I. Corde vocale
D. Carti-
formation en traversant la glotte (fig. 6). Si les cordes vocales sont rapprochées (2), Tair vibre et produit le son musical qui caractérise les articulations sonores, mais si les cordes vocales sont écartées (i), il reste sans vibrations et les articulations produites sont dites sourdes,
RoussELOT. — Prmmiciation française. «2
INTRODUCTION
D l^ni , ^ wt
(Princ. de Phon. Exp.)
Larynx (coupe frontale).
Larynx (vue latérale, l'aile du thyroïde incisée et érignée en bas).
A. I. Muscle thyro-aryténoïdien, faisceau interne, i' faisceau externe. — 2. Aryténo-épiglottique. — 3. Crico-aryténoïdien latéral. — 4. Thyro-hyoïdien.
B. I. Thyro-aryrénotdien (corde vocale). 1' . son faisceau arysyndesmien ; i*. son faisceau thyro-épiglottique. — 2. Crico-aryténoïdien latéral. — J. Crico-aryténoïdien postérieur.
En remontant de bas en haut (A), la trachée présente un premier rétrécissement, qui constitue les cordes vocales inférieures ou vraies cordes ; puis une dilatation (ventricules') ; enfin un deuxième rétrécissement qui forme les cordes vocales supérieures ou fausses cordes.
La gloiie est la fente circonscrite par les cordes vocales ; Vépigloile, la languette dont on aperçoit, en haut de la figure, la face intérieure (A) et une vue de profil (B).
B.D El
Fig. 6.
Glotte.
I. En position inspira toire profonde. 2, En position phonatoire.
I — E. Épiglotte. —F. H. Fossette hyoïdienne. —V. M. Ventricule de Morgagni. — L. A. E. Ligament aryténo-épiglottique. — C. W. Cartilage de Wrisberg. — C. S. Cartilage de Santormi. — B. D. Bronche droite. — E. I. Espace interaryténoïdien. — B. G. Bronche gauche. — T. Trachée. — C. V. Corde vocale. — C. H. Corne de l'os hyoïde.
^ Dans cette position, les cordes vocales atteignent leur maximum d'écartement, ce qui permet d apercevoir non seulement la trachée, mais aussi Torifice des bronches.
2. Les cordes vocales sont rapprochées et leurs bords libres, complètement affrontés, peuvent vibrer.
INTRODUCTION I
Il importe beaucoup de savoir la relation qui existe entre le moment de Tentrée en vibration du larynx et celui de l'explosion des consonnes. Le doigt, le bout d'un crayon appliqué sur le cartilage thyroïde, çt mieux l'explorateur
Explorateur du larynx.
L'appareil se compose essentiellement d'un marteau suspendu entre deux bornes métalliquesdont l'une est fixe et l'autre constituée par une vis de réglage. Le marteau est logé dans l'échancrure d'un bloc d'ébonite.
On applique sur le devant ou sur les côtés du cartilage thyroïde (pomme d'Adam) la plaque d'ébonite ou le bouton de la vis de réglage et on émet une voyelle continue, 9^, par exemple, en variant la pression, l'inclinaison de l'explorateur et le point d'application. Le frémissement laryngien se transmet à toute la masse qui entre en vibration. L'appareil est en place, dés qu'il fait entendre un cliquetis net et régulier.
du larynx (fig. 7), nous révèlent le début des vibrations. Pour plus de précision, on peut avoir recours à la capsule exploratrice et à l'inscription (fig. i).
Les vibrations du larynx se font bien sentir suivant les articulations, au sommet de la tête ou sur la poitrine, aux oreilles, sur les joues, etc.
Au sortir du larynx, l'air expiré arrive dans un carrefour, h pharynx, d'où il se dirige vers l'extérieur, soit par la bouche, soit par le nez, soit par les deux issues à la fois, une sorte de soupape suspendue à l'entre-croisement des deux voies, le voile du palais, pouvant obstruer l'une ou l'autre, ou les laisser libres toutes les deux (fig. 8).
INTRODUCTION
Fig. 8.
(Priitc. de Phon. Exp.)
Coupe sagittale de la face et du cou.
A. Fosse nasale droite. — B. Cavité buccale; B'. Vestibule; B". Région sublinguale. — C. Pharynx nasal; C. Pharynx buccal. — D. Œsophage. — E. Larynx. — F. Trachée-artère.
I. Narine droite. — 2. Cornet supérieur. — 3. Cornet moyen. — 4. Cornet inférieur. — J..j'. Muqueuse des fosses nasales. — 6. Cartilage latéral du nez. — 7. Cartilage de l'aile du nez. —8. Amygdale pharyngienne. — 9. Orifice pharyngien de la trompe d'Eustache. — 10. Fossette de Rosenmiiller. — 11. Voile du palais et luette. — 12. Muqueuse linguale. — iê' Foramen cœcum. — 13. Septum lingual. — 14. Muscle génio-glosse. — 1$. Muscle géniohyoïdien. — 16. Muscle mylo -hyoïdien. — 17. Epiglotte. — 18. Cartilage thyroïde. — 19. 19' Cartilage cricoïde. — 20. Ventricule du larynx. — 21. Premier cerceau delà trachée.
«. Os frontal et sinus frontal. — b. Os propre du nez. — c. Lame criblée de l'ethmoïde. i. Sphénoïde et sinus sphénoïdal. — e. Maxillaire supérieur. — f. Palatin et palais dur. — g. Maxillaire inférieur. — h. Os hyoïde, — 1. vertèbres verticales.
INTRODUCTION 2 1
Lorsque le voile est relevé, les voyelles émises sont dites buccales y pures ou orales; lorsqu'il est abaissé, le courant se partage et donne naissance dans les sinus du nez aux résonances caractéristiques des nasales,
• L'exploration du courant d'air nasal au moyen d'une olive introduite dans une narine permet de juger du fonctionnement du voile du palais (fig. i). Lorsque les vibrations sont assez intenses, elles ébranlent les ailettes du nez, et, dans ce cas, le toucher suffit souvent à nous renseigner.
C'est dans la bouche que se produisent les mouvements phonateurs les plus variés, grâce au plus ou moins grand écartement des mâchoires, et surtout à la mobilité de la langue et des lèvres.
L'écart entre les mâchoires peut être mesuré directement ou enregistré à l'aide d'une ampoule exploratrice placée entre les molaires et d'un tambour inscripteur.
L'exploration de la langue est facile. Sa sensibilité au contact du palais ou du petit doigt introduit dans la bouche nous renseigne sur la position qu'elle prend. Le miroir nous renvoie l'image des mouvements des lèvres et quelquefois de ceux de la pointe de la langue derrière ou entre les dents.
Ces indications ne suffisent pas toujours, soit qu'elles manquent de précision, soit que les mouvements à explorer échappent à l'observation directe. Il faut alors avoir recours aux appareils enregistreurs.
Un des meilleurs et un des plus simples est le palais artificiel (fig. 9).
22 INTRODUCTION
L'exploration de la langue peut être précisée encore et complétée par l'emploi des ampoules exploratrices, petites capsules de formes et de dimensions diverses, qui nous
A. Le palais artificiel est vu dans sa position naturelle. La face supérieure' est en haut; quelques alvéoles des dents de devant apparaissent en dessous.
B. Le palais est posé à plat, la face concave tournée vers le spectateur.
On peut le construire rapidement et à peu de frais de la façon suivante : avec du godiva, préparation employée par les dentistes, ramolli dans l'eau bouillante et placé en boule à l'extrémité d'une régie plate que l'on introduit dans la bouche, on prend 1 empreinte du palais. Sur ce moule légèrement huilé, on estampe avec soin une feuille de papier filtre mouillé. Puis on fait unmastic avec de la poudre de craie ou de kaolin et une colle forte, la seccolinc par exemple, que l'on étend en couche mince sur le papier. Enfin on applique une ojouvelle feuille de papier mouillé que l'on estampe aussi. La pièce une fois sèche est découpée suivant le contour des dents et enduite d'un vernis noir. On peut augmenter son imperméabilité en la plongeant dans de l'huile bouillante.
Quand on veut étudier une articulation quelconque, on blanchit la face intérieure du palais artificiel au kaolin, on l'introduit dans la bouche en ayant soin que la langue ne l'effleure ni avant, ni après l'expérience . Une fois le son produit, on le retire. La langue a enlevé partout où elle a a touché la légère couche de poudre et les régions de contact apparaissent nettement dessinées en noir sur le fond blanchi du palais. Au préalable, on en a reporté sur du papier les contours exacts et on a établi avec soin des points de repère. Pour cela, on a percé le palais artificiel de trous et on a obtenu sur le papier une projection très exacte de ces trous et un contour tout à fait correct, en posant l'appareil à plat et en répandant au-dessus une pluie de poudre de minium. Un décalque fait sur papier transparent permet de prendre le dessin renversé. Il suffit ensuite de le retourner pour avoir à l'envers une image directe représentant la voûte palatine orientée suivant sa position réelle.
Le tracé obtenu, il ne reste plus qu'à le reproduire sur le patron ainsi préparé, en s'aidant des points de repère, des échancrures des dents et du compas.
<ionnent les hauteurs relatives de la langue dans la bouche
et ses degrés de pression contre le palais (fig. 3. A, B, C).
L'ampoule est placée sur la langue dans la région à
INTRODUCTION
explorer et est mise en communication soit avec le manomètre à eau (fig. 3), soit plutôt avec un tambour indicateur (fig. 10).
Fig. 10.
Tambour indicateur.
A. Ampoule exploratrice. — T. Tambour. — O. Olive nasale.
La langue en s'élevant comprime l'ampoule contre le calais, l'air est refoulé dans le tambjur, la membrane cède et repousse le style. L'écart est d autant plus grand que la pression de la langue contre l'ampoule est plus forte.
La pression des lèvres et leur avancement peuvent être étudiés avec les mêmes procédés et aussi facilement. Dans ce dernier cas, l'expérience est rendue plus aisée par un dispositif particulier. Une grosse ampoule est placée dans
INTRODUCTION
une embouchure rigide qui prend appui d'une part sur le menton, de l'autre sous le nez. Les lèvres ont toute leur liberté pour presser sur l'ampoule ainsi maintenue à des points fixes (fig. 3 . D).
La cavité buccale considérée comme chambre de résonance est explorée d'une façon très précise à l'aide de diapasons à hauteur variable (fig. 11).
Fig. II.
Diapason à hauteur variable.
Des poids glissants permettent de faire varier à volonté la hauteur du son. On place le diapason devant sa bouche disposée comme pour l'articulation à étudier, mais sans émettre de voix. On reconnaît que l'accord existe entre le diapason et la cavité buccale lorsque la résonance caractéristique de la voyelle se fait entendre avec le plus de force. Il ne reste plus qu'à lire sur les branches le nombre de vibrations. Le diapason (fig. ii) correspond à la voyelle U.
Des diapasons analogues seront construits pour les différentes voyelles.