MALADIE DE PARKINSON
ils né dépendent pas de la paralysie agitante, mais d'un processus associé ou surajouté.
En réalité, nous croyons que la maladie de Parkixsox comporte dans sa symptomatologie un état mental spécial, habituel, presque constant, pourrait-on dire, fait de troubles psychiques élémentaires, et que, en dehors de cet état mental, on y peut aussi observer dans certains cas des délires et des psychoses.
1^' Troubles psychiques élémentaires. — Ces troubles, qui font rarement défaut, sont plus ou moins marqués suivant les sujets. A un premier degré, pour ainsi dire, ils consistent en simples modifications dépressives du caractère et de Vhumeur : tristesse, morosité, émotivité, résignation douloureuse, accompagnées d'une certaine apathie intellectuelle. A un degré plus accentué, ces modifications du caractère et de l'humeur se traduisent en outre par de Végoïsme, de l'exigence outrée, de V hypersensibilité, de Y irritabilité, et il s'y joint intellectuellement de Vasthénie, de Vobtusion, de la torpeur avec diminution de la mémoire, de l'attention, du pouvoir d'effort. Bien qu'en pleine lucidité et en pleine conscience, les malades sont incapables du moindre travail mental, de la moindre concentration d'esprit, de la moindre réflexion ; on dirait, suivant l'expression de Ball, « qu'un poids invisible écrase l'intelligence et ralentisse à la fois les perceptions, les mouvements et les idées o. Cette torpeur, constatée par tous les observateurs et récemment encore par Peeters, va chez certains lusqu^kV inaction complète^ à la somnolence.
A un troisièm3 et dernier degré enfin, c-t état psychique s'accompagne de troubles du sojumeil, de rêves, de cauchemars, d'hallucinations nocturnes et souvent aussi, dans les dernières périod'^s, d'un véritable affaiblissement, d'une déchéance des facultés.
20 Psychoses. — Les psychoses indicpées par Ball et Parant comme plus spéciales à la maladie de Parkinson, sont les psychoses mélancoliques à forme dépressive, avec idées
délirantes de ruine, de culpabilité, surtout d'hypocondrie et de persécution et tendance au suicide. Une particularité curieuse,, dans ces cas, c'est le contraste entre la nature profondément triste des conceptions niorbides et le masque impassible, inexpressif du visage. Il y a là un exemple frappant de dissociation entre la pensée et sa traduction extérieure, c'est-à-dire de mimique paradoxale d'expression et d'action, de paramimie (Pierret).
On a également relevé dans la maladie de Parkinson, en particulier dans les dernières périodes, la fréquence de la démence. Il s'agit là d'un état démentiel tel qu'on le constate dans la plupart des maladies du cerveau à leurs phases ultimes, avec amnésie, incohérence, idées puériles, pleurs et rires sans motif, comme chez les pseudo-bulbaires et les ramollis.
Signalons enfin, comme relativement fréquente dans la paralysie agitante, la confusion mentale avec délire onirique. Déjà, dans les observations des auteurs antérieurs (Luys ; Ball, 1882 ; Parant, 1883 ; Roger, 1885 ; Béchet, 1891-1892), on trouve incidemment mentionnés les rêves, les cauchemars, les hallucinations visuelles professionnelles ou terrifiantes, les délires purement nocturnes. J'ai observé de près dans la maladie de Parkinson (Gollomb, Th. B., 1905) ce délire onirique, très caractéristique, revenant par accès liés aux poussées de la maladie elle-même, et John Punton, de Kansas-City, a pubhé lui ausi (1903) un cas très intéressant et très net de maladie de Parkinson avec confusion mentale asthénique et délire nocturne hallucinatoire terrifiant.
Il est possible que ces états de confusion mentale et de délire onirique soient dus non à la maladie de Parkin-sôn elle-même, mais à un processus associé, en particulier à l'artério-sclérose, que j'ai retrouvée chez mes malades, qui existait aussi chez celui de John Punton et à laquelle Maillard, en, 1907 dans sa thèse, en 1912 avec Le Maux, et Mallie (Th. B., 1908), attribuent un rôle important dans la sclérose en plaques. Mais, que ce soit directement ou indirectement, ils n'en sont pas moins rehés à la maladie de Parkinson et reconnaissent très probablement pour origine, là comme ailleurs, des poussées