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TROUBLES DES FONCTIONS OROANIQUES

la diarrhée et V incontinence des urines et des matières fécales. On peut observer ces symptômes dans toutes les formes de folies, aiguës, chroniques, simples ou associées, mais ils sont plus spéciaux aux états mélancoliques, dans lesquels ils font rarement défaut. C'est à eux qu'est dii, en grande partie, le refus d'aliments ou sitiopkobie, qu'il ne faut pas confondre avec l'inappétence, bien que celle-ci l'accompagne dans beaucouf) de cas, ni avec l'anorexie nerveuse ou mentale proprement dite. Nous aurons à parler plus loin du rôle que jouent les maladies viscérales, en particulier celles de l'appareil digestif, dans les psychoses d'auto-intoxication.

4'^ Humeurs, sécrétions et excrétions :

a. Sécrétion salivaire. — La sécrétion salivaire est le plus souvent altérée par excès dans les maladies mentales (ptyalisme, sialorrhée).

Pour Benignï (R. S. 1910), le ptyalisme s'observe dans un grand nombre de psychoses ; aussi n'a-t-il aucune importance au point de vue du diagnostic et du pronostic, et doit-il être considéré simplement comme un symptôme d'ordre secondaire, qui semble en rapport avec la cause, toxique le plus souvont. qui provoque la maladie mentale.

Dans certains cas, comme dans le délire aigu, le delirium tremens, l'expuition de la salive peut devenir, pour ainsi dire, incessante.

Cristiani, qui a procédé à l'analyse d»^ la salive des aliénés sialorrhéiques, conclut qu'elle a une densité plus grande ; qu'elle est moins fluide, plus visqueuse, à réaction plutôt neutre qu'alcaline; qu'elle contient moins et quelquefois pas du tout de sulfo-cyanure de potassium ; qu'elle a un pouvoir amylolytique plus considérable ; que c'est une salive mixte provenant de toutes les glandes salivaires ; qu'elle possède les attributs de la salive sympathique et non ceux de la salive due à l'excitation de la corde du tympan, ce qui explique l'absence d'action, sur le ptyalisme des aliénés, de l'atropine qui paralyse la corde du tympan.

b. Sécrétion gastrique. — La sécrétion gastrique est ù peu

20b SYMPTOMATOLOGIE GENERALE DES PSYCHOSES

près constamment troublée dans les dyspepsies et la sitiophobie des mélancoliques et des délirants systématisés, dans la polyphagie des maniaques, des déments, dans les vertiges stomacaux des hypocondriaques, des épileptiques, dans l'anorexie des alcooliques, dans la dilatation ^iom.d,Q,d\Q des neurasthéniques, etc.

L'analyse chimique du suc gastrique retiré par sondage pendant la digestion a permis à Carl von Noorden (1887) et Paghoud (1888) de constater que chez les mélancoliques il y a le plus souvent accélération de la digestion et hyperacidité du suc gastrique, due presque exclusivement à la présence de Tacide chlorhydrique libre.

Baumelox (189i), reprenant les recherches de Gaetaxo Riva, vox Noorden, Pachoud, Plaezeck, Leubuscher et ZiEHEx, Devay, etc., sur le chimisme gastrique dans la lypémanie, a constaté que les troubles de ce chimisme, très fréquents, paraissent varier suivant la forme de la lypémanie : Thypopepsie, qui est le trouble le plus ordinaire, coïncidant avec la mélancolie dépressive, et l'hyperpepsie avec la stupeur. Ces troubles sont plutôt pour lui l'accompagnement que la cause de la maladie. Ils doivent être traités par le lavage de l'estomac préconisé par Régis.

DoTTo, qui a étudié comparativement le chimisme gastrique et la toxicité de l'urine, et qui a conclu à la non-existence d'un rapport direct entre les deux, a trouvé que H Cl est normal et parfois diminué dans la manie furieuse, notablement diminué dans la lypémanie avec ou sans agitation, normal dans la démence secondaire ; que le pouvoir digestif est bon dans la démence, bon ou un peu affaibli dans la manie, très affaibli dans la mélancolie ; que le pouvoir excito -moteur est augmenté dans la manie et la mélancolie agitée, moins augmenté dans la mélancolie avec stupeur, normal dans la démence.

RicATo (1894), qui a limité ses recherches à l'examen de la digestion cliez les aUénés sitiophobes, a constaté que la digestion était toujours altérée dans la sitiophobie ; que l'acidité totale et l'HCl sont fortement diminués dans la mélancolie avec stupeur, légèrement diminués dans la mélancolie simple, nor-

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maux OU supérieurs à la normale dans la mélancolie anxieuse et agitée.

On a également, dans ces dernières années, entrepris des recherches expérimentales sur le suc gastrique.

M.\srTT[ (1895) a injecté à des animaux le contenu gastrique d'aliénés et d'individus sains. Ses conclusions sont : que le liquide extrait de l'estomac des aliénés s'est toujours montré très toxique : que cette toxicité si considérable du suc gastrique des aliénés, surtout des sitiophobes, en regard de la toxicité nulle du suc gastrique des individus sains, n'est pas liée à l'hyperchlorhydrie, pas plus qu'à l'hypersécrétion, mais très probablement à la présence dans l'estomac d'une substance anormale.

c. Sécrétion, biliaire. — L'analyse de la sécrétion biliairt» n'a pas encore été tentée chez les aliénés d'une façon rigoureuse. On sait cependant que la bile se trouve en excès dans beaucoup de cas (mélancolie, états chroniques, délires toxiques) et qu'elle donne heu soit à des poussées subaiguës d'ictère, soit à la formation plus ou moins sourde de calculs qu'on retrouve en grand nombre à l'autopsie. L'atonie intestinale de certains lypémaniaques et délirants systématisés peut se lier également à une sécrétion biliaire insufTisante.

Signalons les études de Klippel sur l'insuffisance hépatique dans la folie, décelée par l'épreuve de la glycosurie expérimentale, la présence de certaines matières colorantes dans l'urine, la diminution de l'urée, l'augmentation de l'acide urique, l'état des matières fécales et surtout l'urobilinurie. Klippel a pu voir que les variations d'urobiline correspondaient à des variations concomitantes du délire, d'où sa conclusion que le foie influence les troubles psychiques et qu'il y a, dans ces cas, nécessité d'une médication agissant sur l'insuffisance hépatique.

Gilbert et Lerebolllet ont repris, de leur côté, la thèse de l'origine biliaire de la mélancolie (voy. p. 605).

d. Sécrétion sudorale. — La sécrétion sudorale est fréquemment altérée, comme on sait, dans les états émotifs et dans les maladies de la moelle épinière. Il en est de même chez les

aliénés. Beaucoup ont la peau sèche, les cheveux hérissés et sec5 par suite d'une diminution de la sueur (anidrose) ; tels sont les mélancoliques, les stupides, les paralytiques généraux. D'autres, au contraire, transpirent d'une façon très abondante (hyperidrose), tellement parfois que leurs téguments deviennent froids et œdématiés (manie, neurasthénies émotives, obsessions). Le début de certaines maladies mentales est marqué, dans certains cas, par la disparition de la sueur ou, au contraire, par l'apparition de sueurs locales ou générales (paralysie générale, délire hypocondriaque). J'ai observé, surtout dans Varthritisme, un balancement très net entre l'état mental et la sécrétion de la sueur.

L'odeur nauséabonde que répandent beaucoup d'aUénés, et qu'on a comparée depuis longtemps à l'odeur de souris, dépendrait plutôt, d'après Morselli, de la saleté ou de l'haleine fétide des malades que de la modification chimique des exhalaisons cutanées. Toutefois, une acidité plus grande accompagne ordinairement les phases d'agitation dans les folies cycliques. Quelques idiots exhalent une odeur de musc (Frigerio).

La toxicité de la sueur, qui a été étudiée chez l'homme normal et dans certaines névroses par Arloing, Mairet et Ardin- Delteil, n'a pas encore été examinée dans les psychoses. Seul, à ma connaissance, Mavrojannis (1898), qui a trouvé que la sueur des épileptiques ne paraissait pas jouir des propriétés toxiques et convulsivantes intenses que Cabitto lui avait attribuées, a également fait porter ses expériences sur certains aliénés, les mélancoliques. Il a trouvé que la toxicité sudorale n'était pas augmentée chez eux.

e. Sécrétion sébacée. — La sécrétion sébacée n'a guère été étudiée chez les ahénés. On ne la connaît d'ailleurs que très imparfaitement, même à l'état physiologique, Arnozan, d'après quelques expériences tentées avec moi à cet égard, a constaté quelques particularités chez les aliénés, sans cependant observer rien de précis. A plusieurs reprises cependant, nous avons déterminé l'existence de matière sébacée, chez les paralytiques généraux, dans des points où il n'en existe pas habituellement, le creux axillaire, par exemple.

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