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ARTICLE II MALADIE DU SOMMEIL

Les troubles psychiques de la maladie du sommeil ou trypanosomiase signalés, mais à titre de simple comphcation, par les premiers auteurs qui se sont occupés de la maladie (WiNTERBOTTOM, Clark, etc), out été particuhèrement étudiés dans ces derniers temps par Christy (1903), Brumpt (1903), Xattan-Larier qui les a observés chez les blancs (1906), L. Martin et Darré (1909), Thiroux (1910), Granjux (1910), A. Marie (1910) Thiroux et d'Axfreville de la Salle (1910), ainsi que par les Congrès de Bruxelles (1910) et de Berhn (1910). Mes élèves G. Martin et Ringenbagh les ont décrits à part dans une inaportante monographie (E., 1910).

La maladie du sommeil est une maladie cérébro-spinale infectieuse, très semblable à la paralysie générale et qui, au point de vue psychiatrique, peut être résumée de façon analogue.

1° Description clinique :

a. Période prodromique. — Le début des troubles psychiques

est le plus souvent insidieux. Il s'annonce, au milieu d'un cortège de symptômes d'infection générale (accès fébriles, poussées polyadéniques, tachycardie, éruptions, céphalées, douleurs profondes, splénomégalie, etc.), par de la somnolence, de l'abattement physique et mental, de l'hypocondrie, des sentiments d'étrangeté du monde extérieur et de dépersonnalisation, en un mot par des signes de psychasthénie trypanosomiaque. Cet état, plus manifeste et plus riche en symptômes subjectifs chez le blanc, a été bien décrit sur lui-inême par un distingué observateur, le médecin-major colonial Kérandel (Cad. 1911).

Peu à peu apparaissent des symptômes plus significatifs tels que troubles du caractère et de l'humeur, alternatives d'excitation avec ou sans euphorie et de dépression triste, lacunes de la mémoire, actes impulsifs ou bizarres, inadaptabihté familiale, perversions morales, indifférence émotionnelle (Corre). Des épisodes délirants polymorphes peuvent éclater brusquement à cette période chez les prédisposés.

b. Première période. — Les symptômes précédents s'exagèrent soit sous forme d'excitation générale et de dynamie fonctionnelle, soit plus fréquemment sous forme de dépression confuse et dysmnésique à teinte mélancolique.

Le faciès devient ahuri, hébété ; les traits sont œdémateux et relâchés ; les gestes s'embarrassent, les crises de sommeil surviennent, bien qu'elles puissent parfois manquer complètement. Le malade devient sale, bouhmique ; il comrnet des erreurs de calcul et de mémoire, des négligences dans le service, des manquements à la disciphne, des fugues plus ou moins conscientes, des actes extravagants ou immoraux, des impulsions à l'homicide, au suicide (Brochard), aux délits exuels, à l'incendie, etc. Il y a là une sorte de période médico-légale trypanosomiaque (Granjux) analogue à celle de la paralysie générale et qui, comme elle, peut survenir de façon plus précoce encore, au cours même des prodromes.

c. Période d'état. — La psychose, constituée par le développement des premiers symptômes, se présente sous la forme d'une confusion mentale grave à évolution démentielle plus ou moins rapide. Pendant longtemps [stade de confusion men-

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