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TROL'BLES DES FONCTIONS ORGANIQUES

à établir, par des expériences récentes, une relation constante entre ces états émotifs et les modifications vaso-motrices en vaso-dilatation et vaso-constriction (Klippel et Dumas, Vaschide et Marchand).

Une maladie cardio-vasculaire sur laquelle il est nécessaire d'insister, parce qu'elle nous paraît avoir en psychiatrie une importance plus considérable que celle qu'on lui a accordée jusqu'ici, c'est V artériosclérose.

A côté des cas très nombreux de démence par ramollissement cérébral qui lui sont imputables, l'artério-sclérose, qui doit être considérée avec Huchard et les grands pathologistes modernes comme une maladie générale, souvent héréditaire et précoce, commençant par une période préartérielle ou de spasmes et finissant par l'athérome qui n'en est que la phase terminale, nous paraît jouer un rôle essentiel dans d'autres affections nerveuses et mentales, en particulier dans certaines formes de neurasthénie, de psycho-névrose anxieuse, de mélancolie avec conscience, de confusion mentale chronique. Nous croyons même que l'artério-sclérose, maladie familiale, pourrait expliquer quelques cas de névroses et de psychoses se présentant avec un caractère familial. Ce paraît être aussi l'avis de F. W. Langdon (1904).

En sa thèse inaugurale (Th. L. 1908) Mercier constate que dans les états de stupeur, par démence précoce ou mélancolie, la pression artérielle est basse en général, à condition que le rein soit sain. Dans la démence précoce il y a habituellement hypotension et, si le rein est malade, pression élevée. Dans la mélancolie simple, pression basse avec rein sain, pression normale avec léger degré d'imperméabilité rénale ou d'artério-sclérose. Dans la mélancolie anxieuse, pression élevée. Dans la confusion mentale, pression supérieure à la normale avec rein plus ou moins imperméable, ce qui est le cas le plus fréquent, pression normale avec rein sain, pression basse s'il y a de la stupeur. Dans les états vésaniques sans troubles somatiques importants et dans les délires des héréditaires dégénérés, pression artérielle normale. Chez les maniaques, pression très instable.

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MoRGEXTHALKR (A. Z. 1910), qui a étudié la pression sanguine chez les aliénés à l'aide du sphygmomanomètre Riva- Rocci, modifié par Sahli, n'a pas obtenu, dans chacune des principales formes de psychoses, des résultats constants.

Le pouls n'offre pas, dans les états psychopathiques, des altérations caractéristiques de quantité et de quahté. D'une façon générale, cependant, il est fréquent et élevé dans les états d'exaltation, tandis qu'il est lent, faible et concentré dans les états de dépression. Mais ce n'est pas là une règle absolue, car chez beaucoup de mélancoliques, même dans la stupeur, il peut atteindre 100 et 120 pulsations. Dans les formes chroniques, le pouls est habituellement normal, sauf chez les hallucinés et durant les paroxysmes d'agitation. Les variations rapides, le dicrotisme et le polycrotisme sont très fréquents ch*^/. les aliénés.

WoLF, qui a fait de nombreuses recherches sphygmographiques sur le pouls dans les diverses psychoses, a insisté sur ce fait qu'on y rencontre plus souvent qu'ailleurs la perte du parallélisme qui existe à l'état normal entre la courbe des températures et les oscillations du pouls. Morselli affirme néanmoins que les recherches de Claus ne justifient pas les résultats obtenus par Wolf. La sphygmographie serait surtout utile d'après Shaffer. pour distinguer les diverses périodes de la folie circulaire.

Greenless (M. S., 18771 a tiré de ses observations sphygmographiques les conclusions suivantes : Dans la manie aiguë. on trouve les centres nerveux congestionnés, les parois artérielles relâchées, d'où une diminution de la tension artériel! et tracé dicrotique du pouls. A Vétat chronique, le tracé se raj proche de la normale.

Dans la mélancolie aiguë, systole cardiatjue faible, réplétion incomplète des artères, A Vétat chronique, le pouls recouvre s.i force.

Dans la paralysie générale, pouls variable suivant les périodes. Dans le premier stade, systole énergique, tension artérielle faible. Dans le deuxième, systole moins énergique, tension artérielle relevée. Dans le troisième, systole faible, mai^

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l'ensemble du tracé se rapproche de celui du premier stade.

Chez les déments, le tracé montre une circulation torpide, due à une diminution du système vaso-moteur.

Chez les imbéciles, il y a toujours augmentation de la tension artérielle et de la systole.

2^ Respiration. — On observe assez fréquemment, dans les psychoses et psycho-névroses, les maladies chroniques de Vappareil respiratoire, les catarrhes bronchiques, les emphysèmes, surtout la tuberculose pulmonaii-e dont les» ravages chez les ahénés sont assez grands pour qu'on ait réclamé des pavillons spéciaux, dans les asiles, pour les tuberculeux.

La fonction respiratoire subit également des modifications notables dans les affections mentales. Chez les maniaques, à part sa fréquence, elle n'offre rien de particulier. Chez les mélancoliques, ses mouvements sont tantôt superficiels et très fréquents, tantôt lents et profonds ; on peut y constater aussi le type inverse du rythme normal, c'est-à-dire l'expiration plus longue que l'inspiration. Marge et d'autres auteurs à la suite ont signalé, chez ces malades, l'augmentation notable du rapport entre le nombre des inspirations et celui des battements du cœur (1 à 5 ou 6 au heu de 1 à 4). En un mot, comme l'ont étabU Pachon et Rossi, l'excitation et la dépression se traduisent par l'hyper et l'hypo-activité de la fonction respiratoire sans qu'il existe un type particuher de respiration dans la manie et la mélancolie.

Mosso, Rossi, et plus récemment Vaschide et Marchand, ont étudié les mouvements respiratoires dans les émotions pathologiques et les états morbides émotifs et anxieux à divers degrés. Le rythme respiratoire, accompagné parfois d'une fine tremulation, varie suivant l'intensité et la nature de l'émotion. Ces recherches ont nécessairement besoin d'être confirmées et précisées.

Il existerait dans la paralysie générale, d'après Klippel et BoETEAU, trois types respiratoires et, d'après Rossi, un tremblement saccadé du tracé. Zenker et Mickle y ont noté dans les périodes avancées, spécialement au cours des accès apo-

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plectiformes, les respirations intermittentes, rémittentes et arythmiques, comme dans le phénomène de Cheyne-Stokes. J'ai indiqué moi-m.ême, dans les phases du début, des sortes de pauses respiratoires, inconscientes, automatiques, survenant soit au moment du passage au sommeil, soit au cours du sommeil lui-même et déterminant des secousses du corps ou des réveils en sursaut.

3*^ Nutrition et assimilation, digestion. — Le premier élément d'appréciation, pour juger de l'état de nutrition d'un individu, consiste à examiner le rapport du poids avec la stature.

A la période prodromique de beaucoup de folies, avant même que les troubles intellectuels éclatent, le poids du corps diminue d'une façon notable. Dans les états d'agitation et de manie, il y a en général dénutrition ; au contraire, dans les formes apathiques, les malades peuvent devenir polysarciques. Dans les folies intermittentes et circulaires, on constate souvent des changements réguliers de poids à chaque période d'accès. Dans le marasme de la mélancolie, de la manie, de la paralysie générale, l'amaigrissement est progressif et peut atteindre parfois un degré extrême. Enfin au déclin des accès aigus, l'embonpoint se rétablit, et c'est là un indice favorable, à condition qu'il coïncide avec une amélioration parallèle de l'état mental.

IjCS affections des voies digestives et de leurs annexes sont très fréquentes dans l'aliénation mentale. On y rencontre particulièrement : le cancer, V ulcère, la dilatation de V estomac, les dyspepsies, les gastrites ; la péritonite chronique, le catarrhe duodénal, le cancer du rectum, le déplacement du côlon transverse. la dysenterie, Ventérite ; la congestion, les abcès, les calculs du /oie,, la néphrite interstitielle et parenchymateuse ; le catarrhe de la vessie, la cystite, V hypertrophie de la prostate, etc., etc.

Quant aux troubles fonctionnels, ils ne sont pas moins nombreux ni moins importants. Ce sont : Vétat saburral, la fétidité f/e Vhaleine , les régurgitations avec pyrosis, les vomissements et vomituritions, les gastrorrhagies et entérorrhagies, les coliques intestinales, le météorismc, la tympanite, surtout la constipation.

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