‹ Précis de psychologieChapitre 267 sur 348 · CHAPITRE XXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIII

afférents y provoque une « décharge » qui va se frayer une voie de sortie par les nerfs efférents. Si l’on veut bien ne pas tenir compte des exceptions possibles, on peut formuler ainsi cette loi générale : tout fait de conscience détermine un mouvement, et ce mouvement s’irradie dans tout le corps et dans chacune de ses parties. Une explosion ou un éclair nous font visiblement tressauter, et un chatouillement tressaillir des pieds à la tête. La moindre sensation nous donne une secousse identique, quoique invisible : si nous ne la sentons pas toujours, cela tient à la fois à ce qu’elle est trop fine et à ce que notre sensibilité ne l’est pas assez. Il y a déjà longtemps que Bain a remarqué ce phénomène de décharge générale, et l’a exprimé dans la loi de diffusion : « toutes les fois qu’une impression s’accompagne de conscience, les courants excités se diffusent dans tout le cerveau, et vont ébranler tous les organes de mouvement et jusqu’aux viscères eux-mêmes (1). »

La diffusion de l’impression dans les centres nerveux ne connaît probablement pas d’exception. Cependant, les nouvelles ondes nerveuses peuvent souvent interférer avec les ondes anciennes, interférence qui se traduit au dehors par l’inhibition de quelques mouvements organiques dans le processus en cours. Sans doute il se produit alors une sorte d’ « aspiration » des courants les uns par les autres, comme s’ils se « siphonaient » les uns les autres. C’est ainsi que, au cours d’une promenade, nous nous arrêtons soudain, immobilisés par un bruit, un obstacle, une odeur ou une pensée qui s’emparent de notre attention. L’inhibition des mouvements fait suite alors à l’inhibition des centres moteurs. Mais il y a des cas où elle fait suite, au contraire, à l’excitation

(1) Bain, Emotions and Will, p. 4. -

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