CHAPITRE PREMIER
♦lui restant constamment relative comme 1 effet à sa cause.
Cette conception est l’hypothèse fondamentale qui sert de trame à la « Psychologie physiologique » de ces dernières aimées. Elle sera l’hypothèse fondamentale et la trame de ce livre. Prise à l’absolu, elle risque sans doute de faire un, principe universel de ce qui n’est en réalité qu’une vérité partielle. Mais le seul moyen de marquer avec certitude ses insuffisances, c’est de l’appliquer sérieusement à tous les cas qui peuvent se présenter : épuiser les applications que comporte une hypothèse est le vrai, et souvent le seul moyen de déterminer ses limites. Je n’hésite donc pas à inscrire, au début de ce livre, le postulat -que la corrélation constante des états cérébraux et des états psychiques est une loi naturelle. L’usage critique et détaillé que nous en ferons fera parfaitement voir ce qu’il peut expliquer et ce qu’il ne peut expliquer. A quelques lecteurs un tel postulat paraîtra sans doute du matérialisme a priori, et du moins justifiable. En un sens il est évidemment matérialiste : il met le supérieur à la merci de l’inférieur. Mais dans un autre sens il n’est plus matérialiste du tout. Dire en effet que l’apparition de la pensée relève de lois mécaniques, (car les lois cérébrales ne sont au fond que des lois mécaniques selon une autre hypothèse fondamentale, celle de la physiologie), ce n’est aucunement expliquer la nature de la pensée : c’est simplement constater le fait de sa dépendance vis-à-vis du cerveau. Tel affirme le plus catégoriquement ce fait qui souvent en proclame à plus haute voix le mystère et professe plus que personne l’impossibilité d’expliquer jamais rationnellement par une cause matérielle la nature intime de la conscience. Il faudra sans doute plusieurs générations de psychologues pour éprouver l’hypo-
INTRODUCTION
thèse de cette dépendance avec quelque minutie. Les livres qui la postulent resteront jusqu’à un certain point sur un terrain conjectural ; mais on ne saurait oublier que les sciences doivent constamment courir ce risque, et qu’elles n’avancent d’ordinaire qu’en zigzags, allant d’une formule absolue à une autre formule absolue dont les excès corrigent ceux de la première. En ce moment la psychologie court une bordée matérialiste ; il faut la laisser courir et lui accorder son franc sillage, dans l'intérêt du succès final, quand même on serait certain qu’elle n’atteindra jamais le port sans virer de bord une fois de plus. Une seule chose est parfaitement certaine, c’est qu’une fois intégrées au corps achevé de la Philosophie, les formules de la psychologie prendront un sens tout à fait différent de celui quelles suggèrent maintenant qu elles sont encadrées dans une science naturelle abstraite et tronquée, — si nécessaire et si indispensable que soit pratiquement ce cadre provisoire.
Les divisions de la Psychologie. — Nous allons donc autant que possible étudier les états de conscience en corrélation avec leurs conditions nerveuses probables. Il est admis aujourd’hui que le système nerveux n’est qu’une machine à recevoir des impressions et à décharger des réactions utiles à la conservaüon et à la défense de l’individu et de l’espèce, (ceci ne dépasse certainement pas les connaissances physiologiques du lecteur). D’où une Anatomie du système nerveux divisée en trois grandes sections où Ion traite ;
1° des fibres qui amènent les courants ,
2° des organes centraux qui leur donnent une direction nouvelle ; '
30 des fibres qui les ramènent vers 1 extérieur.
La Physiologie nous offre la sensation, la réflection