CONSONNES SIMPLES INITIALES ET MÉDIALES
C'est à l'initiale et à l'intérieur des mots que les consonnes simples conservent le plus régulièrement leur valeur normale. Il suffira souvent de noter les exceptions.
L'/; ne sonne jamais dans le français littéraire. (Voir p. 54.) Nous en reparlerons à propos des liaisons.
Le son y est représenté par /, /, y et par toutes les graphies de 1'/ mouillée (///, f/, //, Ih, glï).
i = )', avant une voyelle, quand il n'est pas précédé d'un groupe de consonnes (^bl, pr, îr, etc.).
Ex. : acac-m, d-/aniant, ent-/^r, t-ien, ^-ieux, d-/^cre, d-Z^dème, etc., mais fabl/-au, sembh'-ez, pn'-ez, quatr/-ème, etc.
On peut assigner au groupe i -\- voyelle trois origines : 1° une diphtongaison (p/Vd, iier (adj.); 2° le rapprochement de deux voyelles (ïier (verbe), a. fr. fider; oubhVr, a. fr. oblider; m/t'tte = mie+ ette, etc.); 3° un emprunt (action, diamant, etc.).
A l'origine, le groupe comptait pour une syllabe dans le premier cas, pour deux dans les autres. Après un long travail intérieur qui n'est pas encore accompli, Vi est devenu syllabique, s'il ne l'était pas, quand il vient après un groupe formé d'une muette et d'une liquide (br, bl, pr, pi, etc.). On dit donc : gri-ef commQ oubli-er. Dans tous les autres cas, la tendance est de réduire le / en y. Comme nous disons p-ie-d, nous disons f-ier (verbe) m-/^-tte, act-ion, par un y en une seule syllabe. Cette évolution est complète dans la langue courante. Mais la poésie conserve à peu près l'usage ancien; et, dans le discours pubHc, un orateur qui voudra bien inculquer sa pensée dira :
« Il ne faut pas s'y ff-er ! »
t = y entre deux voyelles dont la seconde n'est pas un e muet.
Ex. : fa-/ence, a-i'eul, ba-ibnnette, etc., mais inou/'-e, etc.
y = y 2L l'initiale.
Ex. : }'ole, Folande, etc., et dans quelques mots : BIa-3'e suivant la prononciation du pays, païen (pa-ycn), etc.
D'ordinaire y équivaut à. i -\- y :
Payer (pa/-jer — peyé — ), grasseyer (grasseZ-^er, — eyé), broyer (bro/yer — hrwayé). De même : foyer, moyen, doyen, loyer, loyauté, flamboyer, etc.
LiTTRÉ conseille la prononciation archaïque bro-ier, mo-iin, qui n'est plus celle de Paris.
Il n'est pas rare cependant d'entendre encore moyè, dans le langage familier.
INITIALES ET MEDIALES I53
I/v dans certains mots représente seulement deux i : pays (pai-i), abbaye (abai-i), Bayse ou Baïse(Bai-iz).
Le }' tend à s'introduire surtout dans les mots populaires où r/ est suivi d'une autre voyelle : prier (pri-3'er), nous prions (pri-j'ons), prieur (pri-3'eur), pays (pé-3'i), abbaye (abé'/i), quiétisme (kil'i-3'étisme), etc. Mais on dit plutôt : apri-orl, pri-orité, etc.
L'analogie de payer, payons amène je pe-y (paie), la pc-y (la paye ou la paie) et peymà, à côté de pè, pèmà^ dans la même bouche.
De même, à Paris, on entend : sivay, vzuay pour : que je sois, qu'il soit, que je voie, qu'il voie, introduits sous l'influence de swayô, vwayô (soyons, voyons, etc.).
L'/ mouillée --= y.
En conséquence, le y est encore représenté dans le corps des mots, par :
1° /'// après une voyelle autre que 1'/. Ex. : bata-ill-on (bata-yon), mou-ill-er, rou-ill-e, La Trémo-ill-e Qremu-y'), etc.
2° Il après / : bi-11-ard (bi-yard), dessiller, fille, etc.
Il faut faire exception pour les mots d'origine savante ou orthographiés à la latine dans lesquels // se prononcent // ou / (Voir /), comme illégitime, tranquille, ville, etc.
Pourtant, parmi ces mots, quelques-uns ont acquis une / mouillée. Ce sont aiguille, camomille, Camille, il scintille.
Sur ces deux derniers mots l'accord n'est pas encore complet. On entend aussi CamiQ)le, il scinti(J)le. Inversement, « rou-z7/-er les yeux » est devenu « rouler les yeux » dès le xviiie siècle.
3° // après u dans le nom de lieu Su-ll-y, en Bourgogne, (prononciation du pays).
4° Ih ou ilh (graphie méridionale) : Milhau (mi-j'au), Pardailhac (Parda-)'ac), Fazu-ilhe (fazœ-^'), etc.
RousSELOT. — Prononciation française. 1 1
Cette graphie, peu comprise, est souvent lue / : Nolhac (No-lac).
5° gli dans les mots italiens : de Broglie (Bro-ye).
La lecture a amené une exception : la rue de Castiglione.
Vè devant une autre voyelle, par exemple dans Napoléon, Odéon, n'a jamais la valeur d'un y. Cela est dit pour les étrangers.
Des Français même prononcent aussi à tort fainéant (fc'nyà). La forme populaire esifénÛ « feignant ».
Le w s'écrit :
ou (oui, jouer, etc.).
0 (moi, poing, etc.).
u après une gutturale et devant un a (lingual, éqwateur, q/mdragésimal, Guadeloupe, algwazil, gwano, etc.).
w et zuh dans les mots anglais (tramicay, ivh'ist, etc.) et dans tc/allon.
Du xiie au xvic siècle, u après une gutturale et devant a n'était plus qu'un signe graphique (qz/antième, qualité). Mais vers 1550, la prononciation italienne du htm qu s'étant introduite chez nous sous l'influence du Collège de France, les mots empruntés au latin, à l'italien et à l'espagnol se sont conformés au nouvel usage. D'autres mots déjà anciens dans la langue ont suivi (aqwatique, que Ménage prononçait « acatique », etc.).
L'ambiguïté de cette graphie amène encore des hésitations. Les personnes instruites se rapprochent en général le plus du latin. Cependant, sur dix personnes de diverses professions libérales interrogées à cet égard, six ont dit qt/adriennal et quatre /radriennal, huit loq?^ace et deux lo/eace, une qz^asimodo et neuf ^asimodo, inversement neuf q//adrature et une /eadrature.
On entend à Paris jwë (juin) à côté de jiOè, dans la même bouche, suivant que la prononciation est plus ou moins précipitée. Plusieurs, et d'une excellente éducation, disent uniquement jwè.
INITIALES ET MEDIALES I55
La prononciation rapide tend à faire apparaître la voyelle dans les mots où elle ne forme diphtongue que depuis peu (j()/^-er, lou-er).
w Le w est écrit par /^(p/às, hwile, jwin, etc.).
Aux environs de Liège, on dit piui (puis). Ce défaut est très fréquent chez les étrangers, surtout les Anglais et les Allemands.
Après une gutturale et devant /, e, Vu représente la semi-voyelle iu (consangwinité, inexting/dble, éqwidistant, q/œsture, éqwitation). Cette prononciation a été introduite chez nous en même temps que celle de qu = kzo (voir lu). Une confusion s'en est suivie avec l'incertitude du son. Sur les dix personnes interrogées, comme pour, le lu, huit ont dit quintuple, q/àétisme, et deux Mntuple, /eiétisme; cinq équestre, éq/iitation, et cinq é/cestre^ é/eitation ; deux liq//.éfier, q/àntescence, et huit li/céfier, ^intescence; sept aigz/ille et trois aig-ille (par un g dur); une aigwiser et neuf aig-iser.
Quelques noms dialectaux se prononcent aussi avec lu : Gz/et, de Vog//ë, Gwise. Dans l'enquête mentionnée cidessus, on a recueilli deux Gwise contre huit G-ise (avec g dur), quatre Gu'iyo (Guyot) contre deux G-iyo (avec g dur) et quatre Guyo.
VIBRANTES
Aucune difficulté : /a, Lyon, habi/eté, ha/te, roi, rire, parle, etc.
La langue populaire tend à substituer y à //, par exemple : sou-yer pour soulier, esca-yer pour escalier.
A Paris, le peuple et quelquefois par négligence les personnes instruites disent : sab(le), sab(re), peup(le), liv(re), que(l)qu'un, e(lle) vient, et même a vient.
SPIRANTES
Le V s'écrit v dans les mots français d'origine (z^oir, î;iz;re, etc.), w dans les mots empruntés à l'allemand (fFagram, Brunstt'ick, etc.), / dans les liaisons (neu/ hommes).
L'anglais ivagon s'est francisé en vagon. Il en est de même, dans les bouches populaires, de tc/ater-closets, warrant, tramzt^ay, etc.
La consonne/ est représentée par/ (/aire, /lé/é, etc.) et par ph dans la plupart des mots pris du grec (philosophie, hydro^/;obe, etc.).
Le son ;( est figuré régulièrement :
1° par ;{ à l'initiale (:(èle, ;(éro, etc.), dans le corps des mots après une autre consonne (Bal:{ac, etc.);
2° par s entre deux voyelles dont la première n'est pas nasale (rose, heureuse, désagréable, etc.), — voir s pour les exceptions — et dans les liaisons (les hommes).
Quoiqu'elle ne soit pas précédée d'une voyelle, 1'^ sonne :( dans Alsace, Arsace, balsamine, balsamique et les composés de la particule trans + voyelle : transaction, transiger (excepté Transylvanie, transept, transir, transi, où l's est dure). Quelques personnes disent tran:{i. Il y a hésitation pour Israël, subsister, subsistance. On dit plutôt I;(rael et sub;^ister.
INITIALES ET MEDIALES I57
Le :( s'écrit aussi :
;( entre voyelles (di;^aine, hori:{on, etc.). X également entre voyelles (deiLvième, siA'ième, di;cième, etc.).
Il se trouve encore combiné avec g sous la graphie x :
1° dans les mots étrangers : (Xantippe, Xerxès, Xavier,
etc.).
2° Dans les mots qui commencent par ex, inex, hex, -{- voyelle (exact, inexact, hexagone, exaction, inexorable, exhaler, etc.).
La consonne s est représentée par :
s initiale ou appuyée sur une consonne (si, scander, espérer, transférer, absent) ou une voyelle nasale (tension, considérer, etc.).
ss entre deux voyelles (assez, roussir, etc.).
c devant e, ce, i, y (œp, ^ire, ^œcum, cyprès, îorce, accident, accessoire, etc.).
ç (fapde, le^on, re^u, etc.).
se (science, sceptique, etc.).
/ devant / (nuptial, minu/ie, confidentiel, prétentieux, égyp/ien, action, dévo/ion, Helve/ius, pa/ient, satiété, pé/iole, etc., et deux verbes en -tier : balbu/ier, initier).
X (soixante, Auxerre, Bruxelles, Saulxure, Saint- Maixent, Xerxès, Artaxerxès, Xaintonge dans l'ancienne graphie, etc.).
L's est contenue dans x appuyée sur une consonne (exclamation « e^sclamation », expatrier, etc.).
Cette variété de signes s'explique par l'histoire de la langue : Vs est la notation traditionnelle; le c sort de l'évolution du c latin: Vs double
de sources diverses, entre autres, de l'assimilation ; x est un artifice orthographique ; H et se sont des importations savantes.
L'5 + consonne n'avait dans la plupart des cas en ancien français que la valeur d'un signe diacritique servant à déterminer le timbre de la voyelle précédente. Elle a été remplacée dans ce rôle par l'accent circonflexe {téie pour teste) ou l'accent aigu (défaire pour desfaire). Quelques mots ont échappé à la réforme.
En conséquence :
L'5 est muette dans « il est », et dans un certain nombre de noms propres qui ont conservé l'orthographe archaïque : Aisne, Cosne, Mou5tier, Nesle, Vosges, Duguesclin, Estienne, Saint-Mesmin, Praslin, etc.
Mais, devant une consonne, Vs a conservé sa valeur dans le midi. Il faut donc la prononcer dans : Astros, Estaing, Lesparre, Monistrol, etc.
Certains noms, comme Pasqiiier, Pascaud, peuvent avoir deux prononciations, une pour le Nord (Paquier, P^caud) l'autre pour le Midi (Pasquier, Pascaud avec s).
A Paris, la tendance est de prononcer les s dans tous ces mots : on y est porté par la lecture et par le plaisir qu'on fait aux provinciaux qui trouvent cette nouvelle forme de leur nom plus relevée, et qui l'adoptent.
Dans les noms étrangers, l's se prononce toujours (Mesmer).
Au lieu de ss, on trouve, entre voyelles, s avec la valeur d's dure dans des mots composés ou savants (vraisemblable, soubresaut, présupposé, tournesol, parasol, antisocial, désuétude, monosyllabe, etc.).
La graphie t pour s n'est normale que dans les mots latins et leurs dérivés où le t était suivi d'un / en hiatus qui avait pu se consonnifier. Ainsi s'expliquent les exceptions que nous signalerons plus loin (voir /). Mais cette prononciation s'est étendue par analogie à des mots qui n'y avaient pas droit, par exemple : (idio/ie « idyosi », chrestoma//?ie « krestoinasi », etc.). De jeunes professeurs disent hrestomati.
La graphie x influe sur la lecture. Déjà, à Paris, on dit : Saint- Germain-l'Auxerrois avec x ■=. ks, et l'on entend souvent prononcer de même BruA:elles, Auxerre, Saint-Maixent, etc.
Le son ; est représenté par :
y (Joux, /eune, etc.).
INITIALES ET MEDIALES I59
g devant e, i (o^endre, ^éant, gibier, etc.).
ge devant o, u (^^ôle, ^^ôlier, man^^^ons, ga^^^ure, etc.).
Cette consonne sort d'une double source d'un i {y) latin et d'un g . D'où sa double notation graphique.
g devant c, /, est dur dans les noms étrangers (Gessner, He^el, Genesius, Gibbon, etc.).
Les erreurs de lecture font dire à plusieurs : geôlier pour JoUer, gajeure pour gajure.
Dès le xviie s. (Vaugelas), le peuple de Paris disait a/eter pour acheter. Encore aujourd'hui cette prononciation a cours, /eval, /eveu pour c/;eval, cheveu, anciens aussi (Dangeau), sont plus rares. Ni les uns ni les autres ne sont à conseiller.
Le € est représenté par :
ch dans les mots français (^Z;apeau, chtrchev, etc.) et dans certains mots étrangers, particulièrement grecs (c/;imère, arr/;iduc, arrMtecte, chérie, etc.).
sh, shi dans les mots anglais, hongrois (j-^ériff, shako, {■àshion « fa^on », faj/7/onable, etc.).
sch dans des mots allemands ou grecs (5c/;lague, j-^/;éma, jr/jisme, schxslt, etc.).
Avant le xvie siècle, le ch grec suivi de e i se prononçait comme le ch français. Avec le progrès des études grecques, le y prit dans tous les cas le son de k qu'il avait déjà devant a, 0. De là deux prononciations et des hésitations nombreuses. En général, les mots anciens ont gardé € pour ch, les nouveaux ont adopté k.
Ainsi nous disons avec :
Ac/;ille acWlléide
arc/:7evêque arc/;étype
c/;irurgien <:/;iromancie
ar^Mdiacre arc/^iépiscopnl
rac/;is, rac/;itique, etc* lic/;en Qïkhi), etc.
l60 CONSONNES
Il y a des hésitations pour quelques mots. Dans une enquête faite auprès de dix personnes instruites, on a recueilli les variantes suivantes :
arcMépiscopal
ch 4
arc/;étype
ch 5
âchécn
f/?iromancie
ch 2
tac/;j'graphie
ch 4
Achéron
ch I
Quelques-uns de ces mots ont une histoire intéressante. Achéron a divisé le monde des artistes : Lulli et l'Opéra tenait pour A/eéron ; Racine et la Comédie française pour Achéron.
Tac/;ygraphie, fait pour le peuple, avait reçu en naissant la prononciation française ch (Domergle).
ch -|- ^ se prononce aussi ^ dans les noms hébreux (Michée, Mic/;el, Zac/jée, chérubin).
Pour JoacMm, on dit : soit Joahim, surtout dans le monde universitaire, soit Joa-eè.
(Voir k pour les autres noms hébreux.)
OCCLUSIVES
Le b s'assourdit devant une sourde (abcès, aZ'solution, abstinence, obtenir, etc.).
C'est un signe orthographique sans valeur dans Dou(b)s, Lefe(b)vre et autres graphies archaïques.
Lefehure est ^onr Lefèvre ; l'ancien usage de ne pas distinguer t; et w a amené la lecture Lefébure.
Le p est complètement muet dans les graphies latinisantes des mots populaires ou introduits ancienne
INITIALES ET MÉDIALES i6i
ment (ba(p)tême, che(p)tel, coni(p)te, dom(p)ter, se(p)t, se(p)tième, exem(p)t, exem(p)ter, scul(p)ture, prom(p)titude, etc.) et dans les graphies archaïques des noms de lieux (Cham(p)nier, Cham(p)milon, etc.).
Mais il sonne dans les mots latins d'un emprunt plus récent (baptismal, exem/)tion, septennal, septuagénaire, septuple, captieux, Assom/)tion, corruption, sceptique, biceps, relapse, etc.) ou par suite d'une réaction étymologique (septante, septembre, etc.).
Il y a hésitation pour dompter, dom/?teur, où il vaut mieux le supprimer; pour indomptable, où le^ est plus fréquent; et pour symptôme sym/?tomatique, qui conservent plutôt le p.
Les Angevins font entendre le p dans Champtocé.
d La notation d est superflue dans poi(d)s.
Le t conserve sa valeur quand il est suivi d'/ -|- voyelle et qu'il est précédé de s, x (ques/ion, mix/ion, combus/ion, dynastie, — châ/ier, ancien chastier, etc.) ; dans les mots en -tiéj -tier (moiÀé, bonne/ier, Poi/iers, sauf les deux verbes balbu/ier et ini/ier où / = j); dans la conjugaison (nous por/ions) ; dans cen/iare, éléphan/iasis, galima/ias, chrétien, so/ie, Pé/ion, Clare/ie, etc.
Il est muet dans des mots comme Mon(t)fort, Mon(t)martre, Mon(t)rouge, Mon(t)pensier, Pon(t)gibaud, etc.
En Anjou, on dit Mon/jean, Mon^revault; en Bretagne, Por/rieux ; en Orléanais, Mon/richard, etc.
lé2 CONSONNES
Le son g s'écrit :
g devant a, o, ou, u et devant une autre consonne, sauf n (^ale, ^orge, ^oulu, ingurgiter, ^lace, suo^gestion, augmenter, etc.).
gii devant e, i, y {guerre, guet, guérite, morgue, guide, guide, ^wimauve, san^win, Guy, etc.).
ghi dans Enghien (âge), et gh dans des mots italiens (ghetto, etc.).
c dans second, seconder, etc.
Enfin il est caché sous x = g^ dans certains mots à l'initiale (A'erxès) et dans les mots commençant par ex, inex -\voyelle (exagérer, exemple, inexorable, etc.).
La graphie o-M sort d'un ït'germanique(îf erra-^z^erre),qui plus tard a perdu son u dans la prononciation. Malheureusement elle se confond avecf -f-?^ (ar^w-er). On a essayé de parer à cet inconvénient au moyen du tréma (ambig«^, ambig/«té), mais ce procédé n'a pas été employé partout (linguiste, inextingînble, etc.).
Quand le g est suivi d'une n, il y a confusion avec la graphie de Vn mouillée, qui est notée normalement par gn (voir n mouillée), et avec la notation latinisante gn =z n (voir «).
Avant le xvi^ siècle, gn se lisait, en latin comme en français, n mouillée (indignation, ignominie, etc.). Depuis, on a séparé le ^^ de' w dans les mots que l'on a empruntés au latin et au grec, et même dans des mots introduits antérieurement (xiF et xve siècles). Mais la liste s'est réduite peu à peu sous l'influence de la graphie traditionnelle ^m = XImouillée. Il ne reste plus que :
ao'-nus castus re^-nicole
^-nome, etc. i^-né, etc.
dia^-nostique physio^-nomonie
coo^-nition cof-nation
recoo^-nition inexpu^-nable.
sta^-nante
INITIALES ET MÉDIALES 163
Il y a doute sur magnolia (g-ii ou git); incognito se lit soit à la latine incog-nito, erreur qui se propage, soit à l'italienne inco-gnito.
Le g est muet dans doi(g)t, si(g)net, san(g)sue, vin(g)t, le(g)s, Re(g)nard, Re(g)naud, etc.
Il y a une tendance à prononcer si(g)nifier, si(g)nification, ma(g)nifique, etc.
Inversement, la lecture amène une n mouillée dans Re^nard, Re^«aud, etc.
Legs cache deux mots : l'ancien lais, subst. verbal de laisser, qui se prononce le, et li'giw, nouveau substantif verbal tiré de léguer.
La consonne k s'écrit :
c devant a, o, ou, œ, u (^ar, corps, cou, cœur, cure, cweillir, ses dérivés et composés, etc.) et devant une autre consonne (croûte, clé, acteur, ac-cident, etc.).
qu (quatVQ, quotient, qui, èqmUhrQ, etc.).
q devant u avec valeur de w (ç-uadragésime, etc.) ou de û> (é^uidistant, etc.) — Voir lu et ïij — et devant tî (piqûre).
k dans des mots étrangers (^épi, kilo, /cnout, etc.).
ch dans des mots grecs de toute date où il précède a, o ou une consonne (c/;aos, écho, cZ;rétien, etc.) et dans les mots récents où il est suivi de e, i (voir s) ; dans des mots hébraïques, bretons, italiens, allemands (Zac/7arie, Ezéc/7ias, côte de Penmarc/?, Mic/7el-Ange, Machiavel, Machiavélique, à côté de Mamvélique, Munie/;, etc.).
X cl l'initiale de certains mots espagnols (Ziménès, Xérès, etc.).
Le k est encore contenu dans x (== ks'), saut dans les mots commençant par ex, inex -\- voy. (voir ^) : (axiome, a;ce, lu;\:ure, explication, excuse); et dans x = k (e.vcentrique, etc.).
Avant le milieu du xvie siècle, qu se lisait k aussi bien en latin qu'en français : qiàs = ^is, <//<antus = Â;antus, comme qià = ki, qualre = À:atre. Nous avons conservé quod = ^od.
Tous les mots de source française et à peu près tous les mots empruntés antérieurement à cette date ont conservé cette prononciation. On lit donc avec k : ^«intefeuille, ^îtintal, qu'mconcQ, inf^wisition, in^?/iétude, é^«ité, équilibre, ér/«inoxe, é^znvalent, équivoque, quantième, qualité, quantité, quasi, question, quidam, quiproquo, quorum, etc.
Ou suivi d'un e muet non marqué d'un tréma se lit toujours k :
que, man^wement, physique, etc.
Le ch dans yacht n'est pas prononcé dans le monde de la marine qui a adopté la prononciation anglaise j'o/. Mais depuis des articles du Yacht, année 1898, pp. 54 et 90, qui attribuent à ce mot une origine hollandaise, on revient à la prononciation déjà donnée par Richelet « iac». Il en résulte une double prononciation pour yachting et yachtsman (jotin et yotsman — yatin et yatsman)
Dans ex- inex- -{- une consonne qui ne sonne pas s, on tend à prononcer es sans k (estrordinaire, excuse, etc.). Une prononciation soignée cherche à conserver le k.
Quelques-uns prononcent à tort sans h : san(c)tion, san(c)tifier, san(c)tuaire, etc.
NASALES
La lettre m représente la consonne, quand elle est suivie d'une voyelle (wa, imiter) ou d'une consonne autre que Uyp, b, m (triumvir, etc.) et dans les mots suivants : automnal, indem-ne, et ses dérivés, indem-niser, indem-nité.
Elle est muette dans da(m)ner, conda(m)ner, conda(m)nable, auto(m)ne, etc.
Voir les voyelles nasales.
La lettre n a une valeur consonantique devant une voyelle («avrer, ananas, etc.).
Elle est muette dans les 3^^ personnes du pluriel des verbes en -ent (ils aime(n)t, ils voie(n)t, etc.).
V n mouillée est représentée par :
gn (a^^eau, vi^?/e).
ign dans des graphies archaïques (Philippe de Champa-/V;z-e, Monta-/^«-e, o-ign-on, po-z^w-ée, etc.). iib dans des noms provençaux (Boudin/;on, etc.).
La graphie ^^^ est traditionnelle. Aussi les mots Qug-n sont-ils entraînés par l'analogie : on tend à dire sta-^«-ant, i-gn-é, Re-^«-aud (voir^^).
La notation igii a un autre défaut, celui de faire croire à une diphtongue dont le dernier élément serait i. Aussi o-ign-on, mo-ign-on^ po-ign-éQ, po-ign-àrd, Qnco-ign-ure, po-ign-3.nt, Qmpo-igii-tr étaient tous prononcés ainsi au moment de la Révolution.
Après un siècle de lecture, on commence à dire : moi-o'won, poi-^«éc, poi-^«et, poi-giiârd, etc.
Vaugelas écrivait M. de Montagne (Rem. sub voc. Chypre^ Aujourd'hui nous lisons : Montai-o^we.
Dans les milieux populaires, on entend : si^zifier, manifique, etc. Autrefois, on disait aussi : C3^/2e, di^ze, simfîer, siwer, pour signifier, cygne, digne (Ronsard). Mais il est à croire que la prononciation vulgaire moderne est provoquée par le son sifflant qui précède ou qui suit gn. •