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DIABÈTE

Il est à remarquer que cette hypocondrie est en raisan directe de la quantité de sucre excrétée, car elle s'aniéliore dès que la dose de sucre diminue. Alors les malades redeviennent gai^, dispos, confiants, moins soucieux d'eux-mêmes et plus accessibles aux préoccupations d' autrui. Quant aux craintes de ruine, elles oat pour effet de rendre les malades avares-, parcimonieux à l'excès, obsédés par l'idée de faillite inévitable et par le désir de ta mort qui peut seule las soustraire au déshonneur. La torpeur, elle, se caractérise par la fatigue Lntellectuolle,la crainte de l'effert psychique, « la perte d'appétit pour la pensée » (Lasègue), ainsi que par l'inertie physique, souvent complète ( J. Vergely).

Ce qu'il y a de caractéristique chez les diabétiques, e'est la concordance des fluctuations de l'état mental avec celles du .sucre de l'organisme et l'influ&nce po-ur ainsi dire barométrique de la composition de L'urine sur les dis posât ioiis- psychiques.

a® Psychoses- — Ainsi qu'on l'a justement fait remarquer, il convient de distinguer dans les psychoses, survenant chez les diabétiques, deux ordres de cas : les vésanies dues à l'hérédité, qui n'ont avec le diabète qu'un rapport de eoïncidenice, et les psychoses diabétiques proprement dites. Ce sont ces dernières seulement qui nous intéressent ici.

Les psychoses diabétiques se manifestent souvent, co-mme toutes les psychoses diathésiques, par des accès de mélancolie soit simple, soit anxieuse et délirante, à type rémittent ou intermittent.

Ces accès de mélancolie coïncident d'habitude avec les poussées glycosuriques et s'aggravent avec leurs maxima '. d'autres fois, au contraire, ils alternent en qu9lqu.e sorte avec celles-ci et, comme dans un cas cité par Gotard, ils cessent au moment où le sucre fait son apparition.

Mais la psychose diabétique peut aussi se traduire par de la confusion mentale et du délire onirique hallucinatoire, ainsi qu'il résulte des faits et des descriptions de Lasègue, Legrand DU Saulle, Keith Campbell, J. Vergely.

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S'il en est ainsi pour le diabète ordinaire, on comprend que cela soit plus vrai encore pour le coma diabétique. Il existe en effet une forme de coma diabétique dite forme cérébrale dans laquelle le délire est l'élément dominant. Nous la résumerons d'après la description de J. Vergely.

Le délire apparaît le plus souvent à la période d'invasion du coma diabétique et se traduit par de la loquacité, de l'incohérence du langage, de la gaieté excessive, de l'agitation désordonnée, de l'insomnie. Le malade se lève à tout instant de son lit, se débat, et on a la plus grande peine du monde à le maintenir couché, ses forces paraissent décuplées ; puis surviennent des périodes d'engourdissement, de torpeur, de somnolence d'où il est difficile de le tirer. Fréquemment aussi on constate des hallucinations variées de la vue et de l'ouïe ; le sujet est en butte à des gens qui le poursuivent et cherche à leur échapper. Il entend des bruits, des coups de pistolet, des cris, des pleurs, des vociférations. « Comme dans le délire alcoolique, dit Vergely, il voit des animaux. Il a quelquefois du délire professionnel; on assiste à une véritable attaque de delirium tremens. »

Ce délire, qui est bien un délire toxique dû à l'empoisonnement acétonémique, ne dure généralement que quelques jours et lorsque le malade doit succomber, ce qui est l'ordinaire, il ne tarde pas à faire place au coma proprement dit.

Un certain nombre de paralytiques généraux présentent, temporairement ou de façon durable, au début ou dans le cours de leur maladie, du sucre dans l'urine. Mais le diabète vrai peutil produire la paralysie générale ? On n'a jusqu'ici cité, en faveur de cette opinion, que des cas bien peu probants et celui de Laudenheimer, dans lequel le diabète paraît avoir agi à l'exclusion de toute autre cause connue, paraît avoir bien plutôt affecté les allures d'une pseudo-paralysie générale avec régression des symptômes, comme le dit son auteur lui-même, que celles d'une vraie paralysie générale.

Les troubles psychiques du diabète ne so'nt pas toujours d'un diagnostic facile et il faut savoir les reconnaître. Aussi ne faut-il jamais négliger l'examen somatique, en particulier l'examen de l'urine, chez tout individu qui délire, particuliè-

DERMATOSES 697

rement s'il s'agit d'un arthritique et d'une psychose mélancolique intermittente ou confusionnelle. C'est un point sur lequel Oberthur et Chenais ont insisté de nouveau avec raison. Le traitement de ces troubles psychiques offre ceci de particulier qu'il relève, dans une certaine mesure, de celui du diabète et on a cité plusieurs cas probants de délire cédant assez rapidement au régime et à la médication anti-diabétique.

§ 5 — DERMATOSES

Les dermatoses qui se rattachent à la diathèse herpétique, telles que l'eczéma, peuvent, comme les grandes manifestations de cette diathèse, s'accompagner de troubles psychiques.

Le mécanisme est le même, car les maladies cutanées sont généralement considérées aujourd'hui comme le résultat d'intoxications diverses, en particulier d'auto-intoxications, et, d'autre part, il résulterait de certaines recherches (Desgrez et Ayrignac), que les maladies cutanées exercent à leur tour une influence retardante marquée sur les échanges nutritifs.

1° Troubles psychiques élémentaires. — Les individus atteints de dermatoses présentent souvent des troubles psychiques élémentaires, plus souvent même peut-être encore que les diathésiques à manifestations non cutanées. L'irritabilité, la tristesse, les changements d'humeur, l'hypocondrie sont particulièrement fréquents chez eux. L'hypocondrie se fixe naturellement, dans bien des cas, sur la maladie cutanée, au point de devenir parfois une phobie, une obsession (dermatophobie). Le malade ne songe qu'à son mal, à son « infirmité », il consulte partout et fait toutes sortes de traitements ; finalement, il devient sombre, misanthrope, et peut même finir par le suicide.

2° Psychoses. — Les psychoses des dermatoses existent, mais elles se confondent, le plus souvent, avec les psychoses de la diathèse elle-même.

Quoi qu'il en soit, deux cas peuvent se présenter : 1^ ou bien

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le trouble psychique évolue en seas inverse de la manifestation cataaiée ; 2^ ou bien au contraire il marche de pair avec eUe.

10 Le premier cas est le plus fréquent. C'est en effet surtout entre les dermatoses et les psychoses que se réalise ce balancement qui a été observé de tout temps dans les diathèses.

11 n'est pas rare de voir, et j'en ai personnellement observé des exemples, des herpétiques eczémateux chez qui l'exanthème disparaissant rapidement, par effet naturel ou thérapeutique, il survient, par une sorte de répercussion métastatique, eùt-on dit autrefois, par brusque rétention toxique, peut-on dire aujourd'hui, des accidents psychiques. Gela a été signalé dans toutes les dermatoses et récemment encore par Anglade et DuBREUiLH (1905) dans Férythème polymorphe.

Ces accidents psychiques sont alors plus ou moins aigus e^; se traduisent d'habitude par un accès de confusion mentale agitée, ou de délire confus hallucinatoire, parfois même, mais rarement, par un véritable délire aigu ou de la stupeur.

D'autres fois, c'est le contraire qui se produit, c'est-à-dire que l'apparition, chez un sujet atteint de troubles psychopathiques, d'une poussée d'exanthèm.e a pour effet d'amender ou même de faire disparaître ces troubles psychopathiques, souvent du jour au lendemain.

Ou bien c'est une sorte de balancement régulier qui s'opère entre les manifestations cérébrales et les manifestations cutanées, les unes remplaçant les autres et réciproquement. 11 s'agit alors soit d'un état maniaque, soit plutôt d'un état mélancolique intermittent, ou même d'une psychose circulaire.

2<5 Dans le cas où les troubles psychiques accompagnent la dermatose, ils surviennent ordinairement au début, durant la phase d'éruption et consistent dans une poussée à' excitati&n vite calmée, ou, plus fréquemment encore, dans un accès de mélancolie inquiète, anxieuse, avec tendance au suicide, rarement déhrante, le plus souvent avec conscience.

Le diagnostic de psychose dermatique se fait à la fois par sa forme clinique et par ses rapports, quel qu"en soit le caractère, avec la dermatose.

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Le pronostic est, de façon générale, assez favorable, surtout dans les cas aigus, et quand il ne s'agit pas de psychoses intermittentes ou circulaires.

Quant au traitement, il doit être évidemment avant tout celui de la diathèse et en particulier celui des rapports de l'exanthème avec la psychose. Il y a souvent intérêt, par conséquent, en dehors du traitement général de l'auto-intoxication, à essayer de rappeler, par des moyens appropriés, mais sans danger, cet exanthème ou à le remplacer par un exutoire qui en tienne lieu.

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