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CONSCIENCE ET MOUVEMENT

de centres suspendant impérativement et directement l’activité physiologique. Ainsi, dans le tressaillement qui suit une forte surprise, le cœur s’arrête ou ralentit ses battements, pour les accélérer ensuite ; ce court arrêt initial est le fait d’un courant efférent venu par le nerf pneumo-gastrique, dont l’excitation produit en effet ce résultat d’arrêter ou de ralentir les mouvements du cœur : coupez ce nerf, et vous supprimerez le phénomène du tressaillement.

En général, cependant, une impression sensible tend plutôt à exciter qu’à inhiber, si bien que notre formule de tout à l’heure reste approximativement vraie : l’onde nerveuse, en se déchargeant, va exciter toutes les parties du corps. Quant à marquer par le détail tous les effets qu’elle y produit, c’est à quoi ne sont pas encore arrivés les physiologistes. Cependant, ils ont pu en ces dernières années enrichir sur ce point leur science de quelques découvertes. Nous savons maintenant, de certitude expérimentale, que l’excitant sensoriel le plus insignifiant peut altérer la nature et l’intensité des contractions du cœur, des artères, du poumon, des glandes sudoripares, de la pupille, de la vessie, des entrailles et de l’utérus, aussi bien que les contractions des muscles dits volontaires. Bref, tout processus en activité dans un centre quelconque s'irradie dans tous les autres, et va partout affecter sous une forme ou sous une autre l’organisme, dont il accélère ou ralentit toutes les fonctions, sans quune seule échappe à son influence. On pourrait ainsi comparer la masse des centres nerveux à un corps bon conducteur chargé d électricité, et dont la tension ne saurait se modifier en un point sans se modifier simultanément dans tous les autres.

Schneider, par une application très ingénieuse de la théorie de l’évolution, dit que tous les divers mouvements spécialisés, que l’on trouve chez les ani-

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