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CHAPITRE XXV

ding a rassemblé quelques observations sur les poulets où nous voyons notre loi confirmée. Ces mignonnes créatures se montrent également portées à craindre et à s’attacher ; un même objet, l’homme, par exemple, peut exciter en elles ces impulsions contradictoires. Les poulets nés en l’absence de la poule « suivront n’importe quel être qui se meut. Quand ils n’ont que la vue pour se guider, ils paraissent aussi disposés à suivre un canard ou un homme qu’une poule. Des gens inavertis, voyant des poulets d’un jour courir après moi, et d’autres plus âgés me suivre des milles entiers et répondre à mes sifflements, crurent que je possédais quelque puissance occulte : je n’avais cependant fait que permettre à ces animaux de me suivre dès le commencement. Ils ont 1 instinct de suivre ; et c’est l’oreille qui, antérieurement à toute expérience, les attache à la poule et les fait accourir à son appel (1). »

Mais reculez l’approche de l’homme jusqu’au moment où l’instinct de la peur aura pris le dessus, et les phénomènes inverses apparaîtront. Spalding tint la tête bandée à trois poulets, jusqu’à leur quatrième jour ; et voici ce qui arriva :

« Tous trois, sitôt décapuchonnés, donnaient des marques de la plus profonde terreur à ma vue, et s’éloignaient précipitamment dès que j’approchais. Ils se trouvaient alors sur une tahle, placée contre une fenêtre ; tous se précipitèrent tour à tour contre cette fenêtre, qu’ils heurtèrent comme des oiseaux sauvages. L’un d’eux courut vite se cacher derrière quelques livres, se serra dans un coin, et y resta blotti pendant un long temps. Cette sauvagerie étrange et exceptionnelle offre une énigme qu’il serait intéressant de résoudre ; je la laisse à d’autres, me con-

(1) Spaldixg, Macmillan’s Magazine, Feb. 1873, p. 287.

l’instinct

tentant de signaler ici les faits dans ce qu’ils ont de singulier. Quelque interprétation que l’on donne de cette inversion dans les dispositions mentales des poulets (décapuchonnés la veille ils m’auraient suivi au lieu de me fuir), on ne saurait y voir un effet de l’expérience ; il faut certainement invoquer quelque altération de leur constitution psychique (1). «

Le cas de ces poulets est précisément celui des veaux d’Adirondack. Deux instincts opposés s’éveillent successivement en présence du même objet , le premier, qui se fixe en une habitude, empêche le second de se manifester. Tous les animaux font preuve de douceur dans leurs premiers jours ; et les habitudes qu’ils contractent alors forment une barrière, qui limite les évolutions ultérieures de leurs instincts sauvages.

b) Ceci nous amène à la loi de caducité ; nombre d'insiincts se développent à un certain âge, puis disparaissent. D’où ces conséquences : si l’instinct a pu fonctionner à l’époque de son énergie maximum, il s’est doublé d’une habitude, qui lui survit et prolonge ses réactions ; tandis que si, faute d’occasions, il n’a pu créer une habitude, Tanimal pourra plus tard rencontrer les objets destinés à l’exciter, Lns cependant éprouver la momdre impulsion ni réagir.

Cette loi n’est certainement pas d application uni verselle. Car il y a des instincts qui passent beaucoup moins vite que d’autres ; il y en a même qui ne passent vraisemblablement jamais, tels les instincts de conservation et de nutrition ; il y en a enfin qui, après avoir disparu, reparaissent aussi forts que jamais, tels l’instinct de s’apparier et de faire souche. Cependant, pour n’être pas universelle, notre loi n’en est pas moins

(1; Ibid., p. 289.

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