HAUTEUR MUSICALE
La hauteur musicale dépend du nombre de vibrations exécutées par le corps sonore dans l'unité de temps (la seconde). Elle se calcule pour les voyelles et pour les consonnes sonores.
En général, la voyelle est plus aiguë que la consonne.
Dans les groupes isolés, s'il n'y a que deux syllabes, la seconde est plus aiguë que la première; s'il y en a trois ou un plus grand nombre, le ton s'élève entre la première et la dernière d'une façon progressive, ou bien il fléchit sur les syllabes du miHeu. La succession d'une grave et d'une aiguë ne se fait pas aussi rapidement que celle des temps faibles et des temps forts.
Dans la conversation familière, les changements de ton sont nombreux et comportent une grande étendue, mais les intervalles sont toujours peu considérables.
Chez certains provinciaux, les changements de ton se font suivant des intervalles très sensibles à l'oreille. On dit qu'ils chantent en parlant.
Dans la lecture, surtout si elle est solennelle, le ton est plus monotone; la voix ne s'élève notablement que pour marquer une suspension de sens, une exclamation ou une interrogation, et ne s'abaisse guère qu'à la fin des phrases. (Voir la mort de Roland, p. 96.)
Dans les mots complètement isolés, l'accent a conservé en français sa place historique : la dernière syllabe sonore (1'^ muet non compté) est la plus longue, la plus intense et la plus aiguë.
Dans le parler faubourien des Fortifications et dans la prononciation de certaines provinces, la Bourgogne notamment, l'accent se porte sur l'avant -dernière syllabe.
Mais, dans la phrase, l'accent oratoire prévaut sur l'accent du mot et peut dépouiller celui-ci, soit de sa quantité, soit de son intensité, soit de sa hauteur musicale. C'est ce que l'on va voir dans le récit suivant, qui a été recueilli dans la double colonne d'air sortant par la bouche et par le nez, au moyen de deux tambours inscripteurs.
Mort de Roland,