MANIE
plus significatives. Xous ne parlerons que pour mémoire de l'hypothèse attribuant la fuite des idéos délirantes, l'exaltation de la pensée, l'exagération de la réaction motrice à des troubles vasculaires déterminés par des mouvements anormaux des corpuscules névroghques situés au voisinage des vaisseaux (Ramon y Cajal, cité par J. Soury).
En réalité, les autopsies de manie aiguë sont le plus souvent négatives ; les lésions qu'on y rencontre se résument, d'ordinaire, dans une hyperémie généralisée des centres nerveux.
Le pronostic de la manie aiguë est essentiellement favorable puisque, d'après la plupart des auteurs, elle guérit environ deux fois sur trois lorsqu'elle est simple.
Les chances de guérison sont surtout grandes dans les six premiers mois ; elles diminuent de moitié dans le second semestre ; à dater de la troisième année, elles deviennent presque nulles. Les cas de guérison qu'on a cités après plusieurs années sont des cas exceptionnels et qui n'infirment en rien la règle.
La saison influe sur le mode de terminaison. En général, les maniaques guérissent peu l'hiver ; les guérisons s'élèvent au printemps ; c'est pendant l'été et pendant l'automne qu'on en observe le plus. De même, plus le sujet est jeune, plus il a de chances de guérir. Un premier accès est plus curable qu'un second ou qu'un troisième accès. La curabihté varie également suivant les causes et suivant la marche même de la maladie.
— DIAGNOSTIC
en général, des plus faciles à reconnaître. Tout au plus pourrait-on la confondre, dans les premiers jours, avec une psychose masquant le début d'une maladie aiguë fébrile. Mais la céphalée initiale, la confusion mentale, le déhre onirique, les symptômes d'infection concomitants suffisent bientôt à faire reconnaître cette dernière.
Le diagnostic le plus important consiste à déterminer si l'accès de manie est simple ou s'il est symptoniatique d'un autre état morbide : paralysie générale, alcoolisme, épilepsie, etc. Ce problème, parfois très difficile, ne peut être résolu que par une connaissance approfondie des sj^mptômes propres à la maladie principale et des particularités qu'elle imprime à l'accès de manie lui-même. Nous retrouverons donc les éléments de ce diagnostic dans la suite de notre étude.
Il faut enfin se demander, en face d'un accès de manie aiguë, si ce n'est pas le premier anneau d'une chaîne pathologique, c'est-à-dire le début d'une manie intermittente ou d'une folie à double forme. La succession des accès peut seule lever tous les doutes. Mais il faut se défier, en général, lorsque l'hérédité est très marquée, lorsque des cas de folie intermittente ou circulaire ont existé chez les ascendants, enfin, lorsque l'accès a eu un début brusque, qu'il s'est aussi terminé brusquement et que la guérison n'a jamais été plus parfaite qu'aux premiers jours,