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CHAPITRE III CLASSIFICATION

Une classification, en Psychiatrie, est un fil conducteur absolument nécessaire.

Pour être comprise non seulement par les spécialistes, mais aussi par les non-spécialistes qui constituent de plus en plus aujourd'hui la majeure partie des lecteurs de nos ouvrages, cette classification doit être simple, méthodique et claire.

Ma constante fréquentation des étudiants depuis trente ans m'a été très utile à ce point de vue, et c'est en tâtonnant et en soumettant chaque essai à l'épreuve de cet auditoire de choix que je suis arrivé à formuler la classification qui figure dan-> les précédentes éditions de ce Précis. Les élèves et les médecins praticiens la saisissaient aisément et quant aux aliénistes do divers pays, ils lui avaient fait pour la plupart le meilleur accueil. Toulouse, dans une importante Revue critique, l'a notée comme la moins défectueuse des principales classification existantes et plusieurs auteurs, tels que Keraval, l'ont adopte et reproduite dans leurs livres.

Or, depuis quelques années, la Psychiatrie française, visiblement entraînée vers la science allemande, tend à adopter les classifications de Kraepelin, le célèbre professeur de Munich. Cette tendance n'est du reste pas spéciale à notre pays et elle se retrouve dans beaucoup d'autres.

J'ai donc dû, n'ayant en réahté d'autre parti pris que celui de bien faire, examiner sérieusement la classification de Kraepelin, tout prêt à l'adopter et à la prendre ici pour guide si elle répondait aux qualités essentielles, énumérées plus haut, d'une bonne classification psychiatrique et si, facilement com-

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prise des élèves et des praticiens, elle était susceptible de leur donner des idées claires.

Je crois, après examen, que la classification de Kraepeli\> rangée avec raison par Toulouse parmi les classifications nomenclatures, c'est-à-dire parmi les simples énumérations nosologiques, ne saurait, en raison du caractère non méthodique de ses divisions, de la multiplicité et de l'enchevêtrement de ses formes, enfin de sa terminologie souvent peu précise pour nous, servir ici de principe et de plan à nos descriptions. Aussi, tout bien pesé et sans y mettre, encore une fois, le moindre amour-propre d'auteur, j'estime devoir rester fidèle à ma classification, cadre clinique assez simple pour être accessible à tous et assez élastique en même temps pour se prêter aux remaniements que réclame l'incessante évolution de la psychiatrie.

Pour étabhr une classification en psychiatrie, il faut d'abord séparer des Etats psychopathiques primitifs, ou Psychopathies vraies, les Etats psychopathiques secondaires ou associés.

Ainsi, la folie systématisée de persécution est une Psychopathie, parce qu'elle est une entité, simple et irréductible ; la psychose de la grippe, au contraire, n'est qu'un état psychopathique secondaire ou associé, susceptible de se retrouver tel quel dans toutes les psychoses infectieuses et toxiques.

S'il est donc légitime de donner place dans une classification à la folie systématisée de persécution, il ne l'es^ pas d'y faire figurer, détaillées ou groupées en plusieurs classes comme l'ont fait nombre d'auteurs, dont Kraepelin, les diverses psychoses fébriles, infectieuses et toxiques, simples variétés d'association d'un seul et même état psychopathique fondamental : la confusion mentale.

Nous distinguons donc, dans l'ensemble des Etats psychopathiques : les Etats psychopathiques primitifs ou Psychopathies ; les Etals psychopathiques secondaires ou associés. Les premiers seuls doivent entrer dans notre classification. Nous nous bornerons, pour les seconds, à en dresser plus tard un catalogue sommaire, à l'occasion de leur description.

Les états psychopathiques primitifs ou Psychopathies compor-

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