une culture de microbe du choléra des poules s’atténue d'autant plus qu'elle vieillit davantage ; inoculée à une certaine date, elle engendre une maladie d'une certaine gravité et d'une certaine durée. Imaginons qu'à cette même date, nous réservions un peu de la culture pour

faire un ensemencement dans un bouillon neuf et que

nous fassions dès lors une série de cultures, en ensemençant

chaque jour un peu de la culture faite la veille, en un bouillon neuf. Au bout de 30 jours, en inoculant la

; P e k 4 is = ARE ANNT 1 re | + 1 y de ve à ëe Re : 4 ARS pc 30° culture, nous provoquons, chez la poule neuve, la mê

pour faire nos ensemencements.

Donc, durant ces passages successifs quotidiens en

milieu neuf, le microbe s'est conservé identique à lui=

même ; il n’a pas vieilli, peut-on dire. Il n’a pas rajeuni

non plus, puisqu'il n’est pas plus pathogène que le microbe

vieilli, dont il provient ; il s’est immobilisé, nous dirions volontiers il s’est figé ou cristallisé dans l’état où il se trouvait. En vérité, il représente une variélé, telle qu’on la définit en zoologie ou en botanique : il appartient bien à l'espèce microbe du choléra des poules, mais il diffère du choléra des poules normal par un caractère tout au moins (son Revo pathogène).

On est fine amené à parler de races de vaccins; et il s’agit bien de races, car, en prenant certains soins et certaines précautions, on

parvient à les conserver intégralement avec tous leurs caractères. Ce

ne sont pas ici d’ailleurs des caractères morphologiques, ce sont des caractères biologiques, et qui sont plus délicats assurément que ne sauraient l’être les premiers.

Injectons à une poule neuve une très vieille culture du microbe du choléra des poules, ne présentant plus qu’un pouvoir pathogène infime : à peine la poule a-t-elle esquissé un vague malaise. Si quelque temps après cette première injection, nous inoculons à cette poule un microbe très jeune, des plus actifs que nous possédions, la poule prend un choléra mortel. La vaccination a été nulle, ou tout au moins insuffisante.

Mais supposons qu’à la poule ayant reçu la première injection, noüs inoculions, quelque temps après, une culture vieille de 2 à 8 semaines, de celles qui tuent encore la poule neuve après lui avoir imposé une maladie prolongée, nous constatons que la poule résiste fort bien à cette seconde inoculation, à la suite de laquelle ne se développe qu’une maladie très bénigne. La guérison étant acquise, nous faisons à cette poule une 3° injection, en employant cette fois le

microbe le plus puissant : la poule supporte en général cette dernière

inoculation sans présenter d'accident, ou si exceptionnellement elle en présente, ils sont extrêmement bénins.

Nous traduirons ces faits en disant que nous avons

fraclionné l’immunisation. En inoculant d’abord un vac-

maladie exactement que nous provoquions un mois auparavant avec la culture vieillie, dont nous sommes partis

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