FIÈVRE MÉDITERRANÉENNE
Les troubles psychiques de la fièvre méditerranéenne, ou fièvre de Malte, mentionnés par Timpaxo, Axisa (1906), sont surtout connus par le récent travail de Caxtaloube, de Su mène. La psychose n'existe pas seulenient dans les formes dites malignes (Hugues), mais dans beaucoup d'autres formes. Quand elle est intense, elle est d'un pronostic fâcheux, surtout chez les gens âgés ou surmenés (six morts sur dix délirants
pour Cantaloube). Faite de confusion mentale et de délire onirique typique, elle ne cesse pas pendant les périodes de défervescence thermique. Le délire est généralement tranquille, avec fabulations oniriques, hallucinations visuelles et cénesthésiques, idées délirantes professionnelles ou de mutilation d'organes, troubles apraxiques, indifférence affective marquée. Les troubles psychiques peuvent s'accompagner de symptômes médullaires ou méningés (Souleyre).
§4 — BÈRÏ-BÈRI
Contrairement à l'opinion de Patrick Manson, pour qui la présence de troubles amnésiques, dans le tableau clinique d'une polynévrite coloniale, plaide en faveur du diagnostic de paludisme nerveux et contre celui de béri-béri, le béri-béi i s'accompagne fréquemment de troubles de la mémoire, avec confusion mentale primitive ou secondaire, rappelant le syndrome de KoRSAKOFF. Signalés par Jeanselme, Le Dantec, ces troubles ont été étudiés par N. Rodrigues(A. M. P., 1906), qui distingue là, comme on l'a fait, nous l'avons vu, pour la psychose polynévritique, une forme amnésique ou polynévritique proprement dite, la plus fréquente, une forme confusionnelL et une forme délirante. Le Dantec a rapporté un cas intéressant d'amnésie de fixation avec amnésie crépusculaire chez un Européen béri-bérique venu de Colombie. La psychose paraît moins grave ici que dans l'insolation, où elle revêt une forme analogue. Elle peut guérir complètement par l'éloignement du lieu où le sujet a contracté sa maladie, le régime, les toniqut^s et la rééducation.