CHAPITRE III
éloigné de la lentille, plus son image intérieure s’en rapproche; plus il est rapproché, plus son image s’en éloigne. Dans les appareils photographiques la partie postérieure peut glisser, s’écarter de la lentille quand l’objet est proche, aller vers elle quand il est situé au loin, et recevoir ainsi une image maintenue toujours nette. Dans le globe de l’œil, où la partie postérieure est immobile, de telles variations en longueur sont impossibles ; mais on obtient les mêmes résultats d’une autre manière. En effet le cristallin se bombe quand on regarde un objet rapproché et s aplatit
quand l’objet s’éloigne. Ces variations de courbure s’expliquent par l’antagonisme du « muscle ciliaire » et du ligament annulaire qui suspend le cristallin. Quand le muscle ciliaire est au repos, le ligament se déploie et reste tendu pour maintenir le cristallin aplati. Mais celui-ci, très élastique, reprend d’emblée la forme plus convexe qui lui est naturelle dès que le muscle ciliaire, en se contractant, force le ligament à relâcher sa tension. Ainsi la contraction du muscle ciliaire, rendant le cristallin plus réfringent, adapte et « accommode » l’œil aux objets rapprochés ; et son relâchement, diminuant la réfringence du cristallin, accommode l’œil aux objets éloignés. L’accommodation aux objets rapprochés constitue donc ici la fonc-
LA. VUE
tion la plus active, puisqu’elle implique une contraction du muscle ciliaire. Quand nous regardons au loin, nous ne faisons que laisser aller passivement nos yeux, et nous n’avons plus le même sentiment d’effort; on s en rendra compte en expérimentant successivement les deux visions.
Convergence et accommodation. — Les deux yeux fonctionnent comme un seul organe, c’est-à-dire que, un objet venant à solliciter notre attention, les deux globes oculaires tournent de façon à faire tomber son image sur les deux taches jaunes. Naturellement ils
tournent en dedans si l’objet est proche ; ils convergent.
Et comme survient à ce moment l’accommodation, accommodation et convergence constituent un couple de mouvements naturellement associés et difficilement isolables. Ajoutez à ceci un troisième mouvement, la contraction de la pupille, qui accompagne l’accommodation. Quand nous nous occuperons de la vision stéréoscopique, nous verrons qu’avec beaucoup d’entraînement on peut arriver et à faire converger les yeux sans presque accommoder, et à accommoder sans faire converger, en maintenant parallèles les axes de vision. De telles expériences ne laissent pas d’être très utiles à ceux qui s’initient à l’optique psy¬
chologique. ■ • V a
Les deux rétines ne donnent quune vision. — Aous n'entendons qu’un son avec nos deux oreilles ; nous ne sentons qu'une odeur avec nos deux narines ; nous ne voyons également qu’une image avec nos deux veux Notez cependant qu’en certaines circonstances nous pouvons voir double, alors que dans aucun cas nous ne pouvons entendre ni sentir double.
Les principales conditions de la vision unique sont
assez simples à exposer. , i i
En premier lieu, les deux images des deux taches jaunes s’extériorisent toujours en une seule et même