‹ Précis de physiologie microbienneChapitre 89 sur 145 · AE SES É ANA · texte numérisé non relu

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cin très faible, nous avons conféré une immunité modérée, puis, en inoculant un second vaccin plus puissant, nous avons accru ou renforcé celle immunilé au point de la

rendre absolue.

Nous serions arrivés au même résultat en employant un seul vaccin convenablement choisi, de ceux qui provoquent une maladie grave, mais non mortelle. En fractionnant la préparation, nous avons réussi à obtenir l’immunité absolue sans jamais provoquer de maladie grave : les deux affections vaccinales ont été très bénignes, à peine indi-

quées, et pourtant le résultat obtenu a été parfait. N'est-ce

pas là un renseignement précieux, et qui devra nous guider

dans la pratique des vaccinations à faire éventuellement

chez l’homme ?

- Ces résultats acquis avec le microbe du choléra des poules, il fallait tenter de généraliser. Ne pourrait-on pas obtenir des vaccins équivalents à ceux dont nous venons de parler en laissant vieillir des cultures de divers mi-

crobes, de bactéridies, de staphylocoques, de streptoco-

ques, etc. ?

Si on dispose d'une cullure de bactéridie très pathogène pour le lapin, et si on conserve cette culture plus ou

moins longtemps à la température du laboratoire, on constate que, contrairement au microbe du choléra des poules, elle conserve sa nocivité intégralement.

Ce résultat, qu'on serait tenté de considérer comme re-

grettable, mieux vaudrait dire désastreux, est dû à ce que

la bactéridie est capable de produire des spores, c'est-àdire de prendre une forme d’allente ou de résistance,

jusqu’à ce que soient réalisées des conditions favorables à a

la prospérité bactéridienne.

Tout ce que nous savons sur les spores microbiennes conduit à les

comparer aux graines des végétaux, dont la vie est latente, dont la

résistance aux intempéries est considérable, et qui, durant cette vie

latente, ne s’altèrent pas, ne se modifient pas, ne subissent ni.

outräges, ni influences et se montrent toujours identiques à ellesmêmes, quel que soit le moment où, sortant de leur immobilité biolo-

gique, elles reprennent leur activité et leur fragilité aussi, en reprenant la forme végétative. La graine, en particulier, ne vieillit pas,

et qu’elle soit demeurée graine quelques semaines, ou quelques

MoN elle donne. nd he dti Fr l'humidité de

réveillent de sa torpeur, le même végétal, possédant les mêmes pro- F3

- priétés (toutes les propriétés, sans en excepter aucune) que celui dont

elle provient. Ainsi en est-il de la spore microbienne: elle fixe le ie - ;

microbe, dont elle représente une phase évolutive, dans l’état exact où il se trouvait au moment de sa formation : notamment, elle fixe et retient immuable sa virulence, c’est-à-dire son activité pathogène.

Le microbe du choléra des poules peut vieillir, parce qu'il ne produit pas de spore ; la bactéridie ne saurait vieillir, parce qu'elle forme des spores. On peut imaginer pourtant que si l’on parvenait à empêcher la bactéridie de produire des spores, on constaterait peut-être son vieillissement, se traduisant par une diminution d’abord, par une suppression ensuite de sa capacité d'engendrer le charbon.

Or on a pu obtenir des cultures bacléridiennes asporo-

gènes (ne produisant pas de spores) par divers artifices ;

on y réussit en ajoutant p. ex. à la culture de petites * quantités d’antiseptiques (phénol, etc.), ou mieux encore en maintenant la culture à 42°,5.

Une culture bactéridienne maintenue à 420,5 est stérile au bout d’un mois : à ce moment, tous les éléments qui la peuplaient sont morts. À partir du 8° jour, bien qu’elle renferme des bactéries vivantes (elles se multiplient rapidement quand on les introduit dans du bouillon), la culture n’est plus pathogène pour tous les animaux de laboratoire. Durant les 8 premiers jours, elle est pathogène, maïs

d'autant moins qu’on l’examine plus tardivement : après quelques jours, elle n’est plus pathogène pour le lapin, tout en l’étant encore pour le cobaye et la souris; après quelques jours encore, elle n’est plus pathogène pour le cobaye, tout en l’étant encore pour la souris ; enfin, au 8° jour, elle cesse de produire des accidents chez la souris, qui est l’animal le plus sensible vis-à-vis de la bactéridie que nous connaissions.

Si, durant cette période d’amoindrissement progressif de son activité pathogène, on prélève un peu de la culture pour l’ensemencer en un milieu convenable maintenu au voisinage de 37°, on obtient une culture abondante, qui présente et conserve (dans les cultures

successives qu’on en peut faire dériver) le pouvoir pathogène, tek

qu’il existait en la culture d’où l’on est parti (culture à 42°,5) au moment précis où l’on a fait le prélèvement. On a donc, par la culture à 42°,5, créé des races successives de bactéridies, ayant chacune son

pouvoir pathogène propre, et qui demeure stable, ou fixe, dans 12

Voici donc renouvelés me avec les mêmes Fésuliats les

essais faits avec le microbe du choléra des poules plus ou moins atténué. On peut légitimement se demander si ces . bactéridies modifiées et pathologiquement amoindries ne constituent pas des vaccins, c'est-à-dire des microbes capables, en provoquant chez l'animal une maladie bénigne, de créer l’immunité. L'expérience justifie ces prévisions.

Si, dans la série des microbes atténués que nous avons considérés, nous choisissons celui qui provoque chez le lapin une maladie non

évidence chez lui, une fois la guérison parachevée, un état d’immunité anticharbonneuse très nette, en lui injectant (10 à 15 jours après la première injection p. ex. ) une culture bactéridienne capable

lement le moindre accident.

Ici encore, on a avantage à employer la méthode d’immunisation fractionnée (en fait, c’est elle qu’on adopte pour vacciner contre le charbon les animaux domestiques). On injecte d’abord un vaccin très faible, le premier vaccin bactéridien (ou 1°" vaccin pasteurien): ce

cobaye, ni le lapin. L'animal inoculé, mouton ou lapin p. ex., survit à sans avoir présenté d’accidents sérieux : il est immunisé, parce que - (8 à ro jours plus tard) on ne provoque chez lui que de minimes

accidents en lui injectant une bactéridie atténuée, capable de provo- - ‘quer des accidents graves chez l’animal neuf ; mais son immunité est partielle, car il ne supporterait pas, sans en mourir, l’inoculation d’une Ï4 bactéridie très pathogène. De 8 à 15 jours après la première injection préparatoire, on inocule le 2° vaccin bactéridien ou pasteurien : ce “ sont des bactéridies qui tuent la souris et le cobaye, mais qui ne 7 tuent pas le lapin neuf: l’animal inoculé n’est pas malade. Quelques

jours plus tard, il supporte, sans présenter d’accidents, l’inoculation de

la bactéridie la plus pathogène dont on puisse disposer. La seconde

inoculation préparatoire a donc renforcé l’immunité produite par la S première. IL est évident qu’il y a avantage (quand aucune raison

n’impose l'obligation de réaliser l’immunité le plus vite possible) à | substituer la double inoculation vaccinante à l’inoculation unique : À cette dernière engendre toujours des accidents au moins sérieux, tandis que Pimmunisation fractionnée peut se faire sans que l’animal soit jamais véritablement malade.

mortelle, et si nous l’inoculons à un lapin, nous pouvons mettre en

de tuer un lapin neuf, auquel on i l'injecterait à la même dose et dans les mêmes ntons: l’animal préparé survit sans présenter généra-

sont des bactéridies qui tuent la souris, mais qui ne tuent nile

à Slide étudier un troisième cas, celui de la rage et d : l’immunisation antirabique: Cette étude, comme les pré cédentes, nous permettra d'acquérir de très importantes …

Pour ere ME encore Le. résultats bienus n us

connaissances biologiques.

LA

La rage est une maladie qui s’observe chez le chien, et chez les

animaux et l’homme mordus par les chiens enragés. Expérimentale-

ment, on la provoque chez le chien, le chat, le lapin, etc., en inoculant

sous peau de la salive de chien enragé. Il est au moins vraisem-

blable que cette salive renferme le microbe générateur de la rage (nous disons le microbe, car tout se passe comme si l’agent provo-

quant la rage était un microbe ; mais toutes les tentatives faites pour

l'y découvrir et l’en retirer ont été vaines; et cet insuccès ne facilite pas le problème de l’immunisation antirabique).

La salive inoculée détermine la rage; mais la salive de l’animal

enragé n’est pas la seule matière capable de la provoquer : les acci-

dents présentés durant l’évolution de la maladie rabique traduisent

des troubles du système nerveux central, et l’idée se présente que l'agent déterminant la rage pourrait bien se trouver dans les centres nerveux et notamment dans le bulbe, en raison de ces spasmes du pharynx (les nerfs pharyngiens sont d’origine bulbaire), qui sont l’un

des traits caractéristiques de la rage. Cette précision se justifie plei-

nement. Si un chien ou un lapin vient de mourir enragé, et si,

retirant les centres nerveux, notamment le bulbe et la moelle, on en

faitune émulsion légère dans l’eau salée, ou peut provoquer la rage

… chez l’animal auquel on injecte sous la peau un peu de cette émulsion. Les centres nerveux et spécialement le bulbe sont, parmi les tissus . fournis par le chien ou le lapin mort enragé, ceux qui permettent

d’obtenir la rage expérimentale le plus sûrement et rapidement.

Les centres nerveux de l'animal enragé peuvent donc être assimilés à une culture microbienne ; et, comme les tissus d’un animal normal sont stériles, on est conduit à considérer que les centres nerveux de l’animal enragé représentent une culture pure du microbe de la rage.

Cette culture est faite dans l’organisme au lieu d’être faite in

vitro ; elle est faite sur tissu nerveux au lieu d’être faite sur bouillon :

qu'importe? L'essentiel est de posséder cette culture pure et de pou-

… voir l’inoculer pure : il suffit, pour y réussir, de prélever aseptiquement

les centres nerveux, de les broyer dans l’eau salée stérile, en évitant de souiller la liqueur de quelque microbe; et cela ne présente pas de difficulté considérable.

Cette culture pure de rage ne saurait d’ailleurs nous satisfaire entièrement quand elle provient d’un chien accidentellement enragé

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