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CONFUSION MENTALE PSEUDO-MÉNINGITIQUE

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Le délire aigu a subi, comme la confusion mentale, bien des variétés et des fluctuations.

Connu sous le nom de « phrenitis > par Hippocrate et les anciens qui en faisaient le déhre des maladies aiguës fébriles, le considéraient comme le résultat d'une altération du sang sous l'influence de son mélange avec la bile et en plaçaient le siège au centre phrénique, d'où son nom, il a eu, depuis, des fortunes diverses.

En dernier lieu et sous l'influence de Baillarger, il a passé pour une forme de manie dont il représentait la plus haute expression, le degré le plus marqué. Mais néanmoins, on continuait de voir en lui un état particuher en rapport avec de graves processus de l'organisme et déjà en 1880, Brian d, dans sa thèse, émettait l'opinion que le délire aigu était une maladie infectieuse, dans le sang de laquelle il était possible de trouver des germes bactériens.

Cette manière de voir n'a fait que s'afTirmer et certains auteurs, comme Bianchi et Piccinino, en sont venus à soutenir qu'il existe une forme de délire aigu produite par un bacille spécial, qu'ils ont isolé et décrit.

Actuellement, il ne paraît faire de doute pour personne que le délire aigu soit une psychose d'origine infectieuse. La seule question qui se pose est celle de savoir s'il s'agit là d'une maladie cérébrale spéciale, en rapport avec une infection unique ou si, au contraire, le déhre aigu n'est qu'une des formes syndromatiques des psychopathies infectieuses et toxiques, sus-

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ceptible de se présenter indistinctement, comme elles, dans toutes les intoxications et toutes les infections. Ballet professe la première opinion ; je me rattache, pour ma part, à la seconde et c'est pourquoi je place ici le délire aigu dans la confusion mentale, psychose générique des intoxications et des infections, sous le titre de confusion mentale méningitique, ou mieux pseudo- méningitique, plus explicite, sinon plus exact, que celui de délire aigu.

On trouvera du reste toute l'histoire du délire aigu, ainsi que sa description détaillée, dans l'excellent rapport de A. Carrier au Congrès de Limoges (1901) et dans la discussion qui a suivi. Nous n'en faisons qu'un résumé succinct.

1*^ Description. — Le déhre aigu, d'après ce que nous venons de voir, est une manifestation psychopathique grave d'une infection générale de l'organisme. Il peut survenir soit au cours de cette infection, soit à son début, avant même qu'elle soit évidente et, dans ce cas, la masquer plus ou moins complètement. On a pu ainsi considérer comme atteints de foHe maniaque violente et interner dans un asile des individus à la phase prodromique d'une fièvre typhoïde, d'une pneumonie, d'une grippe, etc.

C'est donc un fait qu'il importe de connaître.

Il suit de là que l'apparition du délire ne coïncide pas avec le maximum de l'élévation thermique du processus infectieux auquel il se lie et que, par conséquent, ce n'est pas, comme on l'a cru, la fièvre elle-même qui le crée. Si cette apparition esl en rapport avec l'une des particularités cliniques de l'infection, c'est plutôt avec la brusque insuffisance d'une excrétion, telle que celle de l'urine.

l^' invasion du déhre aigu est généralement très rapide. Précédée par une céphalée intense qui fait rarement défaut et parfois aussi par une courte phase de dépression et d'abattement, Vagitation survient, très violente d'emblée et en peu de jours, en peu d'heures parfois, elle atteint un degré d'intensité inouï et qu'on ne retrouve nulle part ailleurs. Des attaques convulsives de toutes sortes, en particulier des attaques hystériformes

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