AUTO-TNTOXIGATION GÉNITALE : ACCOUCHEMENT
duré que quelques jours, tantôt lentement, par gradations, avec des temps de recul, dans les accès longs où la phase aiguë a été suivie d'une période prolongée de confusion ou de stupeur.
5'^ Psychose post-éclamptique. — Il est de règle, comme dans toute psychose toxique, d'observer à la suite de la psychose puerpérale une amnésie profonde, parfois même complète, du type rétrograde ou rétro-antérograde. J'ai insisté, avec Lauly, sur cette importante particularité. Cette amnésie porte surtout sur la phase aiguë de l'accès et peut se borner là. Elle peut s'étendre à toute la maladie. Elle peut même remonter dans la période antérieure. Gela a lieu surtout dans la psychose puerpérale post-éclamptique qui, au point de vue symptomatique, ne diffère précisément de la psychose post-puerpérale ordinaire que par la profondeur habituelle de son amnésie. Bidon, Sander et d'autres auteurs ont cité des cas dans lesquels les malades, après une psychose éclamptique, avaient perdu soit le souvenir de leur accouchement, soit même celui de leur grossesse et de leur mariage.
Même dans les psychoses infectieuses ordinaires, où elle est cependant la règle, l'amnésie ne se rencontre guère à un degré aussi marqué que dans la psychose éclamptique, la psychose polynévritique et la psychose d'insolation.
Quant à la pathogénie de la psychose post-éclamptique et pour en finir avec cette variété de psychose puerpérale, elle ne doit pas être cherchée dans les attaques convulsives ou l'albuminurie qui l'accompagne ; « il faut considérer l'éclampsie et le délire comme deux manifestations d'un même facteur, l'intoxication, manifestations souvent réunies et coexistantes, mais susceptibles aussi de se montrer isolément, absolument comme le déhre et la polynévrite, dans d'autres états infectieux» (Régis).
ô*^ Traitement. — De même que toutes les psychoses toxiques et infectieuses, la psychose puerpérale doit être traitée dans les salles d'isolement spécial des hôpitaux, et ce n'est que lorsque, la phase aiguë passée, elle a tendance à se chro-
G4i PSYCHOPATHIES DE< A l'TO-I.NTOXICATIONS
iiifierou àtourner àla vésanie, qu'elle relève de l'asile d'aliénées.
Son traitement doit être avant tout basé sur son étiologie, c'est-à-dire être anti- infectieux ou anti-toxique, au point de vue général comme au point de vue local. Les purgatifs, les désinfectants gastro-intestinaux, les diurétiques sont très indiqués ; les injections de sérum artificiel, préconisées par Gul- LERRE, Jacquin, Marie ot BuvAT, otc, dounout souvent d'excellents résultats, concurremment avec les sédatifs, dans les phases aiguës. Dans les périodes de confusion, de stupeur, de dénutrition, la suralimentation, les toniques, l'arsenic organique, l'opothérapie, l'hydrothérapie, l'électricité, le massage sont indiqués.
Certaines interventions chirurgicales faites à propos, comme I ont montré Arnold Lea, Picqué et Privât, en débarrassant la malade d'un foyer d'infection, peuvent amener une amélioration et même une guérison rapide et Lea a cité en 1897 le cas d'une primipare qui, prise sept jours après son accouchement d'un accès de délire hallucinatoire, guérit dès qu'on eut, par un cdrettage, avec maintien d'un hbre écoulement, débarrassé son utérus de la toxémie qui s'était produite.
Je rappelle enfin que Mongeri, de Con^tantinople, a traité ime multipare sans hérédité psychopathique, prise, au douzième jour de l'accouchement, de déhre aigu, par des injections de sérum anti-streptococcique. L'apyrexie survint dès la première injection, l'améhoration psychique après la troisième et la guérison totale au bout de dix injections.