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CHAPITRE V

Nous nous occupc-rons dans 1.3 présent chapitre des troubles psjxhiques des maladies du système nerveux, naturellement di^'isées en deux sections : 1» maladies cérébro-spinales ; 2^ névroses.

Nous serons très brefs dans la description de ces troubles psychiques parce que leur histoire appartient, dans son ensemble, plus à la Neurologie qu'à la Psychiatrie.

Exception faite pour la paralysie générale, qui reste pluspécialement du domaine de cette dernière et à laquelle nous consacrerons une étude aussi détaillée que le comportent les proportions de cet ouvrage, nous ne dirons donc qu'un mot des troubles psychiques liés aux autres maladies du système nerveux, en particulier de ceux des maladies organiques du cerveau et de la moelle qui ont été l'objet, de la part de E. Dupré. d'un chapitre magistral et complet dans le grand Traité de Pathologie mentale de Ballet. Nous avons largement emprunté, pour la rédaction de co chapitre, à cette œuvre remarquable.

SIJCTIOX PREMIÈRE AFFECTIONS CÉR ÉBRO SPINALE S

Dans cette première section seront passées en revue, en autant d'articles, les affections suivantes, envisagées surtout au point de vue de leurs troubles psychiques : 1° artériosclérose cérébrale et cardiopathies ; 2^ hémorragie et ramollisse-

ABTERIO-SCLEROiE CEREBRALE ET CARDIOPATHIES 791

ment ,\ 3*^ paralysie générale ; 4^ tabès ; b^ sclérose en plaques ; 6° maladie de Parkinson.

ARTICLE PREMIER

ARTÉRIO-SCLÉUOSE CÉRÉBUALi:, CARDIOPATHIES

Il y a lieu d'étudier séparément dans cet article : l" les troubles psychiques de V artériosclérose cérébrale ; 2° ceux des cardiopathies.

1° Artério-sclérose cérébrale. — Alzhei.mer distingue, dans la réaction psychopathique de l'artério-sclérose cérébrale : 1° une forme légère ; 2*> une iorme grave.

a. Forme légère. — La forme légère se manifeste par de la céphalée, du vertige, des troubles de la station et de la marche, de la somnolence diurne et de l'insomnie nocturne, de la dysmnésie, de l'adynamie psychique, de l'hyperémotivité, de la sensiblerie, de l'irritabilité, de la tristesse, etc., en un mot par une série de symptômes étudiés par Laxcereaux, Grasset, Régis, KovALEwsKi, WixDscHEiD et qui, par leur ensemble, réalisent un état neurasthénique.

Sans insister ici sur ce point, je me borne à rappeler que dans ce que j'appelle la neurasthénie de l'artério-sclérose, la neurasthénie n'est pas associée seulement à l'artério-sclérose cérébrale, mais à l'artério-sclérose généralisée et à toutes ses phases, même prémonitoires et initiales, quelle qu'en doive être ultérieurement la localisation organique finale.

Cette neurasthénie est essentiellement spa^modique, vasomotrice, très lentement progressive, parfois même longtemps stationnaire, et se caractérise par l'association aux symptômes de la neurasthénie ordinaire, à forme généralement psychique, nosophobique, anxieuse, de signes tels que vertiges congestifs, bourdonnements et diminution de l'acuité auditive localisés ou prédominant à gauche, diminution de l'acuité visuelle, troubles cardio-vasculaires, poUakiurie nocturne, etc., etc., dont la réunion dénote, suivant leur degré, une artério-sclérose imminente, latente ou en pleine évolution.

Plus tard, lorsque les lésions artérielles sont devenues plus graves et s'affirment du côté du cerveau, mais alors seulenient, cette neurasthénie se confond avec l'état symptomatique rappelé par Alzheimer, et, comme le remarque Dupré, signalé depuis longtemps, notamment par Gendrin, en 1840.

b. Formes graves. — Dans les formes graves décrites par Alzheimer sous le nom de dégénération artério-scléreuse grave progressive, et d'encéphalite chronique subcorticale (Binswanger), aux troubles psychiques précédents s'en ajoutent d'autres, plus marqués : apathie, stupeur, agitation motrice, accès de confusion mentale hallucinatoire, parfois même démence.

C'est dans ces formes graves que rentrent les états décrits par Grasset sous le nom de sclérose multiple disséminée et de cérébro-sclérose (1904).

Il va sans dire que les troubles neuro-psychopathiques de l'artério-sclérose cérébrale ne se bornent pas au schéma que nous venons d'indiquer. On peut y constater encore bien d'autres phénomènes morbides, en particulier la catalepsie symptomatique (Brissaud, Lamy, Dupré, Bauer), plus ou moins analogue à l'état catatonique de la démence précoce, des troubles cardio-vasculaires, des vertiges, le pouls lent, de la parésie intestinale, de l'insuffisance hépato-rénale, des sensations cénesthopathiques diverses, etc.

On peut enfin observer là des manifestations psychosiques plus accusées : accès mélancoliques anxieux, délirants, avec tendance marquée au suicide, se rattachant à la mélancolie présénile et où prédominent souvent les idées délirantes d'obstruction et de négation ; folie maniaque dépressive de Kraepelin (Albrecht, a. Z., 1906) ; délire onirique hallucinatoire variable, avec idées de persécution, de vol, d'empoisonnement, de grandeur, confusément systématisé par la répétition même des rêves hallucinatoires et constituant ainsi le délire onirique de V artériosclérose ou délire onirique des gens âgés (Régis, C, 1895), donnant lieu parfois à des reliquats postoniriques, comme dans le cas de Ghaslin et Colli\ (S. P. 1909) ; délire des grandeurs avec signes de pseudo-paralysie générale (Weber, E. a., 1909).

ARTERIO-SCLEROSE CEREBRALE ET CARDIOPATHIES 793

Nous ne faisons que rappeler ici que l'artério-sclérose cérébrale est la cause ordinaire de la démence organique, sénile, et surtout de la démence artério-scléreuse, que nous avons décrite plus haut (voy. p. 562).

2'^ Cardiopathies. — • Il est impossible de séparer les troubles psychiques des cardiopathies de ceux des artériopathies. C'est pourquoi nous en dirons un mot ici. Toutes les maladies du cœur peuvent produire des troubles psychiques ; mais celles dont l'action paraît la plus fréquente sont les lésions murales et les lésions aortiques.

a. Troubles psychiques élémentaires. — ■ Les affections cardiaques s'accompagnent très souvent soit de troubles nerveux, soit de troubles psychiques élémentaires. Signalons, parmi les plus fréquents : les modifications du caractère et de l'humeur, la torpeur, l'indifférence, l'asthénie mentale avec confusion des idées et de la mémoire, l'irritabilité, l'excitation par accès, les hallucinations hypnagogiques et oniriques, le puérilisme mental (Français et Darganne, C, 1907). Pitois a résumé, dans sa thèse, les troubles mentaux des cardiopathies (Th. L., 1906), étudiés à nouveau depuis par d'autres auteurs, notamment par Arsimoles (E., a. 1911)et Cotton (E., a. 1911).

b. Psychoses. — La psychose cardiaque affecte le plus souvent la forme mélancolique, au moins dans les cas d'affections mitrales, car, d'après certains auteurs et notamment d'Astros, les aortiques seraient des excités et les mitraux des déprimés ; en sorte que les premiers aboutiraient plutôt à l'état maniaque sous toutes ses formes et les seconds à la mélancolie.

La dépression, chez ces malades, va quelquefois jusqu'à la stupeur ; la tendance au suicide, déjà signalée par Gorvisart, est fréquente chez eux ; enfin ils ont également une propension marquée aux impulsions et aux actes morbides, surtout à V emportement et à la violence.

Les conceptions délirantes, très variables, ne se présentent pas, ici, avec un type unique ; il semble cependant que les idées de persécution soient particulièrement fréquentes dans la psychose cardiaque où elles forment souvent la base même du

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délire. Quant aux hallucinations, qui sont surtout nocturnes, elles viennent très souvent se joindre à cet état mental, et, dans ce cas, elles peuvent avoir quelque rapport de nature et de caractère avec la maladie organique, comme chez cette cardiaque dont j'ai cité l'histoire autre part, qui entendait une voix lui parler dans le cœur. Deventer (1888) a également signalé chez les cardiaques l'existence d'hallucinations auditives synchrones avec les bruits du cœur.

La psychose cardiaque est une psychose à oscillations brusques, à ressauts, intermittente ou plutôt rémittente dans ses allures et dans ses manifestations. Les troubles délirants subissent d'habitude l'influence de la maladie cardiaque. C'est au moment des recrudescences de cette maladie qu'ils sont le plus prononcés. Quelquefois, au contraire, on observe une sorte de balancement contradictoire entre les troubles somatiques cardiaques et les troubles intellectuels.

La psychose cardiaque est grave, parce que la cause, la maladie du cœur, est permanente et incurable. Les accès délirants, qui le plus souvent affectent, comme nous l'avons dit, le type intermittent ou rémittent, guérissent d'ordinaire, mais le plus souvent ils se reproduisent et sont particulièrement sujets aux récidives.

c. Délire asystolique. — Les troubles psychiques sont très fréquents dans les derniers temps de Vasystolie. Il s'agit dans ce cas d'un délire onirique hallucinatoire avec confusion d'idées, désorientation, erreurs de heu et de personnes, mélange du rêve à la réalité, tel qu'on l'observe dans la période ultime de la tuberculose et, de façon générale, à la fin de toutes les maladies cachectiques, et qui est dû, dans tous ces cas, à une véritable intoxication asphyxique des cellules cérébrales.

ARTICLE rr HÉMORRHAGIE ET RAMOLLISSEMENT

1" Troubles psychiques antérieurs à Tictus. — Uhémorrhagie ou le ramollissement par thrombose sont préparés, avant

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l'ictus apoplectique, par des processus artériopathiques qui s'accompagnent fréquemment de modifications de l'intelligence, du caractère et de l'affectivité. Ces phénomènes, qui passent dans bien des cas d'ailleurs inaperçus, ne sont pas autres que ceux dont nous venons de parler à propos de l'artério -sclérose et que visait Gendrin lorsqu'il signalait, parmiles prodromes de l'apoplexie : l'inaptitude aux travaux intellectuels, la fatigue mentale facile, l'incapacité d'attention, l'irascibilité et une « faiblesse morose qui exagère les impressions et produit des terreurs non motivées, des inquiétudes déraisonnables sur nous-mêmes ou sur ceux qui nous touchent )>.

2'^ Troubles psychiques postérieurs à lictus. —

Après Vapoplexie, lorsque le malade sort de la période comateuse, variable d'intensité et de durée, il reste plus ou moins touché dans sa mentalité et on peut dire à ce point de vue que son retour à l'intégrité absolue est exceptionnel.

Les altérations psychiques qu'il subit se résument essentiellement en une diminution partielle et plus ou moins profonde de V intelligence, avec amnésie variable de forme et d'intensité, conserçation relative de la conscience^ affaiblissement ou perversion de la moralité et de la volonté, irritabilité, sensiblerie, troubles du caractère (Dupré).

Ces altérations psychiques affectent tous les degrés de gravité, suivant l'importance, le siège et l'étendue de la lésion, et suivant aussi les dispositions antérieures des individus.

Chez «n certain nombre même, à ces symptômes fondamentaux de déchéance cérébrale viennent se joindre d'autres troubles psychosiques qu'il est nécessaire de signaler.

C'est d'abord un état de dépression ou plus souvent encore à' excitation , se traduisant par une véritable agitation automatique, tracassière, bruyante, grossière, désordonnée, malpropre, violente même parfois, presque invariablement plus marquée la nuit que le jour, ou même exclusivement nocturne.

Ce sont ensuite des délires. Les délires, chez les apoplectiques, peuvent être de deux sortes. Les uns relèvent d'une cause autre que la lésion organique, par exemple de l'hérédité vésanique.

de l'alcoolisme, etc. Il s'agit alors d'un état maniaque, mélancolique, d'un délire de persécution, de jalousie, etc. , qui emprunte quelques caractères spéciaux au fond démentiel, mais qui peut évoluer de façon indépendante. Les autres sont des délires dus à la lésion cérébrale elle-même ou à ses conséquences, en particulier aux auto- intoxications secondaires qui se produisent. Dans ce cas, on a affaire soit à des hallucinations simples, visuelles, auditives, parfois unilatérales (Séglas, JoFFROY, LwoFF, TouLOUSE, ctc), gustativcs, cénesthésiques, à caractère pénible ou même terrifiant ; soit à des délires absurdes, incohérents, enfantins, faits d'idées hypocondriaques, de négation, de vanité et de grandeur, de jalousie, d'érotisme avec obscénité et salacité, de mysticisme, etc. ; soit enfin et surtout à du délire onirique hallucinatoire, parfois professionnel, à de la torpeur somnolente, à de l'indifférence, à de l'hébétude, à de la confusion mentale sous toutes ses formes, aiguë même, dans certains cas.

Benon, qui a fait une excellente étude des troubles psychiques chez les hémiplégiques organiques des asiles d'aliénés (Th. P., 1905) a constaté : qu'ils se présentent surtout en état d'excitation, ensuite en état de confusion, enfin en état de dépres sion ; que l'affaiblissement psychique, chez eux, est constant et partiel ; que leurs idées délirantes (par ordre de fréquence idées de persécution, idées mélancoliques, idées de grandeur, idées mystiques et erotiques, idées de mariage), sont d'ordinaire polymorphes, mobiles, confuses ; que leurs hallucinations, assez fréquentes, portent sur l'ouïe, la vue, parfois d'un seul côté (hallucinations unilatérales), rarement sur le goût et^ l'odorat, dans certains cas sur la sensibilité générale avec localisation au côté hémiplégique ; enfin que leurs réactions habi-1 tuelles consistent en fugues, colères, violences, impulsions,] obscénités, idées et tentatives de suicide.

Dans un intéressant travail sur les Démences liées aux lésions^ circonscrites du cerveau (R. P., 1904), A. Vigouroux a cherché àj démontrer, par la cHnique et l'anatomie pathologique, que seules] les lésions diffuses surajoutées à ces lésions circonscrites doivent] être regardées comme la cause de leurs troubles psychiques.

Il s'appuie pour cela sur ce fait que l'état mental des lésions circonscrites est le même que l'état mental produit par les lésions diffuses, que celui, par exemple, de la paralysie générale.

Et il ajoute qu'en dehors des paralysies localisées, chacun des signes physiques de la paralysie générale : inégalité pupillaire, tremblement de la langue, embarras de la parole, crises épileptiformes, peut s'observer dans les méningo-encéphalites dues à des lésions circonscrites.

Si la démence globale est plus souvent observée chez les paralytiques généraux, c'est parce que chez eux l'évolution de la niéningo encéphalite est plus rapide.

Quant aux délires, lorsqu'ils existent, ils portent tous, dans les deux catégories de sujets, le cachet de la démence et sont plus ou moins absurdes et incohérents suivant le degré même de cette dénience.

Anglade a émis (1905), une opinion analogue en montrant que le ramollissement n'est pas une nécrose pure et simple, et qu'il s'accompagne d'une encéphalite interstitielle parfois limitée au pourtour du foyer, parfois généralisée, ce qui explique les symptômes psychiques si fréquents dans les ramollissements, surtout corticaux.

ARTICLE m PARALYSIE GÉNÉRALE

La paralysie générale est une affection d'origine toxi-infectieuse, ordinairement post-syphilitique, caractérisée anatomiquement par une méningo-encéphahte diffuse avec lésions accessoires diffuses de tout le système nerveux et cliniquement par des symptômes progressifs de démence et de paralysie (démence paralytique), auxquels viennent fréquemment s'associer des symptômes accessoires divers, somatiques et psychiques.

La découverte de la paralysie générale, dont Baillarger a pu dire avec raison qu'elle était le plus grand progrès que l'on puisse signaler dans l'histoire des maladies

7y« PSVCHOPATHIES DE> MALADIES DU SYSTEME NERVEUX

mentales, remonte à moins de cent ans, bien qu'on ait essayé de démontrer qu'elle était autrefois connue et qu'HASLAM et Perfect, notamment, en avaient rapporté des exemples à la fm du xviii<^ siècle.

EsQuiROL commença le premier le mouvement en signalant, d'une manière générale, l'extrême gravité des cas dans lesquels la paralysie complique la démence et la signification fâcheuse qu'il faut attribuer à l'embarras de la parole comme élément de pronostic.

Mais c'est à ses élèves qu'était réservé l'honneur de mettre la maladie véritablement en lumière. Georget la décrit en 1820 sous le nom de paralysie musculaire chronique ; Délaye, en 1824, sous le nom de paralysie générale incomplète^ qu'elle a conservé depuis ; Calmeil enfin, en 1826, sous celui de paralysie considérée chez les aliénés.

Tous regardent la maladie comme une forme spéciale de paralysie venant s'ajouter à la folie, c'est-à-dire comme la complication d'une maladie mentale déjà existante.

Mais déjà Bayle, en 1822, dans sa thèse inaugurale, avait formulé une opinion nouvelle, et changé la face des choses. Pour lui, la paralysie générale n'est pas une simple complication de la folie, mais une véritable entité morbide. Il la désigne sous le nom d'arachnitis ou méningite chronique, en raison de sî lésion ^prédominante, fait du délire ambitieux son symptôme nécessaire, caractéristique, et lui assigne une marche constante divisée en trois périodes successives : l'une de monomanie\ l'autre de manie, la troisième de démence. Comme Galmeilj il insiste sur ses caractères anatomo-pathologiques, et consi-j dère comme pathognomoniques les adhérences existant enti les méninges et les circonvolutions. C'est donc avec Bayle la paralysie générale devient un état morbide spécial. AussiJ peut-on réellement l'appeler la « maladie de Bayle ».

Les idées de Bayle sont acceptées peu à peu, et Parchappbj en 1838, va jusqu'à regarder la paralysie générale comme ui folie spéciale qu'il désigne sous le nom de folie paralytique.

Requin, en 1846, fait une restriction à cette manière de voii et, considérant rpie la parah'sie générale, à laquelle il ajout

l'épithète de progressive, peut exister sans folie, il en admet deux formes : Vune avec troubles intellectuels, Vautre sans aucun trouble de ce genre. Cette distinction est confirmée et précisée par plusieurs auteurs, notamment par Sandras, Lumer et Baillarger, Ce dernier fait même ressortir qu'au point de vue psychique, c'est la démence et non le délire qui constitue le symptôme essentiel de la maladie. Aussi propose-t-il de l'appeler démence paralytique (1846).

A ce moment, les recherches se multiplient, et il paraît sur la matière une série de travaux importants parmi lesquels il faut citer surtout ceux de Ch. Lasègue, J. Falret, A. Linas.

En 1858 a lieu, à la Société médico-psychologique, une longue discussion qui consacre, malgré les objections de certains opposants et notamment de Baillarger, les idées de Bayle. c'est-à-dire le principe de Vessentialité de la paralysie générale.

L'idée d'entité morbide acceptée, on s'appliqua à poursuivre en ses diverses parties l'étude de la maladie.

Dans une première période, remplie surtout par les travaux de Baillarger, on s'attache à l'analyse clinique et on perfectionne sa description.

Dans une seconde, on reprend l'étude des lésions anatomiques et on s'efforce d'en préciser la nature, le siège et l'évolution (Rokitansky, Magnan, Westphal, Mierzejewski, Mendel, Crichton-Brown, Tuczek, Zacher, Boxxet et Poixcaré, Joffroy, Raymond, Binswanger, Ballet, Klippel, Anglade, Joffroy et Léri (E., 1906), Cerletti (R. S., 1907), etc.

Dans une troisième et dernière période enfin, parallèle à la précédente, on aborde sur des données nouvelles le problème de Vétiologie et de la pathogénie de la paralysie générale, dans laquelle on tend à voir de plus en plus une affection d'origine et de nature toxi-infectieuse (Esmark, Jessen, Fournier, Régis, Struempell, Krafft-Ebing, Krâepelin, Christian, RiTTi, Joffroy, Raymond, Vallon, Klippel, Sérieux, Ballet, E. Dupré, etc., etc.).

Nous diviserons l'étude que nous allons faire de la paralysie

générale en six paragraphes, savoir : 1» description clinique ; 2^ évolution ; S^ anatomie pathologique ; 4» étiologie, nature et patho génie ; 5^ diagnostic ; 6» traitement.

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