‹ Précis de prononciation françaiseChapitre 5 sur 113 · PAROLE — ORGANES DE LA PAROLE — MOYENS DE LES EXPLORER · texte numérisé non relu

PAROLE — ORGANES DE LA PAROLE — MOYENS DE LES EXPLORER

La parole se compose de sons musicaux et de bruits.

Les uns et les autres résultent de mouvements vibratoires imprimés à l'air expiré. On peut les recueillir au sortir de la bouche, les enregistrer et les analyser (fig. i et 2).

L'analyse physique des vibrations de la voix seule n'aurait pas d'utilité pratique dans l'enseignement, sauf le cas où l'oreille serait insuffisante. Nous n'en dirons donc rien ici. Plus précieuses sont, pour le but que nous nous proposons, les données fournies par l'analyse physiologique des mouvements organiques.

L'air chassé des poumons par suite de leur élasticité propre et sous l'action des muscles expirateurs s'engage dans la trachée-artère et arrive au larynx.

INTRODUCTION

Fig. I.

Inscription de la parole.

On recueille la voix sur les lèvres au moyen d'une embouchure; le courant d'air nasal, à l'aide d'une petite olive; les vibrations du larynx, avec une capsule exploratrice fixée sur le cartilage thyroïde par une cravate de caoutchouc. — Ces appareils récepteurs sont mis en communication par des tubes avec trois tambours inscripteurs, cuvettes plates recouvertes à leur partie supérieure d'une membrane de caoutchouc au centre de laquelle est collé un petit support d'aluminium soutenant un long style. Le mouvement vibratoire se transmet par la membrane au style qui l'inscrit sur un cylindre noirci mû par un rouage d'horlogerie. La plume partout où elle passe laisse une trace blanche qui peut ensuite être photographiée et dichée.

Les mots inscrits sont « Mon cher papa ». Le i" tambour (à la droite de l'expérimentateur) donne les vibrations du larynx qui a fonctionné tout le temps, sauf pour £ (cher) et l'occlusion des deux p (papa.) ; le 2= enregistre les vibrations de la voix et l'écoulement du souffle ; le 3«, les vibrations nasales qui ne se sont produites que pour mon. Les portions de tracés dépourvues d'accidents correspondent au repos des organes.

L'exploration des mouvements organiques peut être complétée par l'adjonction d'un 4* tambour relié à de petites capsules de caoutchouc (ampoules exploratrices, voir fig. 3), qui, placées entre les lèvres ou entre la langue et le palais, donnent les divers degrés de pression ou d'élévation de ces organes.

INTRODUCTION

Il est utile de connaître le régime du souffle employé dans la phonation et l'intensité des mouvements qu'il

ré.

faj

la=

Fi°r. 2..

(Princ. de Phon. Exp.

Voyelles dites à différentes hauteurs.

(Iiiscripteur à plaque d'ivoire.)

On remarquera : x° que chaque voyelle se compose d'une période qui se reproduit successivement (nous la limitons par un point blanc).

2" que la période change de forme et de longueur suivant la note sur laquelle la voyelle a été prononcée.

Ces périodes agrandies permettent de reproduire la voyelle avec une sirène à ondes et de décomposer par l'analyse les harmoniques qui s'ajoutent au son fondamental (voir pour les détails qu'il serait trop long d'exposer ici clairement /« Principfs de Phonétique Expérimentale, p. 199-203, 360-362 et l'Appendice).

nécessite. Souvent, en effet, ceux-ci varient beaucoup d'une langue à une autre.

INTRODUCTION

On peut recueillir l'air expiré à l'aide d'une embouchure

et le conduire soit dans un manomètre à eau (fig. 3), soit dans un tambour indicateur (fig. 10); on a ainsi le moyen facile de mesurer, avec une précision suffisante, par les déplacements de la colonne liquide ou les écarts du style , les variations d'intensité qu'il subit, et comparer à ce point de vue les diverses articulations d'une même langue ou de deux langues différentes.

Fig- h Manomètre à eau et ampoules exploratrices.

Le tube de verre a 6'"'" de diamètre. La grande branche mesure i™ et la petite o'" 24 de hauteur. Vers le milieu de la courbure inférieure, un renflement en olive, sorte de réservoir interposé sur le passage de la colonne liquide, amortit les chocs et régularise les déplacements. Pour rendre les changements de niveau plus visibles, il est bon de colorer le liquide : quelques gouttes de carmin suffisent. De petits index de papier marquent les points qu'atteint la colonne d'eau pour chaque articulation donnée. A, B, C Ampoules exploratrices (Pression de la langue et des lèvres). D. Embouchure et ampoule combinées (avancement des lèvres). Q.uand le manomètre est utilisé pour mesurer la pression à l'aide des ampoules, l'équilibre du liquide peut être détruit : on le rétablit au moyen de la soupape s.

INTRODUCTION

Une simple bougie placée à quelques centimètres de la bouche est éteinte par un excès de souffle : elle vacille seulement si l'expiration est modérée. Cette indication suffit dans bien des cas.

C'est dans le larynx (fig. 4 et 5) que la colonne d'air rencontre le premier obstacle et éprouve sa première trans-

A gauche : vue de face.

Fig. 4. (Princ. de Phon. Exp.)

Cartilages du larynx.

- Au milieu : vues de côté (i" à l'intérieur, s» i. l'extérieur). — A droite : vue de la face postérieure.

A. Cartilage thyroïde. — B. Cartilage aryténoïde. — G. Cartilages corniculés, lage cricoïde. — E. Os hyoïde.

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