AUTRES AUTO-INTOXICATIONS ENDOCRINIENNES
(SYNDROME HYI'OPH VSAIRE, SYNDROME SLRRÉNAL, ETC.)
A côté du myxœdème viennent se placer diverses autres dystrophies récemment étudiées et décrites, telles que le nanisme,
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V infantilisme, le féminisme, Vohésité, Vadipose douloureuse ou maladie de Dercum, le trophœdème, la neuro-fibromatose ou maladie de Recklinghausen (Raymond et Alquier, E., 1908), etc., etc.
Ces dystrophies peuvent, comme le myxœdème, s'accompagner de troubles psychiques, encore insuffisamment connus, et comme lui, paraissent être, suivant l'expression de Jan- SELME (1904) à propos de la maladie de Recklinghausen, les multiples expressions d'une disposition tératologique.
Ghelfi (1904), commentant un cas d'association du syndrome de Basedow et du syndrome de Dsrcum, se range à l'opinion de Garducci et Gauthier qui classent dans un même groupe de maladies par altération fonctionnelle de la glande thyroïde Vadipose douloureuse, le goitre exophtalmique et le myxœdème.
C'est là, semble-t-il, l'opinion qui tend à prévaloir : la lésion de l'appareil thyro-parathyroïdien serait le fait prinaitif, ayant pour conséquence certaines m^^ladies nerveuses ou des dystrophies ; le trouble fonctionnel de la glande retentirait sur le système nerveux dont la réaction modifierait secondairement l'innervation des organes ou l'équilibre de la nutrition.
De façon plus générale, du reste, les syndromes dus aux perturbations de toutes les glandes à sécrétion interne peuvent, comme les syndromes ovariens, testiculaires, th^Toïdiens, que nous avons ci-dessus décrits, s'accompagner de troubles psychiques. Tels les syndromes parathyroïdiens, les syndromes thymiques, les syndromes hypophysaires, les syndromes surrénaux, les syndromes prostatiques, etc., ainsi que les syndronies pluriglandulaires à prédominance thyroïdienne, hypophysaire, génitale, ou sans prédominance marquée (Ex. : l'insuffisance endocrinienne thyroïdo-testiculaire (Brissaud, Gougerot et Gy, Claude, S. N., 1908).
Ces rapports des troubles psychiques avec les glandes endocrines, encore peu connus, sont actuellement à l'ordre du jour. Etudiés partiellement par un certain nombre d'auteurs, ils ont été récemment l'objet de deux études d'ensemble très intéres-
tites:la revue générale de Sapïton (E., 1906), et le rapport
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de Làignel-Lavastitve (C, 1908). On trouvera dans ce dernier, richement et clairement documenté, toutes les notions résolues ou à résoudre sur la double question des troubles psychiques dans les syndromes glandulaires et des syndromes glandulaires dans les troubles psychiques.
Signalons, parmi les autres travaux d'ensemble parus depuis sur le sujet, ceux de Mario Zella, de Austregesito et surtout le récent ouvrage consacré par Parhon (1912) aux glandes à sécrétion interne en pathologie mentale.
Signalons aussi que les relations entre la maladie de RECRLI^- GHAUSE>- et les états psychopathiques semblent s'affirmer de plus en plus. P. Legrazvd a constaté que les symptômes frustes de la maladie de Recï:linghausen (molluscum, naevi, dystrophies pigmentaires) étaient fréquents chez les aliénés dans la proportion de 13 p. 100 et J. Charpentier a relaté un cas (E. 1910) de psychose périodique avec maladie de Reckli^ghausex.
Nous nous bornerons ici, comme nous l'avions fait déjà dans la précédente édition, à dire un mot des troubles psychiques dans les syndromes hypophysaires et dans les syndromes surrénaux.
1^ Syndromes hypophysaires, — On sait déjà que Vacromégalie ou maladie de Pierre Marîe donne très souvent Kea. à des symptômes psychiques. On obseri'e de la dépression mélan-colique, de V hypocondrie, des idées de suicide, des idées de persécution, de Vexcitation, mais surtout de la torpeur, de robtusion, de la narcolepsie (Soc a), en un mot, de la confusion nierUaùe, voire même du myjccedènie (Mode«;a, 1905).
D'autre part Brissaud et Meige (1895, 1902), dont les importants travaux sur les dystrophies sont si connus, Lau- AOis, RoY, Dufrane (1902, 1903), enfin Lalnois et Roy dans leur bel ouvrage (1904), ont étudié le gigantism^e, dans lequel la tristesse, la dépression méiancoliqwe , la torpeur psychique sont habituelles, et établi son identité nosologique avec Yacroiruégalie. Ce sont là deux états morbides similaires de la croissance, deux syndromes pituitaires, deux tjrpes ou variétés
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(le gigantisme : le gigantisme infantile et le gigantisme acromégalique (Brissaud), différant suivant que la dystrophie hypertrophique se produit avant ou après la soudure des épiphyses, avec, entre les deux, des états intermédiaires ou de transition.
Il existerait même un infantilisme et une arriération d'origine hypophysaire, si l'on s'en rapporte aux résultats heureux de l'opothérapie hypophysaire obtenus par L. Lévi et H. de Rothschild chez les arriérés non améliorés par l'opothérapie thyroïdienne.
2^ Syndromes surrénaux. — Tous les auteurs ont insisté sur la profonde asthénie physique et metitale, la torpeur, l'inertie, la tristesse, l'aboulie que provoque la maladie d'Âddison.
A côté de ces formes caractéristiques, Sainton pense qu'il existe des syndromes mentaux frustes dus à l'insufTisance surrénale antitoxique, consistant en phénomènes d'aboulie avec tendance à la mélancolie justiciables du traitement opothérapique.
Lauxois, Pinard et Gallais ont décrit un syndrome adiposo-génital avec troubles nerveux et mentaux d'origine SJiirr-énale (G. H., 1911). Gallais est revenu, depuis, sur le sujet (E„ 1912).
Des troubles cérébraux plus graves, tels que le déhre, les convulsions, le coma avec somnolence invincible, peuvent aussi se manifester.
Le délire avait déjà été signalé par Addi'sox (1855), et Ball l'a également relevé dans nombre d'observations. Klippel (R. X., 1899) a précisé cette encéphalopathie addisonienne et montré qu'au point de vue anatomique elle pouvait se caractériser par une encéphalite diffuse à lésions subaiguës. Boinet (S. B.., 1899), Vigolrdux et Delmas (S. M. P., 1906), Juque- L1ER dans sa revue générale (R. P., 1907), enfin Sergext (R. P. a., 1912), ont ajouté des traits nouveaux à sa connaissance.
Les faits montrent qull s^agit surtout de confusion mentale sous toutes ses formes, c'est-à-dire de confusion mentale simple ou avec délire onirique hallucinatoire plus ou moins
aigu, ressemblant au délire alcoolique. Dans le cas de Delmas et ViGouRoux, on avait affaire à un délire d'interprétation prolongé ayant pour thème les troubles subjectifs dus à la maladie addisonienne.
L'insuffisance surrénale (ou hypoépinéphrie) pourrait également d'après Morlot (Th. P., 1903), produire un infantilisme avec pigmentation.
Disons enfin que l'hypersécrétion capsulaire (ou hyperépinéphrie) peut, comme l'ont démontré surtout JosuÉ et Léon Bernard (1907), produire l'hypertension, par suite, les troubles psychiques de l'artério-sclérose cérébrale, de même que les doses excessives d'extrait surrénal ou d'adrénaline peuvent produire des accidents analogues à ceux de la maladie de Basedow (Boinet).