AUTO-INTOXICATION GÉNITALE 1 MENSTRUATION
OU terrifiante, accompagné d'attitudes, de gestes, de paroles, d'actes traduisant une excitation génitale plus ou moins grande.
Cette crise délirante, qui rappelle en tout le délire hallucinatoire des intoxications, en particulier le délire hallucinatoire des hystériques, éclate d'habitude brusquement aux approches de la phase menstruelle et s'atténue ou disparaît même souvent dès le premier jour du flux. Elle peut se prolonger jusqu'à sa cessation.
L'accès de psychose menstruelle revêt parfois aussi la forme de délire aigu ou de confusion allant jusqu'à la stupeur.
Après guérison, il reste presque toujours de l'obnubilation passagère et un certain degré d'amnésie, comme à la suite de toutes les psychoses toxiques.
Ce que nous venons de dire s'applique non seulement à la menstruation s'effectuant de façon régulière et normale, mais aussi et plus encore, cela va sans dire, aux troubles de la menstruation, à Vaménorrhée et à la dysménorrhée, qu'EsQUiROL considérait comme pouvant revendiquer le sixième des cas de folie chez les femmes. J'ai observé pendant longtemps à l'hôpital Saint-André de Bordeaux, dans le service du D"" Lande, une jeune femme hystérique qui, ayant cessé d'être menstruée, présentait tous les mois de l'hématidrose palpébrale et concurremment un accès de déhre agité hallucinatoire d'une durée de deux à trois jours, avec exacerbations quotidiennes à heure fixe.
Cette psychose de la dysménorrhée et de l'aménorrhée offre encore ce caractère particuher que, comme la psychose menstruelle proprement dite, elle guérit habituellement au moment de raméUoration ou du retour des règles.
A côté de ces cas qui constituent les psychoses menstruelles vraies, il faut citer ceux dans lesquels l'intervention de la fonction cataméniale ou de ses troubles se borne à favoriser l'éclosion d'un déhre quelconque. Cela a Heu dans les névroses, surtout dans l'hystérie et l'épilepsie, et chez un certain nombre de dégénérés et de vésaniques.
Mentionnons aussi l'influence de la menstruation dans les
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psychoses déjà existantes. Cette influence est multiple et variée. Tantôt les règles persistent durant le cours de la folie et leur retour est marqué chaque fois par un paroxysme d'agitation, d'hallucinations ou d'impulsions. Tantôt elles se suppriment et leur rétablissement est alors, suivant le cas, le signal soit de l'améhoration, soit de la tendance à Fincurabilité. La fonction menstruelle influe même sur les psychoses chroniques (Nacke).
2'-' Étiologie et pathogénie. — Les psychoses menstruelles, rangées pendant longtemps au nombre des folies dites sympathiques, c'est-à-dire dues au retentissement nerveux d'un organe sur le cerveau, ont pris place aujourd'hui parmi les psychoses toxiques. Il n'^t pas douteux, en effet, que la fonction menstruelle soit, entre autres choses, une fonction d'élimination toxique dont les moindres variations et perturbations se traduisent par des modifications dans la nutrition générale et des empoisonnements de l'organisme, en un mot par de l'auto-intoxication.
Cela n'empêche en rien, bien entendu, les autres causes, en particuher l'hérédité, la prédisposition nerveuse et psychopathique, de jouer également leur rôle.
Les troubles psychiques de la menstruation, aussi bien les troubles psychiques élémentaires que les accès de déhre, surviennent surtout, nous l'avons vu, aux approches des règles ou en leur lieu et place, et cessent au moment de leur apparition ou peu après. 11 y a là encore une preuve de la nature autotoxique de ces troubles psychiques, qui paraissent correspondre à la période de saturation de l'organisme par les poisons génitaux. Charrin a montré, en effet, que la toxicité du sérum sanguin est en croissance au moment où les règles vont survenir-
3'' Pronostic. — Les psychoses menstruelles sont essentiellement curables et bénignes, puisque le plus souvent elles ne durent que quelques jours, rentrant ainsi dans la catégorie des psychoses transitoires. Mais il faut tenir compte de ce fait, au point de vue du pronostic, qu'elles récidivent avec la plus grande faciUté et d'une façon pour ainsi dire régulière, pério-