GÉNÉRALITÉS SUR LES CONSONNES
Une consonne est dite sonore ou sourde suivant qu'elle est accompagnée ou privée de vibrations laryngiennes (cf. fig. 38 et 39).
Fig. 38.
S. Souffle recueilli à l'aide d'une embouchure au sortir de la bouche. — L. Larynx exploré aumoyen d'une cipsule fernice. — L'inscription a été prise à la grande vitesse du cylindre enregistreur. (Cf. le dispositif, fig. i.)
1. Souffle. — La portion horizontale de la ligne correspond à la fermeture de la bouche. Au moment de l'e.xplosion, l'air sortant brusquement et en abondance fait dévier la plume du tambour inscripteur et le tracé remonte. Les vibrations que l'on y remarque appartiennent à la voyelle.
2. Larynx. — L'apparition des vibrations sur la ligne du larynx correspond à l'entrée en action de cet organe.
Pour les sonores (A, 1/, v, etc.), le moment où le larynx se met à vibrer précède celui de l'explosion.
Il est facile de se rendre compte avec le doigt appliqué sur le cartilage thyroïde de la diflfi.-ence de ces deux ordres de consonnes. Comparez à cet égard v et/, h et A. etc. : v Qt h sont sonores ; /et/?, sourds.
pu
Fig- 39- Mêmes dispositions expérimentales et mêmes remarques que fig. 38. Pour les sourdes (p, t,f, etc.), il y a accord, ou à peu près, entre le moment de l'explosioii marquée par le relèvement de tracé du souffle et celui où le larynx entre en vibration.
RousSELOT. — Prononciation françatse. 4
Une consonne est douce ou forte en raison de l'intensité relative de l'effort articulatoire nécessaire pour la produire.
Comparez encore en plaçant le doigt entre les lèvres v Qt f, b et p : V etb sont des douces ; f çtp, des fortes.
Comme, dans la sonore, l'effort se partage entre le larynx et l'organe articulateur (lèvres ou langue), la sonore est toujours une douce. Mais la douce n'est pas toujours une sonore.
De même la forte est naturellement sourde, l'eff^ort articulatoire s'opposant à l'action du larynx.
Si la consonne ne comprend que les deux premiers temps (la tension et la ternie), elle est dite implosive.
Si elle se compose principalement de la tenue et de la détente, elle est dite explosive.
a — h — a ah — h a
Fig. 40. (Priiic. de Phon. Exp.)
A. Souffle (Inscripteur à membrane rigide). — B. Rapprochement des lèvres (Ampoule exploratrice). — C. Larynx (Capsule fermée).
I. — (lia. La tenue est comprise entre les deux pointillées : elle est courte et l'effet acoustique produit, simple.
2. — ab-ba. La longueur du silence qui sépare la tension de la détente permet à l'oreille de reconnaître les deux bruits caractéristiques qui accompagnent d'une part la fermeture, et, d'autre part, l'ouverture du canal vocal. On entend un b implosif (entre les deux premières pointillées) et un h explosif Centre les deux dernières).
Bien que le larynx continue à vibrer pendant tout le temps de la tenue, le bruissement produit n'est pas suffisant pour conserver la continuité de l'impression auditive.
Enfin si l'articulation est produite avec une force inusitée de façon que la tension soit énergique et la tenue prolongée, V implosion et V explosion deviennent sensibles à l'oreille (fig. 40). Nous sommes alors frappés comme de deux sons que nous marquons par le redoublement de la consonne. Au point de vue organique, il n'y a qu'une seule articulation forte et longue; mais au point de vue acoustique, on
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