COMMENT SE FONT LES LIAISONS
La consonne finale du premier mot semble se détacher et se joindre à la voyelle du mot suivant, en subissant quelques modifications phonétiques.
Ces trois consonnes ont la valeur de :( :
les hommes, lisez : lé-^-omœ deux à deux, — dœ-^-a dœ allez-y, — aU-x^ -/.
Quand le s sonne à la finale du singulier, il est suivi d'un :{ en liaison, au pluriel :
les mœurs antiques (mœurs-:^-antiques) les ours affamés (ours-;^-affamés) les os entiers (os-:{-entiers).
Mais, comme on peut dire mœur, oiir, les pluriels mœur-:{-antiques, our-;y;-afîamés n'ont rien qui choquent. On préférera même : tou-:^ ensemble.
En liaison, / sonne v :
neuf enfants =^ neu-i;- enfants.
Cette prononciation semble vieillie. On dit plutôt : neu/-amis, ils étaient neu/- à table.
r -f- CONSONNE
Dans les groupes de r + consonne, l'r seule se lie (sauf dans l'adverbe fort) :
à tor(t) et à travers ver(s) une montagne runiver(s) entier.
Quelquefois on unit 1'^ : univer-;{-en:ier. C'est une liaison introduite par la lecture, et contre laquelle on proteste généralement.
trop aimé.
En liaison, û? et t sonnent / :
granJ homme, gran-l(Jj)omtne peti/ enflint.
Ces deux consonnes se lisent k :
dans un ran^^ élevé, ran-k-élevé, san^ humain, san-hQj)umain.
et
La liaison se fait avec c :
un respect absolu, respe-k-absolu.
n APRÈS LES VOYELLES NASAXES
en = an : en allant, lisez : à-?t-alà. Ua reste nasal, et Vu, conservée, se joint au mot suivant : en, ain = en : bien aimable, lisez : byè-n-emàblœ.
Vè peut se dénasaliser : ancien ami, lisez àsyè-n-ami; certain auteur : certai-«-auteur.
on ^= on dans on : on aime, lisez ô-n-em.
De même, mon, ton, son peuvent se dire mô n, tô n, so-n (jnô-n-amî) ou perdre la nasalité : mo-n, to-n, so-n (jno-n-amï).
Mais dans les autres mots, Vo est toujours dénasalisé : bo-n ami.
On entend aussi, par exemple en Normandie, hô-n-ami.
La dénasalisation est de règle dans l'intérieur des mots (nonobstant, bonheur, etc.). Ce qui fait croire que tô-n-ami a été conservé par tô -\consonne.
in = i-n dans les mots anciennement unis : divi-«-enfant (qui se trouve dans un cantique populaire), divi-w-Homère. Mais on tend à lui donner la valeur de è-n : mal^-w-esprit.
un. On entend : u-n-ami œ-n-ami œ-n-ami.
La forme u-n est phonétique : comparez commun (œ), commune (u~n). — œ-n est analogique; il est dû à l'imitation du masculin, œ, et au désir de différencier le masculin et le féminin. — œti n'est que la forme précédente dénasalisée. Ce sont les deux dernières formes qui tendent à prévaloir à Paris. Il y a des hésitations ; la même personne dira : vèt t u-n-ami, et œ-n-ami ; u-n-ami et / œ-n-e l ôtrœ (l'un et l'autre). LiTTRÉ, comme font encore plusieurs à Paris, surtout parmi les personnes âgées, disait u-n-ami.
Dans des régions entières, un devant voyelle est resté u-n.
l80 LIAISONS