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CONSONNES FINALES

Depuis que le français s'écrit, beaucoup de consonnes finales sont tombées tout en se maintenant dans l'ortho-

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graphe. De là des embarras nombreux pour la lecture et des causes de trouble dans la prononciation.

En dehors du y issu de 17 mouillée, nous n'avons de semi-voyelle à la finale que dans les mots étrangers : Pompe/, Hano/", Shanghaz, que les savants et les voyageurs prononcent : Pompe}', Hanoj', Shanga^', etc.

On entend plus souvent : Pompé-jy/, Hano-f, Schanga-f, etc.

Certaines finales longues apparaissent suivies d'un jy, comme eméy (aimée), Dniy (Dreux), dans certaines régions, à Dreux notamment, et aussi à l'étranger, comme en Hollande pour -é. C'est un défaut à éviter.

L7 mouillée est solide à la fin des mots (trava-//, sole-f/, deu-f/, fenou-//, cercue-/*/, etc.).

L'analogie des mots en -euil a entraîné cheireul (xvie siècle) qui est devenu chevreu-il ; elle tend à prévaloir pour linceul qui possède encore les deux prononciations, l'une par /, l'autre par y.

L7 mouillée après i s'est confondue avec / et en a suivi la destinée (voir /).

VIBRANTES

VI s'est maintenue dans ba/, cie/, mie/, co/, bo/, reçu/, nu/, linceu/, fiUeu/, etc.

Elle est tombée dans : cu(l)-de-lampe, cu(l)-de-sac, etc. ; après un / : douzi(l), bari(I), genti(l), fusi(l), outi(l), che-

ni(l), couti(l), nombn(l), persi(l), sourci(l), Méni(l) montant, etc.

On hésite sur :

habil (babi-/, babi-^' et babi).

avril (avri-/, avri-jy, avri).

mil (mi-/ et mi-;-),

péril (péri-/ et péri-j).

grésil (grési-l, grési-v, grési).

gril (gri-/ et gri-v).

Il semble que babil, avril, mil, péril et peut-être griy soient les plus communs.

il était déjà réduit à / au xvie siècle dans « dîne-tf » (Pelletier), et devant une consonne « i convient » dans le langage familier. On conservait 17 dans le discours soutenu. Il en est de même à peu près aujourd'hui.

L7 est purement graphique dans : pou(l)s, Chatellerau(l)t, fau(l)x, Sainte-Menehou(l)d (pr, Samte-Menon), Be(l)fort et autres noms de lieux analogues.

Les graphies archaïques sol,Jol, col, etc., quand ces mots n'étaient pas liés à une voyelle suivante, devsiitnlsQlhe sou, Jou, cou, etc.

L'r est muette à la finale :

1° des substantifs en -er et -ier et des adjectifs en -ier de plus d'une syllabe (bouche(r), foye(r), dange(r), atelie(r), acie(r), métie(r), altie(r), premie(r) — de l'adverbe volontie(rs) — des noms propres (Alge(r), Suge(r), Ange(rs), Poitie(rs), Noirmoutie(rs), etc.).

2° de monsieu(r), messieu(rs), etc.

3° des infinitifs de la i""^ conjugaison (aime(r), chante(r), joue(r), etc.).

Après bien des hésitations qui se sont prolongées pendant le xvp et le xvne siècles, la chute de l'r dans ces finales n'est devenue de règle qu'au xviii«. Hixdret recommande Tanger; et Thurot, Tang^'(0-

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La terminaison en -ir a été instable pendant quelque temps. Il y a des exemples de chutes de Vr dans la conversation.

On dit quelquefois familièrement : bonjou(r), toujou(rs) + une consonne.

SPIRANTES

■ Le ^ ne sonne à la finale que dans quelques noms propres savoyards (où pourtant les indigènes le font muet), méridionaux ou étrangers (Berlio:(, Rode:(, Sue:(, Lope:(, Saint-Jean-de-Lu;(, ohus Çôbû:^ et ohu(s), etc.)

11 est muet :

1° dans Fore(z) -è-, Sée(z) -é-, Re(tz) -é- ;

2° dans les 2"^" pers. du pi. des verbes (chante(z) et dans ne(z), che(z), re(z)-de-chaussée.

Au xvi^ et au xviie siècle, le ^ (issu d'un ancien ts) était mis pour s afin de marquer la qualité de Ve précédent et de le distinguer de IV muet.

Les militaires disent plutôt ôhù(s).

Dans les parlers de la région savoyarde, les finales des noms propres en -01 et -a^ étaient muettes (Berl, pour Berlioz). Aujourd'hui l'orthographe influe sur la prononciation, ou inversement la prononciation sur l'orthographe.

\Js est généralement muette dans les finales françaises : jour(s), univer(s), cour(s), alor(s), enver(s), toujours(s), avi(s), du pain bi(s), bra(s), pu(s), dessou(s), moin(s), Anceni(s), Deni(s), Montargi(s), Provin(s) -è-, Amien(s) -e-, Doub(s), Salin(s), Lérin(s) -e-, Doulen(s) -à-, Confolen(s) -à-, Chalu(s), Chatelu(s), Tournu(s), Villar(s), Thoma(s), Carpentra(s), Tier(s), Never(s), Duclo(s), Juda(s), etc.

Elle sonne dans : d'Assai-, Reim^, Me(t);( (M^;) , Morceni' (Morses), Saint-Gaudenj (es), Senlu, Fleuru^, Fréju^^ Sen^ (ses), Mons, etc. ;

et dans les mots étrangers : angéluj, relaps, albinoi", aloèj-, etc.

Les Parisiens ont la tendance de lire les mots comme ils les voient écrits, par exemple, Pons pour Pon{s). De même aussi, ils restituent Vs à des mots qui l'avaient perdue :

— es (en les) : Saint-Pierre è(s) liens, mais bachelier es lettres ;

— cela tombe sous le sem, mais le sen(s) commun ;

— j'en veux plu5 (davantage), mais je n'en veux plu(s) ;

— mon fi(l)5, au lieu de mon fi(ls) vieilli ;

— les gen(s) plutôt que les gens ;

— les mœuri plutôt que les mœur(s) ;

— un our5 plutôt que our(s) — mais dans la lecture, où la prononcia-

tion our5 amènerait une cacophonie, on doit préférer la forme archaïque our(s), comme dans Atala, description du désert ;

— tous viendront, ou ils viendront tous ;

— maïs ; us ; sou parisis ; en sus ; lis ; hélas ! ;

— tandis que plutôt que tandi(s) que ; lorsque ; presque ;

— os sing. et pi. dans la langue des bouchers ; on dit très bien : un

os, des ô(s); anciennement : un ôs, des ô(s). Dans le style élevé, des ôs serait ridicule.

X sonne s dans six, à\x, isolés (ils sont àix).

Le peuple dit ceus, deus pour ceu(x), deu(x). Dans le midi, moins est très fréquent.

Vx sonne ks : AjaA', index, silex, Aix^ Félix.

Elle est généralement muette : ceu(x), cheveu(x), flu(x).

V ne se trouve à la finale que dans des noms étrangers (Kiei^, laroslaz^) et encore se prononce-t-elle plutôt/.

RoussELOT. — Prononciation française. 12

L'/est muette dans : bœu(f)s, oeu(f)s.

Dans certains mots, Vf est en train d'être restaurée, à savoir : cer/, ser/, bie/, ner/. Même cer(f), bie(f) sont vieillis. Au pluriel, ner(f)s.

OCCLUSIVES

Le b est muet dans : Colom(b), plom(b), Dou(bs), etc. Il sonne dans : ca^, club, JoaZ», Acha^, etc. Les marins disent : radou(b) ; l'Académie : radoub.

Le p est muet dans : lou(p), tro(p), cou(p), etc.

On tend à prononcer cep dans tous les cas : ce est vieilli. Littré n'admettait \ep que devant une voyelle et à la finale.

Le^ sonne dans les mots étrangers : Gâp, cap, croup, etc.

Le d est muet dans : Gar(d), abor(d), gran(d), ron(d). Il se prononce dans les mots étrangers : sud, Léopoy, AUred, DaviJ, etc.

Qn dit : Madri ou Madrii.

Dans les provinces, on prononce plutôt Davi(d).

Le/ est généralement muet dans les finales françaises et quelques autres : il e(st), ils son(t), peti(t), prom(pt), ami(ct), instin(ct), etc.

Excepté : seCp)/, (h)ui/, aconit, introiY, transéa/, Lot, Lo/(h), bru/, chut ! Lu/(h), ut, rut, comput, pac/, compac/, contac/, intac/, tac/, intellec/, correc/, infec/, strie/, indul/, Bres/, Chris/, Oues/, Es/, les/, rap/, transep/, concept, place/, obi/, etc.

On hésite pour un certain nombre de mots :

fa/ et fa(t) bu/ et bu(t) ne/ et ne(t)

c'est un fai/ et fai(t)

so(t), quelquefois sot en province grani/ et grani(t) do/ et do(t) dans le midi surtout août, ou/, assez rares et provinciaux pour aoti et ou soi/!, plutôt soi(t)l abjec/ et abje(ct) vieilli exac/ vieilli et exa(ct) verdie/, verdic(t), verdi(ct) suspec/, suspec(t), suspe(ct) de même pour circonspect, respect.

distinc/ et distin(ct) vieilli succinct et succin(ct) accessi/ vieilli et accessi(t) transi/ et transi(t) Qràii) vivat et viva(t) ^

Antéchrist : àtékrist qui tend à s'établir, àtékri, ùtœkrist, et àtœkri.

Le g final est muet en français : iou(g) ; mais tend à s'introduire dans ce mot.

Il sonne dans des mots onomatopéiques ou étrangers (zi^-za^, gro^ et dans le^(s), z[uc(g),Yoh- p. 163).

Le k est généralement muet à la finale : accro(c), cler(c), escro(c)^ bro(c), cri(c), estoma(c), taba(c), mar(c), almana(ch), etc.

On tend à le réintroduire dans : saint Marc ou Mar(c), porc ou por(c), arsenic ou arseni(c), échec(s) et éche(cs) vieilli, avec et non ave(c) -f- consonne, viens don(c) et viens donc, etc.

Le k sonne dans : don^ (annonçant une conclusion), aquedu6", 2ixc, be^, bloc, choc, musc, Cognac, Jarnac, loc(h), Munic(h), Roc(h), co^, cin^, Bour^(Â:), etc.

Dans plusieurs provinces, les lettrés disent : estomac, tabac, almanac, et le peuple : estoma(c), taba(c), etc.

NASALES

Cette lettre sonne dans les finales : Priaw, Siam, Bethléem, requiem, album (albo-m), triduum (o-m), rhum (o-m).

En Suisse, on dit alhou-m, etc.

La finale -um se lit œ dans parfum.

Un est muette dans : Tar(n), Béar(n) et dans les troisièmes personnes plurielles des verbes -ent : ils aime (n)t.

Elle sonne dans les mots étrangers : Ade-w, Ede-«, Nieme-w, polle-w, spécime-w, glute-;z, abdome-w, etc.

On hésite entre ë et en pour hymen.

Mais l'usage s'est décidé pour exam^w avec ê.

Vn mouillée finale écrite ng (sang, rang, poing, etc.) est depuis longtemps muette. La voyelle précédente est nasalisée : sa, rà,pwè, etc.

Les Anglais se scrvent],de cette graphie pour noter les voyelles nasales dans les mots orientaux, comme Hong-Kong qu'il faut lire tout simplement 'ôkô.

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