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LÈPRE

n'en est pas de niême chez les Occidentaux, particulièrement chez les Israélites, où se peuvent constater la tristesse, l'hunieur noire, le pessimisme, la mélancolie. Ces effets moraux ont, comme on sait, servi de thème à plusieurs ouvrages littéraires (Xavier de Maistre, Vïlliers de l'Isle-Adam). Ilfaut noter aussi que d3s facteurs inhérents au milieu social entrent en jeu, dans la plupart des léproseries, pour diminuer l'horreur de la maladie (vie en commun, avec possibilité d'une existence' complète au milieu de sujets tous égaux devant leur mal).

Néanmoins on cite chez certains lépreux un état assez frappant de bien-être permanent, avec humeur gaie ou expansive, en contradiction curieuse avec la déchéance physique, et qui dépasse vraiment le degré d'insouciance banale que l'on rencontre chez la plupart. Ces états, qui peuvent aller, dans les dernières périodes de la mutilation, jusqu'à l'euphorie délirante, ne sont pas sans analogie avec ceux qu'on a décrits semblablement chez les tuberculeux.

Il n'existe pas, assurément, de psychoses spéciales à la lèpre et, sur ce point, Moreira (1910) a raison. Mais la lèpre, comme toutes les infections, peut donner lieu à des psychoses. Ces psychoses, observées surtout chez les blancs, sont de deux ordres. Les unes, généralement dépressives, paraissent être, dans leur fondement, tout au moins, sans rapport avec la lèpre. Les autres sont des confusions mentales, pures ou associées, à teinte mélancolique souvent (Ashmead), qui paraissent relever d'une étiologie combinée et complexe : tuberculose, streptococcie, infections consécutives aux altérations trophiques des téguments et organes sensoriels, variole ou érysipèle intercurrents, auto-intoxications viscérales, et même, chez quelques-uns, poison lépreux. La forme qui semble le plus directement en rapport avec l'infection hansénienne, serait, pour De Beurmann et Gougerot, la confusion mentale grave et amnésique, avec état cénesthésique fixe, fait de tristesse et de soupçon relatif à l'entourage, de pronostic très sérieux. Hesnard, qui a observé les lépreux de l'îlot de Spina-Longa (Crète), a constaté que des épisodes de délire onirique peuvent accompagner les poussées aiguës de léprose généralisée avec bacille-

mie ; il a constaté également, chez de vieux lépreux très atteints, un état de diminution psychique avec apathie affective, en rapport probable avec des lésions tardives de lèpre cérébrale ou cérébro-méningée, et favorisé par l'inactivité mentale consécutive aux mutilations sensorielles.

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