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I. — Maintien de l'intégrité du territoire

1" Création d'une :^one d'action impériale. — Avant tout il convient de séparer nettement la zone d'action impériale de la zone d'action administrative; la première doit être suffisamment large pour ne pas être gênée par l'extension de la seconde. Celle-ci — mais il s'agit seulement alors de règlements administratifs, — doit prêter tout son concours (ravitaillement, recrutement, surveillance, etc.) à l'œuvre entreprise dans la première.

2" Unité du commandement dans cette zone. — La p remière condition, pour mener à bien cette politique est Vanité de commandement qui consiste dans la concentiation des pouvoirs délégués par le gouvernement ou son représentant en une seule main, car il ne doit y avoir qu'un seul effort ordonné par une seule volonté.

Z° Choix d'un point central. — La zone frontière en question est d'ordinaire très étendue. Elle doit comporter un point central où se tient la personne entre les mains de qui sont réunis les pouvoirs délégués par l'État. Pour la rapidité des solutions à prendre, ce point doit être choisi tel que de là on puisse communiquer facilement avec les divers points occupés, d'une part, sur la zone frontière, d'autre part, dans l'intérieur.

4° Secteurs. — Cette zone frontière est divisée à son tour en secteurs qui englobent chacun, soit une région géographique déterminée, soit une ou plusieurs tribus déterminées avec, autant que possible, les terrains de parcours de ces tribus.

5° Installation des postes aux endroits stratégiques et particulièrement aux points d'eau. — La premiè."e question qui se pose dans la zone frontière étant celle de la mise en défense contre les incursions de l'ennemi.

îl est indispensable de créer les postes chefs-lieux de secteurs aux endroits de plus grande utilité stratégique. Ces endroits peuvent, selon le cas, commander une route, un défilé de montagnes, un point d'eau. Principalement l'occupation des points d'eau, éloignés les uns des autres en régions sahariennes, paralyse l'efïort des pillards. Il ne s'agit pas, bien entendu, d'occuper la ligne entière de ces points, mais de se concentrer près des aiguades à proximité desquelles se trouvent les pâturages les plus abondants, c'est-à-dire, permettre au poste d'avoir un troupeau.

G° Communications rapides entre les postes. — Les postes doivent communiquer entre eux vite et facile- .mentpour coopérer à la poursuite des pillards, si ceux-ci, malgré toute surveillance, ont pu passer entre les postes. Ces communications peuvent se faire par méharistes, -cavaliers, piétons, ou par télégraphie optique ou électrique, etc.

7° Nombre des postes réduit au minimum. — Nécessité d'avoir, dans les pays désertiques, le moins de postes possible, à cause des difficultés et du prix des ravitaillements. Aussi le choix de leur emplacement doit-il être mûrement étudié.

8° Nombre des troupes réduit au minimum. — Nécessité de faire garder ces postes par les troupes strictement nécessaires, indigènes autant que possible.

9° Mobilité des troupes d'occupation. — Nécessité pour ces troupes d'être très mobiles et de pouvoir déplacer une partie de leur effectif en peu de temps (1).

(1) Ce problème a été résolu de la façon la plus remarquable, dans l'Extrème-Sud algérien, par la création des compagnies sahariennes.

« Ces compagnies sahariennes sont des instruments admirable-

Les animaux porteurs doiveut être rassemblés le plus vile possible. Si on le peut, lever des goum locaux, dont les services sont précieux. Raids incessants par des troupes aussi légères que les nomades; ne jamais lancer -de grosses colonnes dans le pays de la maigreur, de la faim et de la soif (1).

10° Nécessité pour les troupes de connaître le pays. — Elles doivent se rendre le plus vite possible aux points où €st signalé l'ennemi ; donc nécessité de connaître le pays . Avoir de bons guides indigènes. Se passer de leurs sei-vices dès que la connaissance du pays par les troupes i-égulières le permet. Jusque-là ne choisir comme guides ■que des hommes parfaitement connus et en qui on peqt avoir toute confiance.

IJo Création de lignes d^ étape. — Pour que le service

« ment adaptés au rùlc de police et de surveillance qui leur in- » combe. Elles comprennent, sous les ordres d'un capitaine : » quatre lieutenants, un médecin, une douzaine de cavaliers à » cheval, 200 cavaliers meliaristes, liiO tirailleurs, 20 artilleurs et j) deux pièces, puis quelques secrétaires, ouvriers et inlirmiers. » Elles disposent, en outre, d'un convoi dune centaine de cliameaux » pour les transports. Elles se recrutent parmi les tribus arabes )) nomades du Sud et, déjà, elles reçoivent quelques Touaregs .

» Leurs détachements, toujours en mouvement, parcourent les )) grands espaces du Sahara, assurant la police du désert, poursui- » vant les pillards, amenant progressivement la soumission des )) tribus, protégeant leurs caravanes et leurs troupeaux.

» Quinze kilogr. de farine, une outre, ses armes, ses cartouches, » son burnous, tel est l'équipement complet d'un meharistese met- » tant en route pour un mois. La chasse pourvoit au complément » de sa nourriture.

» Un détachement peut norr.adiser pendant six mois avec ses )) propres moyens sans toucher barre à son poste de ravitaille- » ment. » ^Questions sahariennes, lletat de Géographie, i" déc. 1905, p. 3yi.)

(1) D'après le dicton maure, un homme ne peut jamais mourir lorsqu'il a le ventre plein.

marche régulièrement, il importe que les postes soient ravitaillés à date fixe par des lignes d'étape connues, et que par ces lignes d'étape passent les courriers à datefixe. Donc création de lignes d'étape, entraînant creusement de puits, etc.

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